Le centre Saint-Hugues, par sa situation géographique, a permis de développer diverses formes de « prier-marcher » où le corps retrouve ses lettres de noblesse. Parmi toutes celles qui figurent au programme, « Pèlerin en montagne » occupe une place de choix. Le titre annonce la couleur : marche longue avec un dénivelé de 800 à 1 000 mètres par jour.
Les participants sont invités, sur la base de la marche afghane, à caler leurs pas sur le rythme de la respiration en 2-2 par exemple, c'est-à-dire deux pas sur l'inspiration et deux pas sur l'expiration. Si la pente est plus raide, on passe à un rythme de 1-1 et, dans la descente, 2-4. Il s'agit ensuite de prier sur le rythme de sa marche et de s'y tenir pendant un temps défini. La répétition ancre le marcheur dans une attitude du cœur qui ouvre à une contemplation du mystère évoqué. Comme les Exercices spirituels (n° 258) nous y invitent, on peut prendre une prière connue, un Notre Père ou quelques versets bibliques. Peu à peu, au rythme des pas, la parole de Dieu trace un chemin intérieur.
La marche en montagne centre sur l'essentiel, car le strict nécessaire doit entrer dans un sac à dos. Le marcheur découvre ainsi que la sobriété est à sa portée.
La position du corps dans les Exercices spirituels (n° 76) a pour visée d'aider le retraitant à chercher ce qu'il veut. La marche met en mouvement en vue d'atteindre ce même but. La contemplation impose de faire de la lenteur son alliée. La montagne, en obligeant à aller lentement, ouvre à la contemplation.
L'accompagnement spirituel se fait sur la pause de midi ou dans la descente. Il vise à aider le retraitant à s'accorder sur la marche pour mieux se mouvoir, penser, sentir et chercher Dieu.
Si votre condition physique le permet, venez expérimenter à Saint-Hugues cette manière de prier avec les pieds.