Quand le temps nous est donné...
LA DÉCISION DE CONVERSION
DOSSIERS
A L'ÉPREUVE DE LA PERTE
Nous savons d'expérience qu'il n'y a pas de vie sans pertes, fussent-elles presque insensibles ou au contraire sévères jusqu'à l'irréparable. Quand la perte nous arrache à nous-même et nous livre à l'angoisse, y a-t-il, sous le sol qui se dérobe, un sol plus ferme sur lequel reprendre pied ? Qu'est-ce qui nous permet de garder l'espoir que quelque chose est donné, envers et contre tout ? Avant de chercher des réponses à ces questions, rappelons que vivre à l'épreuve de la perte, c'est tout d'abord accepter de lâcher nos appuis alors que notre premier réflexe est d'essayer de donner un sens à ce qui n'en a pas. À cette tentation, il peut être salvateur d'opposer la plainte. Oser dire notre douleur à nos frères et sœurs ou adresser notre cri au ciel, ainsi que Job l'a fait. Mais, parfois, même notre soutien nous est retiré, la consolation de la foi ou la force du corps par exemple, comme en témoigne Thérèse de Lisieux pendant les mois qui ont précédé sa mort. Ou comme ce que vit toute personne traversant les dépouillements successifs qu'impose le grand âge. Pour le chrétien qui vit l'absence du Christ comme un manque cruel, la liturgie offre d'habiter l'expérience de la perte, elle fait rencontrer le Dieu qui ne vient pas combler nos manques mais les transforme en une attente féconde. Comme les premiers Apôtres du Christ qui ont eu à vivre sans leur Ami, les chrétiens sont appelés aujourd'hui à consentir à Le perdre pour Le retrouver avec d'autres, en Église. En ces temps d...
LIRE ET MÉDITER
ACCUEILLIR ET DISCERNER LES GRÂCES DE L'ESPRIT, FRANÇOIS-RÉGIS WILHÉLEM
Rassemblant des articles publiés dans les revues Carmel et Documents Épiscopat, cet ouvrage souligne d'abord la grâce que représente pour l'Église catholique le Renouveau charismatique, « nouvelle Pentecôte » dont les premiers signes se manifestèrent dès 1967 à l'aumônerie de l'université Duquesne (Pittsburgh, Pennsylvanie). Il rappelle, documents à l'appui, le soutien que lui ont apporté, après le cardinal Léon-Joseph Suenens, les papes Jean Paul II, Benoît XVI et François. Mais le principal souci de l'auteur est de fournir aux membres du Renouveau des clés de discernement face aux manifestations parfois spectaculaires de la vie dans l'Esprit. Si « l'effusion de l'Esprit conduit à la vie mystique », elle n'abolit pas pour autant les principes de discernement auxquels celle-ci a été soumise depuis les origines de l'Église. C'est à la tradition du Carmel que fait appel le père François-Régis Wilhélem, sans surprise, puis qu'il est membre de l'Institut Notre-Dame de Vie (Vénasque). Face aux complaisances excessives dans les « phénomènes extraordinaires » (guérisons, sommeils mystiques, révélations, prophéties, etc.), l'auteur rappelle l'extrême prudence, pour ne pas dire plus, qu'a toujours manifestée Jean de la Croix, qu'il cite abondamment (Montée du Carmel, II, ch. 11 et 17). Il ne craint pas de citer aussi l'étonnant dossier publié au XIXe siècle par le pasteur presbytérien puis congrégationaliste Charles Grandison Finney sur « les excitations malsaines dans les réveils...