« Moi aussi, je suis un mortel, pareil à tous, descendant du premier homme façonné à partir de la terre ; au ventre d'une mère, j'ai été sculpté dans la chair, jusqu'au dixième mois, j'ai pris consistance dans le sang, à partir de la semence virile et du plaisir, compagnon du sommeil. Moi aussi, en naissant, j'ai aspiré l'air commun, je suis tombé sur la même terre où tous ont à souffrir ; et mon premier cri, comme pour tous, ce fut des pleurs. […] Pour tout être humain, il n'y a qu'une façon d'entrer dans la vie, et une seule d'en sortir. Aussi j'ai prié, et le discernement m'a été donné. J'ai supplié, et l'esprit de la Sagesse est venu en moi. »
Méditation
Ici, le roi Salomon, dans toute sa splendeur et sa puissance, reconnaît être entré dans la vie, comme n'importe quel autre mortel. Il est le fruit du travail de la nature, de l'union d'une femme et d'un homme. Il est né à terre, dans le sang, les pleurs et les cris.
Salomon évoque tout aussitôt (verset 7) ce qui l'enfanta une deuxième fois. Aspirant à vivre et à gouverner selon le cœur de Dieu, il demande et reçoit la sagesse. Nous sommes témoins ici d'un second enfantement, pour lequel il rend grâce.
À travers Salomon, la tradition biblique rappelle à tout être humain qu'il est hautement redevable de ce qui le précède. La double filiation de Salomon, une source d'inspiration pour nous inscrire dans le fil des générations ?