Quand le temps nous est donné...
VIVRE À SON RYTHME
DOSSIERS
A L'ÉPREUVE DE LA PERTE
Nous savons d'expérience qu'il n'y a pas de vie sans pertes, fussent-elles presque insensibles ou au contraire sévères jusqu'à l'irréparable. Quand la perte nous arrache à nous-même et nous livre à l'angoisse, y a-t-il, sous le sol qui se dérobe, un sol plus ferme sur lequel reprendre pied ? Qu'est-ce qui nous permet de garder l'espoir que quelque chose est donné, envers et contre tout ? Avant de chercher des réponses à ces questions, rappelons que vivre à l'épreuve de la perte, c'est tout d'abord accepter de lâcher nos appuis alors que notre premier réflexe est d'essayer de donner un sens à ce qui n'en a pas. À cette tentation, il peut être salvateur d'opposer la plainte. Oser dire notre douleur à nos frères et sœurs ou adresser notre cri au ciel, ainsi que Job l'a fait. Mais, parfois, même notre soutien nous est retiré, la consolation de la foi ou la force du corps par exemple, comme en témoigne Thérèse de Lisieux pendant les mois qui ont précédé sa mort. Ou comme ce que vit toute personne traversant les dépouillements successifs qu'impose le grand âge. Pour le chrétien qui vit l'absence du Christ comme un manque cruel, la liturgie offre d'habiter l'expérience de la perte, elle fait rencontrer le Dieu qui ne vient pas combler nos manques mais les transforme en une attente féconde. Comme les premiers Apôtres du Christ qui ont eu à vivre sans leur Ami, les chrétiens sont appelés aujourd'hui à consentir à Le perdre pour Le retrouver avec d'autres, en Église. En ces temps d...
LIRE ET MÉDITER
MICHEL DE CERTEAU AVANT CERTEAU, CLAUDE LANGLOIS
Après Pierre Teilhard de Chardin, Michel de Certeau (1925-1986) est le jésuite du XXe siècle le plus lu au monde. Karl Rahner, Henri de Lubac et Bernard Lonergan le talonnent dans les statistiques. Mais la majorité de ses lecteurs ne se soucient pas d'abord de théologie : ils s'intéressent à l'histoire, à la sociologie, à la psychanalyse, à la sémiotique. Ils voient en Certeau un anthropologue inspirant, qui les autorise à ne pas partager les options religieuses normalement attachées à sa qualité de jésuite. Pour eux, « Certeau » commence en 1968 lorsque, coup de cymbale mémorable, sa chronique dans la revue Études le projeta sur l'avant-scène médiatique. « En mai dernier, avait-il écrit, on a pris la parole comme on avait pris la Bastille en 1789. » Le lendemain, la formule faisait le tour des revues de presse. Les livres qui suivirent furent des événements : L'absent de l'Histoire (1973), Le christianisme éclaté (1974), La culture au pluriel (1974), L'écriture de l'Histoire (1975), La possession de Loudun (1978), L'invention du quotidien (avec Luce Giard et Pierre Mayol, 1980) et, quatre ans avant sa mort, La fable mystique (1982), pour ne citer que les plus célèbres. Mais Certeau n'avait pas attendu d'avoir 43 ans en 1968 pour commencer à penser. Les connaisseurs le savent bien, qui ont lu la copieuse biographie due à François Dosse (La Découverte, 2007). Certains ont même lu, publiés avant 1968, le Mémorial de Pierre Favre et la Correspondance de Jean-Joseph Surin, ai...
Pratiques et récits
TOUTES LES Pratiques et récits
MARIE NOËL
François MARXER
JEUNES VEILLEURS
Miguel ROLAND-GOSSELIN