DOSSIERS
S'ABANDONNER
Le désir d'abandon spirituel naît parfois de la soif de s'alléger du poids d'une vie prise dans l'envahissante activité de l'esprit et du corps. Cette aspiration à trouver le repos en Dieu rejoint-elle celle du « lâcher-prise » que tant de personnes appellent de leurs vœux aujourd'hui ? L'abandon serait alors envisagé comme une voie pour sortir de l'occupation et plus encore de la préoccupation. Dans la tradition spirituelle, l'abandon ne consiste pas seulement à entrer dans une passivité pure mais à exercer une volonté dans laquelle Dieu se manifeste cependant. L'abandon est un « décentrement intérieur » mais pas pour autant un détachement de soi. Au contraire, il rend celui qui en vit pleinement présent à lui-même et au monde. Cependant la possibilité de s'en remettre à Dieu de la sorte dépend pour une grande part d'une expérience de confiance première. Car avoir été abandonné ou se sentir abandonné est une souffrance qui sape la capacité à s'en remettre en toute confiance à un autre ou au Tout Autre. Peut-être est-ce cela qui rend parfois difficile le chemin spirituel de l'abandon de soi ? Si le terme d'abandon n'apparaît pas comme tel dans la Bible, l'attitude qui consiste à s'en remettre à une volonté plus grande que soi la traverse. Elle est illustrée en une grande variété de récits et d'expériences et par d'innombrables figures, d'Abraham à Jésus lui-même. Dans une invitation à suivre Jésus Christ sur son chemin d'abandon, les Exercices spirituels ouvrent à une man...
LIRE ET MÉDITER
CONSOLER LES CATHOLIQUES
Salvator, 2019, 128 p., 14 €.Publié alors que se multiplient les divulgations sur les scandales pédocriminels et les abus commis par des ministres ordonnés, le livre a le mérite de prendre à bras-le-corps la crise actuelle de l'Église. Pas à pas, à l'école de Rachel qui pleure ses enfants qui ne sont plus, l'auteure veut tracer pour les catholiques une voie pour qu'ils se laissent mener par le Seigneur vers la consolation et la vie, quel que soit le désastre auquel l'Église est confrontée.Dans une première partie intitulée « Là où est ton trésor », l'auteure invite à revenir aux dons reçus par l'Église qui sont source de consolation : les prophètes qui osent regarder la crise en face et croient que Dieu ramènera son peuple vers la vie, l'Évangile si vivifiant, le Fils de Dieu qui vient à nous et donne sa vie par amour, la nouveauté du Christ qui se dit comme fraternité au cœur de l'Histoire et sa présence fidèle à notre monde.Dans la seconde partie, l'auteure appelle la communauté ecclésiale à oser « les petits pas de la consolation ». Au gré de brefs chapitres, l'auteure propose six pas : reconnaître la souffrance qui accable les prêtres, surmonter les tentations ident...