Observer Jésus en relation permet d'éclairer ce qu'est un accompagnement, c'est-à-dire une relation qui aide chacun à se mettre à l'écoute de Dieu dans sa vie.

 

L'accompagnement, tel qu'il est entendu aujourd'hui, répond à la demande de la personne qui a le désir de vivre davantage sa foi, de discerner l'action de l'Esprit au cœur de son existence et d'y correspondre dans une plus grande liberté intérieure. Celui ou celle qui accompagne aide fraternellement l'autre à voir plus clair dans sa quête de Dieu et, pour cela, écoute, suggère, donne une parole. L'accompagnateur est donc au service de la croissance humaine et spirituelle. Il fait route avec l'autre pour l'éveiller à une expérience spirituelle.

La relation singulière que le chrétien vit avec Jésus est-elle une forme d'accompagnement ? Au premier abord, le mot « accompagnateur » pour qualifier le Christ peut apparaître insolite. En effet, vivre la foi chrétienne, c'est croire en Jésus, l'aimer, le suivre, en témoigner… toutes actions qui ne renvoient pas d'emblée à l'accompagnement d'un tiers. On peut apprécier son accompagnateur, mais on ne le suit pas, sous peine de créer une relation de dépendance ou d'emprise… D'ailleurs, « l'accompagnement spirituel personnel tel qu'il se pratique aujourd'hui, avec l'attention qu'il demande des deux côtés, ne se retrouve sans doute pas dans les Écritures »1.

Pourtant, à lire certains récits évangéliques, les relations que Jésus noue avec ceux qu'il croise sur sa route, avec ceux qu'il appelle à devenir ses disciples, la manière dont Il écoute, parle, agit avec un grand respect des personnes et de leur liberté, font grandir et invitent à un nouveau regard sur Dieu, le Père de Jésus et de tous.

Jésus accompagne-t-il ?

Diverses scènes évangéliques peuvent être relues avec profit sous cet angle. Le premier récit qui vient à l'esprit, en lien avec l'accompagnement, est celui des disciples d'Emmaüs, catéchèse construite comme un itinéraire de foi. Jésus se fait compagnon de route de deux disciples, Cléophas et un anonyme La lecture de cet article est réservée aux abonnés.