Le Centre Laennec de Paris accueille 750 étudiants. Le nombre est significatif, mais l’échantillon n’est pas parfaitement représentatif de l’ensemble des carabins, dans la mesure où nos critères de sélection privilégient certaines catégories : jeunes engagés, jeunes témoignant de générosité, jeunes animés par la foi… Il serait donc bien prétentieux de laisser entendre que ces lignes reflètent l’esprit des futurs médecins dans leur ensemble, qui baignent largement dans l’esprit contemporain d’indifférence religieuse.  

 La vocation médicale

Au fondement de la vocation médicale, nous retrouvons chez tous nos étudiants, frais émoulus des établissements secondaires, deux éléments réunis en chacun d’eux, dans des proportions très diverses : l’admiration pour la complexité du corps humain et le désir de pratiquer un métier où la relation humaine ait une place significative. Ces intérêts évolueront : les uns seront tôt rassasiés de connaissances et devront faire appel à toute leur énergie pour acquérir le savoir nécessaire à la pratique médicale, d’autres garderont la passion de la connaissance, une soif inextinguible de comprendre les mécanismes des pathologies ; de même, la relation au patient, expérimentée dès les premiers pas de l’externat, prendra une place croissante pour les uns, tandis que d’autres seront attirés par des spécialités qui laissent peu d’espace à l’écoute et à la parole.
Au reste, s’il fallait faire une typologie des futurs médecins en formation, les entrées seraient nombreuses : par exemple, les  « relationnels » et les « techniciens », « les intellectuels » et les « manuels », les « tout-puissants » et les « humbles », les « chercheurs » et les « praticiens », les « patients » étudiants intéressés par les soins au long cours, par les pathologies chroniques et les « impatients » avides d’efficacité immédiate, et bien d’autres catégories. Une des typologies les plus pertinentes différencierait la vocation médicale qui ne peut exclure la relation au patient de la vocation chirurgicale qui privilégie la relation au corps endormi dans le cadre aseptisé du bloc, l’aspiration à l’efficacité, le goût du beau geste, l’émerveillement devant des techniques magiques… Ici, on distinguera les « humanistes » et les « croyants » – ces derniers étant également, on peut l’espérer, des humanistes !
Dès la troisième ou la quatrième année d’études, selon les facultés, les futurs médecins passent, tout au long de la semaine, la matinée à l’hôpital. Dans la plupart des services, ces externes se voient confier quelques malades. Chaque jour, ils doivent leur faire subir interrogatoire et examen clinique dont ils rendront compte à l’interne ou au « chef ». Souvent, il leur est suggéré de prendre du temps avec leurs patients quand ils ne sont pas contraints à des travaux administratifs. De plus, ils ont l’obligation de faire des gardes de nuit ou de week-end, et, dans ces circonstances, ils suivent ou précèdent l...
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