Le Concile, dans la constitution sur l'Église Lumen gentium, souligne la nécessité pour les baptisés de participer au sacrifice eucharistique, « source et sommet de la vie chrétienne ». Or, la célébration eucharistique implique l'usage de la parole, notamment dans ses formes d'invocation (la prière) et de mémoire (le récit et les Écritures), mais aussi la consommation de nourriture (le pain et le vin), référée à l'événement fondateur de la mort et de la résurrection de Jésus de Nazareth.

Ainsi, la liturgie eucharistique, sacrement par excellence de la communauté chrétienne, perpétue, en tous lieux et jusqu'à la fin des siècles, le « repas du Seigneur », dont la nature est absolument unique par rapport à tout autre repas festif. Néanmoins, le Seigneur a voulu passer par le réalisme d'un repas pour nourrir la relation qu'il entretient avec chacun de nous ainsi qu'avec toute la communauté chrétienne, et déployer son dessein de salut.

Lors de ce repas, plusieurs actions sont engagées : se rassembler, écouter, regarder, communier, consommer. Mais il existe aussi un autre rapport au pain eucharistique : l'adoration. Comment situer ces actions, les comprendre, les articuler au regard de la pédagogie de Dieu pour déployer son dessein de salut, qui n'est autre qu'un dessein de communion avec Lui et de réconciliation des hommes entre eux ? Cette question se pose d'autant plus que des