Le concile Vatican II a été l'occasion d'un renouveau ecclésiologique et a permis la remise en lumière de l'égale dignité de tous les baptisés. Néanmoins, au cours des années qui l'ont suivi, s'est développée une approche qui opposa l'Église institutionnelle, hiérarchique, administrative et figée à l'Église charismatique, missionnaire, vivante et prophétique.
Joseph Ratzinger a rejoint cette analyse2 et a dénoncé une lecture biblique qui oppose les prêtres et les prophètes, le « culte, institution d'un côté, et prophétie, charisme, liberté créatrice de l'autre. Dans cette conception, les prêtres, le culte, l'institution et le droit apparaissaient comme quelque chose de négatif, qu'il fallait dépasser. Jésus, lui, se situait dans la ligne des prophètes qu'il conduisait à son terme, par opposition à la