Le choc de la pandémie a fait résonner l'aspiration à l'avènement d'un monde meilleur, en même temps que s'élevaient des voix défaitistes. Veiller dans la foi peut redonner espérance et rendre attentif aux germes qui grandissent dans la société et dans l'Église.

Veiller au temps de la Covid-19… Un oxymore, tant cette crise nous a pris au dépourvu. Dès son début, les médias ont publié de nombreuses tribunes affirmant que le monde d'après-crise ne serait pas comme celui d'avant. Le choc de la pandémie a libéré l'expression des espoirs d'un monde meilleur. Et, très vite, sont arrivées des opinions inverses, pour en contester la pertinence. Que penser de ces débats ? Pour moi, un signe révélateur des malaises profonds qui affaiblissent, rongent notre société, puisque la description d'un monde différent, au moins en partie, nous a été proposée immédiatement, sans qu'il ne paraisse nécessaire de l'accompagner d'une analyse de la faisabilité du changement. Un tel débat a son utilité, mais sans doute pas pour qui veut discerner des signes d'espérance pour l'avenir. L'attention du veilleur doit se porter ailleurs.

Je retiens une deuxième leçon de la crise sanitaire, à partir de l'analyse par Mgr Vincent Jordy de notre attitude collective pendant le confinement1. Nous avons docilement supporté d'être confinés et protégés pendant que les soignants étaient au front, nous avons toléré les limitations de liberté, y compris celles qui nous interdisaient d'être aux côtés de nos proches au seuil de la mort. Nous en avons souffert mais nous ne nous sommes pas révoltés. En revanche, certains se sont insurgés contre la durée de l'interdiction du culte dominical, au point de saisir le Conseil d'État. « On peut s'interroger sur les enjeux d'une telle mobilisation d'énergie pour le retour du culte et le peu d'investissement dans ce qui pourrait sembler un enjeu bien plus fondamental. En effet, qu'est-ce que le jeûne eucharistique à côté du drame de tant de personnes qui, malgré le dévouement des soignants, ont dû affronter la mort dans la solitude, sans le soutien de leur famille, de leur Église, dans les hôpitaux, les Ehpad ? Qu'est-ce que la déshumanisation de la mort alors que la manière de traiter les morts est un des signes majeurs qui fonde et qualifie l'humanité ? » Avoir établi ce parallèle, n'est-ce pas, de la part de son auteur, veiller dans la foi ?

Le Mouvement chrétien des cadres et dirigeants (MCC) m'a accompagné au long de ma vie professionnelle. Il a été une école de discernement (au sens igna...

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