Après une sortie d'Égypte précipitée et une longue marche de quarante années dans le désert, l'entrée dans le « bon pays » (Dt 8, 7.10) est imminente. À la frontière du Jourdain, en Moab, Moïse parle au peuple d'Israël, longuement. Dans son deuxième discours (Dt 4, 44 – 11, 32), Moïse continue de rapporter aux fils d'Israël ce que Dieu lui a dit. Et parmi « le commandement, les lois et les coutumes » (Dt 6, 1) que le Seigneur lui a ordonné de leur apprendre, il y a cette déclaration (Dt 8, 2-3) :

 Tu te souviendras de toute la route que le Seigneur ton Dieu t'a fait parcourir depuis quarante ans dans le désert, afin de te mettre dans la pauvreté ; ainsi il t'éprouvait pour connaître ce qu'il y avait dans ton cœur et savoir si tu allais, oui ou non, observer ses commandements.  Il t'a mis dans la pauvreté, il t'a fait avoir faim et il t'a donné à manger la manne que ni toi ni tes pères ne connaissiez, afin de te faire reconnaître que l'homme ne vit pas de pain seulement, mais qu'il vit de tout ce qui sort de la bouche du Seigneur.

La dernière phrase suggère un lien entre le pain et la Parole que Dieu adresse. L'homme vit de tout ce qui sort de la bouche du Seigneur, mais il vit aussi de pain. Mais la Loi le formule dans l'autre sens, comme pour signaler le risque de vivre « seulement » du pain de tous les jours, oubliant que l'humain vit de tout ce « qui sort » de la bouche du Seigneur.

Notre parcours de lecture va d'abord consister à écouter cette phrase, devenue