Quand le temps nous est donné...
VIVRE À SON RYTHME
DOSSIERS
A L'ÉPREUVE DE LA PERTE
Nous savons d'expérience qu'il n'y a pas de vie sans pertes, fussent-elles presque insensibles ou au contraire sévères jusqu'à l'irréparable. Quand la perte nous arrache à nous-même et nous livre à l'angoisse, y a-t-il, sous le sol qui se dérobe, un sol plus ferme sur lequel reprendre pied ? Qu'est-ce qui nous permet de garder l'espoir que quelque chose est donné, envers et contre tout ? Avant de chercher des réponses à ces questions, rappelons que vivre à l'épreuve de la perte, c'est tout d'abord accepter de lâcher nos appuis alors que notre premier réflexe est d'essayer de donner un sens à ce qui n'en a pas. À cette tentation, il peut être salvateur d'opposer la plainte. Oser dire notre douleur à nos frères et sœurs ou adresser notre cri au ciel, ainsi que Job l'a fait. Mais, parfois, même notre soutien nous est retiré, la consolation de la foi ou la force du corps par exemple, comme en témoigne Thérèse de Lisieux pendant les mois qui ont précédé sa mort. Ou comme ce que vit toute personne traversant les dépouillements successifs qu'impose le grand âge. Pour le chrétien qui vit l'absence du Christ comme un manque cruel, la liturgie offre d'habiter l'expérience de la perte, elle fait rencontrer le Dieu qui ne vient pas combler nos manques mais les transforme en une attente féconde. Comme les premiers Apôtres du Christ qui ont eu à vivre sans leur Ami, les chrétiens sont appelés aujourd'hui à consentir à Le perdre pour Le retrouver avec d'autres, en Église. En ces temps d...
LIRE ET MÉDITER
CET AMOUR QUI NOUS GRANDIT
Labor et Fides, « Petite bibliothèque de spiritualité », 2020, 256 p., 18 €.Thérèse Glardon, qui a enseigné l'hébreu et anime des ateliers bibliques et des retraites, s'appuie sur sa connaissance de l'hébreu pour proposer une lecture spirituelle et existentielle du Cantique des cantiques. Ce dialogue amoureux aux accents profanes et sensuels a pourtant été retenu par le canon biblique et lu très tôt comme une allégorie de l'amour de Dieu lui-même, époux, roi et berger, pour Israël. L'auteure en propose une belle traduction et relit, chant après chant, ce texte décidément complexe et énigmatique. Elle relève nombre d'échos dans ces vers – lexique, images ou motifs – avec d'autres textes de l'Écriture et en tire des commentaires suggestifs. Elle souligne surtout le parti pris d'un amour humain « partagé, unique et exclusif » qui met à parité l'homme et la femme et dit l'« ardeur empressée » d'un Dieu en quête de l'homme, malgré les rencontres manquées. La beauté et la richesse de ce grand texte qui a aussi inspiré poètes et mystiques disent l'intensité de cet amour inconditionnel, à la fois brûlant et délicat, et qui ne se donne que dans la d...