Éditions Jouvence, 2022, 256 p., 17,95 €.

Le constat est connu : nos sociétés ont besoin de sortir de la crise écologique et sociale et de construire un nouveau paradigme vivant, une nouvelle façon d'habiter la maison commune Terre. Le présupposé de ce livre est que cette « grande transition » comporte un volet extérieur et un volet intérieur : que les changements écologiques et sociaux dont on parle tant au quotidien pour nos vies et nos systèmes (l'écologie extérieure) ne se feront pas sans aller à la racine, et que cette racine se trouve à l'intérieur de chacun et de nos collectifs (l'écologie intérieure). Autrement dit, pas de transition extérieure sans transition intérieure.

L'ouvrage se concentre alors sur l'exploration de ce que l'auteur définit comme les deux composantes majoritaires de cette indispensable transition intérieure : l'écopsychologie et l'écospiritualité. Dès l'introduction, l'auteur définit ainsi ses deux sujets : l'écopsychologie « explore les interrelations profondes entre la Terre – notre maison commune avec tous les êtres qui l'habitent – et la psyché humaine, dans leurs dimensions consciente et inconsciente ». À cela, l'écospiritualité « ajoute de manière explicite [...] la dimension spirituelle ». La suite du livre est à la fois une exploration de chacune de ces deux composantes de la transition intérieure et une proposition de parcours « écopsy et écospi » pour le lecteur, l'emmenant vers ce que Michel Maxime Egger appelle de ses vœux : des personnes « méditantes militantes », dotées des vertus écologiques que l'auteur identifie au fur et à mesure des chapitres.

Pour le lecteur qui cherche une introduction à ces sujets émergents de l'écopsychologie et de l'écospiritualité au sens large, cet ouvrage se révélera précieux. Le propos est clair. Les concepts clés sont introduits avec précision. Vingt mini-portraits donnent une idée de quelques-uns des penseurs majeurs de ces courants aujourd'hui.

Pour le lecteur chrétien, les références à la Bible, au pape François ou au patriarche Bartholomée Ier pourront servir de points de repère connus pour se lancer dans des découvertes peut-être plus inhabituelles, entrant en conversation avec diverses sagesses, religieuses ou non. L'invitation sera alors au dialogue, dialogue qui sera un processus précieux pour un chantier encore largement devant nous : construire une écospiritualité chrétienne telle que le pape l'appelle de ses prières dans Laudato si'. Une Bonne Nouvelle en germe qui invite à cette bonne lecture.