Un moment clé dans la naissance de la mouvance écospirituelle en Europe francophone est sans conteste le Forum écologie et spiritualité1, qui s'est déroulé en 2004 au centre bouddhiste Karma Ling (Savoie). Il réunissait des témoins des traditions religieuses et de l'écologie. Avec cette question : quelles confluences sont possibles entre ces deux mondes ? Étaient présents notamment l'agroécologiste Pierre Rabhi, le fondateur de la revue The Ecologist Edward Goldsmith, l'écopsychologue David Abram, Éric Julien et les Indiens kogis ainsi que, du côté chrétien, Jean-Marie Pelt, Jean Bastaire, Dominique Lang et moi-même. Pendant trois jours, plus de 1 200 personnes ont participé à cet événement.

Les nombreuses interventions ont, de manière plurielle, affirmé une même conscience de l'unité fondamentale entre écologie et spiritualité. Pierre Rabhi contestait l'intitulé même du forum « Écologie et spiritualité », soulignant qu'il n'y a pas d'écologie sans spiritualité, ni de spiritualité sans écologie et proposait le terme « écospiritualité ». Autrement dit, il ne s'agit pas seulement de verdir un chemin spirituel ou d'ajouter une couche de spiritualité à un engagement écologique, mais de comprendre que les deux sont indissociables.

Des lignes de force

En pleine efflorescence, l'écospiritualité est un espace à la fois de recherche, d'expérience et de militance pour la transition écologique. C'est un « lieu carrefour » où se croisent de nombreux champs : l'écologie profonde, les traditions religieuses (dont le christianisme), les spiritualités dites holistiques, les sciences contemporaines, l'écoféminisme spirituel ou encore l'écopsychologie. Il serait donc