Quand le temps nous est donné...
POUR UNE PASTORALE DE LA MOISSON
DOSSIERS
S'ABANDONNER
Le désir d'abandon spirituel naît parfois de la soif de s'alléger du poids d'une vie prise dans l'envahissante activité de l'esprit et du corps. Cette aspiration à trouver le repos en Dieu rejoint-elle celle du « lâcher-prise » que tant de personnes appellent de leurs vœux aujourd'hui ? L'abandon serait alors envisagé comme une voie pour sortir de l'occupation et plus encore de la préoccupation. Dans la tradition spirituelle, l'abandon ne consiste pas seulement à entrer dans une passivité pure mais à exercer une volonté dans laquelle Dieu se manifeste cependant. L'abandon est un « décentrement intérieur » mais pas pour autant un détachement de soi. Au contraire, il rend celui qui en vit pleinement présent à lui-même et au monde. Cependant la possibilité de s'en remettre à Dieu de la sorte dépend pour une grande part d'une expérience de confiance première. Car avoir été abandonné ou se sentir abandonné est une souffrance qui sape la capacité à s'en remettre en toute confiance à un autre ou au Tout Autre. Peut-être est-ce cela qui rend parfois difficile le chemin spirituel de l'abandon de soi ? Si le terme d'abandon n'apparaît pas comme tel dans la Bible, l'attitude qui consiste à s'en remettre à une volonté plus grande que soi la traverse. Elle est illustrée en une grande variété de récits et d'expériences et par d'innombrables figures, d'Abraham à Jésus lui-même. Dans une invitation à suivre Jésus Christ sur son chemin d'abandon, les Exercices spirituels ouvrent à une man...
LIRE ET MÉDITER
FRANCOISE ROMAINE UNE SAINTE DANS LA CITE
Avant-propos et traduction de l'italien par Bernard Buchoud, Éditions des Quatre Vivants, 2019, 212 p, 31 €.Les Éditions des Quatre Vivants nous offrent ici un livre longtemps attendu : celles qui portent chez nous le prénom de Françoise n'ont pas seulement un saint patron, le Poverello d'Assise, elles ont aussi une sainte patronne, Françoise Romaine (1384-1440), célèbre à Rome et en Italie, moins connue en France (sa dernière biographie dans notre langue remonte à 1931).Le livre, dû à une spécialiste des écrits mystiques entre Moyen Âge et début de l'ère moderne, en collaboration avec un moine olivétain, famille religieuse à laquelle se rattachait Françoise Romaine, nous présente une figure attachante ; Françoise inaugure, non sans tâtonnements, aux confins du Moyen Âge et de la Renaissance, un nouveau style de sainteté féminine. Celui-ci eut à se définir dans la tension entre deux pôles traditionnellement séparés, sinon opposés : l'esprit monastique, inspiré par l'exemple des Pères du désert, tourné vers l'ascèse et la contemplation, et une mystique de l'Incarnation, portant l'empreinte franciscaine, où le Christ est reconnu et servi dans le monde, à la place assignée à chacun, a...