L'écoute relève d'une « passion » et non d'une simple spécialité professionnelle. Sinon elle demeure froide, distante, inefficace. Elle relève aussi d'un labeur, parfois douloureux, souvent frustrant et exige une patience rare. Les deux auteurs engagent une discussion franche, parfois frontale, du fait de leur différence de points de vue et d'expériences. Leur dialogue souligne les limites de l'écoute offerte par un écoutant, quel qu'il soit, mais aussi la joie intérieure de se découvrir dans la présence de l'autre, et l'appel parfois à « aimer l'autre plus qu'il ne s'aime ». Tous deux profondément enracinés dans la tradition chrétienne, les auteurs laissent voir la place humble qu'ils cherchent à tenir. Thierry Chavel parle d'une autorité en lui qui n'est pas lui-même (« Ce n'est plus moi qui suis le maître du jeu »). Isabelle Le Bourgeois d'un appel à « être là », sans avoir la prétention de « comprendre ». De ce livre pétillant de vie ressortent des expressions parfois détonantes, mais propres à parfaire la posture de l'écoutant.