Quand le temps nous est donné...
VIVRE À SON RYTHME
DOSSIERS
LA CONVERSION
La conversion de chacun est un événement pour tous. Même si les récits de conversion racontent une aventure personnelle, ils ont pourtant une portée collective, ce que révèlent tant de vies de saints. Si l'appel à la conversion répond à une quête spirituelle, parfois à un désir intime, si elle se propose comme un bouleversement inattendu, la tâche de tout converti consiste à la laisser prendre place dans son existence, à la soumettre à l'épreuve du réel et à celle de la rencontre de frères et de sœurs. La conversion se déploie et se renouvelle ainsi au long de la vie, dans la fidélité à soi comme dans l'ouverture à l'autre et à l'Esprit qui fait naître le désir et le purifie. Cheminer de la sorte, c'est entrer dans la dynamique même de l'Esprit qui fait toute chose nouvelle, c'est accueillir la nature « débordante » de celui-ci comme le feu qui se répand. L'histoire d'Ignace en témoigne : seul, puis avec ses compagnons, il n'a eu de cesse de chercher à ouvrir à d'autres la possibilité de la rencontre intime de Dieu, en entrant en conservation avec eux. Toute expérience singulière de conversion s'insère dans une histoire collective plus large et contribue à la féconder. La conversion personnelle relie à d'autres et c'est dans l'expérience de la relation qu'elle prend corps. La conversion se mesure à son fruit qu'est la communion, même si cette dernière n'est jamais acquise. Ce mouvement personnel de conversion, qui s'inscrit dans une dynamique collective toujours à parfair...
LIRE ET MÉDITER
CET AMOUR QUI NOUS GRANDIT
Labor et Fides, « Petite bibliothèque de spiritualité », 2020, 256 p., 18 €.Thérèse Glardon, qui a enseigné l'hébreu et anime des ateliers bibliques et des retraites, s'appuie sur sa connaissance de l'hébreu pour proposer une lecture spirituelle et existentielle du Cantique des cantiques. Ce dialogue amoureux aux accents profanes et sensuels a pourtant été retenu par le canon biblique et lu très tôt comme une allégorie de l'amour de Dieu lui-même, époux, roi et berger, pour Israël. L'auteure en propose une belle traduction et relit, chant après chant, ce texte décidément complexe et énigmatique. Elle relève nombre d'échos dans ces vers – lexique, images ou motifs – avec d'autres textes de l'Écriture et en tire des commentaires suggestifs. Elle souligne surtout le parti pris d'un amour humain « partagé, unique et exclusif » qui met à parité l'homme et la femme et dit l'« ardeur empressée » d'un Dieu en quête de l'homme, malgré les rencontres manquées. La beauté et la richesse de ce grand texte qui a aussi inspiré poètes et mystiques disent l'intensité de cet amour inconditionnel, à la fois brûlant et délicat, et qui ne se donne que dans la d...