Quand le temps nous est donné...
VIVRE À SON RYTHME
DOSSIERS
CÉLÉBRER ENSEMBLE
Le déploiement de la vie chrétienne repose sur trois piliers : un enracinement dans la parole de Dieu, une vie sacramentelle (au cœur de laquelle se trouve l'eucharistie) et une vie tournée vers la fraternité et la charité. La messe articule ces trois fondements dans le cadre d'une liturgie qui veille à en signifier l'unité dynamique profonde et à en faire faire l'expérience. Cette unité signifiée par la liturgie eucharistique a été mise à mal quand les rassemblements dominicaux n'ont plus été possibles, lors des confinements. Surpris par l'arrêt subit et inédit de la messe, les uns et les autres ont cherché comment maintenir « quelque chose » de ce qui est au cœur de leur vie chrétienne, au risque de perdre l'unité entre les trois éléments qui constituent les célébrations. La messe qui donne accès au sacrement de l'eucharistie célèbre ce dernier dans le cadre d'une liturgie qui lie la réception du Pain à celle de la Parole et à la présence des croyants assemblés, et ce en vue d'ordonner nos vies à la suite du Christ qui a donné la sienne pour la multitude des frères.Envisager la messe à partir des trois « tables » Parole, Pain et fraternité, dans le cadre q...
LIRE ET MÉDITER
RÉDUIT À RIEN
Cerf, 2021, 232 p., 18 €.« Rien ! » C'est un des maîtres-mots de la tradition mystique. Dieu n'est rien – rien de ce que l'homme peut concevoir – n'ont cessé de marteler les mystiques, de Denys l'Aréopagite au VIe siècle à Angelus Silesius au XVIIe (Dieu un pur rien est le titre du beau livre consacré au Silésien par Jacques Le Brun, au Seuil, en 2019). Mais c'est Maître Eckhart qui, au XIVe siècle, commentant la conversion de saint Paul pour les moniales et les béguines de Strasbourg, avait trouvé la formule la plus frappante : « Lorsqu'il se releva de terre, les yeux ouverts, il vit le néant, et ce néant était Dieu. »« Rien ! » C'est encore ce que l'homme doit consentir à devenir, lui aussi, s'il veut laisser Dieu être Dieu en lui. Consentir à cet évidement de soi, à ce détachement de toute image et de toute représentation, de toute volonté propre, de toute attache et de toute revendication de l'ego qui pourrait faire obstacle, si ténu soit-il, à « la naissance de Dieu en l'âme », comme disait Maître Eckhart. « Anéantissement », avait écrit à la même époque Marguerite Porete dans son Miroir des âmes simples et anéant...