Quand le temps nous est donné...
POUR UNE PASTORALE DE LA MOISSON
DOSSIERS
S'ABANDONNER
Le désir d'abandon spirituel naît parfois de la soif de s'alléger du poids d'une vie prise dans l'envahissante activité de l'esprit et du corps. Cette aspiration à trouver le repos en Dieu rejoint-elle celle du « lâcher-prise » que tant de personnes appellent de leurs vœux aujourd'hui ? L'abandon serait alors envisagé comme une voie pour sortir de l'occupation et plus encore de la préoccupation. Dans la tradition spirituelle, l'abandon ne consiste pas seulement à entrer dans une passivité pure mais à exercer une volonté dans laquelle Dieu se manifeste cependant. L'abandon est un « décentrement intérieur » mais pas pour autant un détachement de soi. Au contraire, il rend celui qui en vit pleinement présent à lui-même et au monde. Cependant la possibilité de s'en remettre à Dieu de la sorte dépend pour une grande part d'une expérience de confiance première. Car avoir été abandonné ou se sentir abandonné est une souffrance qui sape la capacité à s'en remettre en toute confiance à un autre ou au Tout Autre. Peut-être est-ce cela qui rend parfois difficile le chemin spirituel de l'abandon de soi ? Si le terme d'abandon n'apparaît pas comme tel dans la Bible, l'attitude qui consiste à s'en remettre à une volonté plus grande que soi la traverse. Elle est illustrée en une grande variété de récits et d'expériences et par d'innombrables figures, d'Abraham à Jésus lui-même. Dans une invitation à suivre Jésus Christ sur son chemin d'abandon, les Exercices spirituels ouvrent à une man...
LIRE ET MÉDITER
POUR UNE ALTERNATIVE CATHOLIQUE
Cerf, 2017, 224 p., 18 €.Les récents débats de société autour de l'éthique et de la famille, les échéances électorales aussi, ont vu le retour d'un certain nombre de catholiques dans l'espace public. D'où le souci du philosophe Jean-Noël Dumont, fondateur du Collège supérieur, de donner quelques éléments de réflexion pour mieux refonder une « théologie politique » à leur usage, mais aussi éviter certaines dérives. Sans vouloir recréer une théocratie, il s'agit de proposer une « alternative catholique » en faisant « vivre au cœur de la Cité une communauté qui reconduit l'action à sa fin surnaturelle, ce qui est la source de toute liberté ». En ce sens, en insistant sur l'importance du signe donné par la communion eucharistique comme modèle d'un autre monde de fraternité et de paix, l'auteur se réclame des théologiens de la Radical Orthodoxy, en particulier de l'américain William Cavanaugh. Cette communion, cette alliance nouvelle invitent à agir dans l'Histoire. À un croyant pris entre marginalité et engagement, voire entre identité et enfouissement, il s'agit de redire que le principe du « Rendez à César… »...