Quand le temps nous est donné...
VIVRE À SON RYTHME
DOSSIERS
LA CONVERSION
La conversion de chacun est un événement pour tous. Même si les récits de conversion racontent une aventure personnelle, ils ont pourtant une portée collective, ce que révèlent tant de vies de saints. Si l'appel à la conversion répond à une quête spirituelle, parfois à un désir intime, si elle se propose comme un bouleversement inattendu, la tâche de tout converti consiste à la laisser prendre place dans son existence, à la soumettre à l'épreuve du réel et à celle de la rencontre de frères et de sœurs. La conversion se déploie et se renouvelle ainsi au long de la vie, dans la fidélité à soi comme dans l'ouverture à l'autre et à l'Esprit qui fait naître le désir et le purifie. Cheminer de la sorte, c'est entrer dans la dynamique même de l'Esprit qui fait toute chose nouvelle, c'est accueillir la nature « débordante » de celui-ci comme le feu qui se répand. L'histoire d'Ignace en témoigne : seul, puis avec ses compagnons, il n'a eu de cesse de chercher à ouvrir à d'autres la possibilité de la rencontre intime de Dieu, en entrant en conservation avec eux. Toute expérience singulière de conversion s'insère dans une histoire collective plus large et contribue à la féconder. La conversion personnelle relie à d'autres et c'est dans l'expérience de la relation qu'elle prend corps. La conversion se mesure à son fruit qu'est la communion, même si cette dernière n'est jamais acquise. Ce mouvement personnel de conversion, qui s'inscrit dans une dynamique collective toujours à parfair...
LIRE ET MÉDITER
SUR L'ESPÉRANCE DE JANIQUE PERRIN
Labor et Fides, 2021, 160 p., 18 €. « Peut-on parler d'espérance hors de la théologie chrétienne et de la foi ? » Le livre de Janique Perrin n'est pas seulement intéressant pour ses propositions, mais aussi pour sa démarche. Désirant vérifier théologiquement une « intuition personnelle », la pasteure, docteure en théologie, a mis à l'épreuve sa définition de l'espérance comme « la présence de l'avenir dans le présent » par un travail littéraire pensé comme une « expérience ». Elle confronte notamment sa lecture du Lambeau de Philippe Lançon (Gallimard, 2018) et du Patient anglais de Michael Ondaatje (McClelland & Stewart, 1992), avec le récit de la guérison du possédé de Gérasa (Mc 5, 1-20) qui est, selon elle, un récit de l'espérance comme « désincarcération de soi-même », pour montrer comment ces textes littéraires, en dehors de toute référence à la Résurrection, recèlent « une puissance d'énonciation eschatologique ». Ainsi, quand l'auteur du Lambeau « jongle à la fois avec l'avenir et avec la précarité » et, ayant traversé une expérience de mort, parle de « la vie enrichie d'un surplus de vie », non seulement il relate une expérience du surgissement de l'avenir dans le présent, mais il le fait d'une manière telle que les lecteurs peuvent faire eux-mêmes l'expérience d'une espérance. Le patient anglais met, quant à lui, en récit « l'inconnu à venir de la vie », « l'émergence d'une tension entre le monde de la réalité et une transcendance ». Ces lectures amènent l'auteu...
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