Il y a eu les générations X, puis Z, place à la génération Alpha ! L'une après l'autre, elles sont décrites de manière réductrice, comme si les jeunes se définissaient premièrement par leur relation aux technologies et par leur volonté de couper les liens avec ce qui les précède. Et que faire de par cette affirmation si fréquente que les échanges entre les générations se faisaient mieux « avant » ?

Face à ces interrogations, nous nous souvenons que la tradition biblique ne cesse de parler de la succession des générations comme d'une bénédiction. Dieu dessine un avenir pour chacun, plus qu'il ne charge le passé. La tradition biblique ne cesse d'exposer l'avenir ouvert, tout en rappelant le bienfait de la fidélité au Dieu des pères, précisément parce que la transmission entre les générations n'a jamais été spontanée, ni fluide.

Soulignons ici, parmi bien d'autres, quelques réflexions ouvertes dans ce dossier. Bien plus que la transmission du péché originel, c'est bien « la vie à de nouveaux enfants, la foi, la volonté d'agir, de soulager le prochain qui se transmettent à travers nous » (David Sébastien Sendrez, p. 41). Ce mouvement trouve sa source dans l'acte inouï de l'homme-dieu qui, sur la Croix, engendre un nouvel avenir. Le lieu même d'un apparent échec de la transmission divine devient le plus puissant accouchement à la vraie vie (Douceline Bertrand, p. 24).

Dès lors, notre filiation s'enrichit. Sans dévaloriser la grandeur de la famille et de ce que nous lui devons, l'entrée dans la filiation divine appelle à une vocation plus large. « Notre foi nous amène à voir dans la famille non un absolu, mais un lieu voulu par Dieu où chacun peut apprendre à parler personnellement à Dieu » (Marc Rastoin, p. 56).

Autre champ où l'intergénérationnel est souvent mis à mal, celui des études. La pédagogie du service learning, présentée par Thierry Magnin, vise à ce que différentes formes d'intelligence s'enrichissent l'une l'autre : non seulement la connaissance et l'aisance technologiques, mais aussi la responsabilité sociale, la rencontre heureuse de la vulnérabilité. Cet apprentissage s'appuie nécessairement sur l'apport des générations plus expérimentées dans la vie.

Quant à la question du désir d'enfant qui serait mis à mal du fait d'un avenir planétaire compromis, les jeunes adultes ne semblent pas si affirmatifs. Nous entendons ainsi que « les anciens peuvent aider les nouvelles générations à mesurer combien la vie peut être heureuse et féconde, non pas malgré l'inconnu, mais du fait de l'in-connu qui préside à nos vies » (Pierre Laurens-Fring, p. 87).

Telle la bénédiction de Dieu dans les livres de la Genèse et de l'Exode, la vie passe toujours, par-delà les nombreux aléas, doutes et épreuves. Ne soyons pas de ceux qui projettent du tragique dans ce grand mouvement des générations. Apprenons au contraire, ancrés dans la foi que Dieu s'y donne, à nous y laisser insérer, au prix de quelques déplacements.

Une nouvelle maquette pour vous servir

Au long des douze mois d'échanges et de recherches qui ont abouti à la nouvelle présentation de Christus que vous tenez entre les mains, nous avons entendu un appel : aidez-nous à tirer profit personnellement de la revue, pour incarner le thème dans notre quotidien apostolique, pour le partager avec des amis !

L'inspiration première du nouveau graphisme de la revue fut le sceau originel de la Compagnie de Jésus. Il situe Jésus Christ au centre, vise toutes les contrées de notre univers visible, offre ses rayons bienfaisants à notre humanité, nous réjouit de ses formes et des espaces laissés vides pour que chacun puisse s'y reposer.