Je suis sage-femme en centre de PMI (Protection Maternelle et infantile), structure du Conseil Général, donc un service public où l’on accueille gratuitement des femmes enceintes, mais aussi des familles. Ce sont des lieux de consultation et d’accompagnement autour de la périnatalité. J’y suis depuis neuf ans ; auparavant, j’ai travaillé dix ans en maternité.

 Le travail en maternité

Mon travail en maternité était vraiment centré sur le moment de l’accouchement. J’étais en salle de travail, j’accueillais et accompagnais les femmes enceintes et leurs conjoints jusqu’à la naissance de leur enfant. Donc un contact sur un temps relativement court – entre six et huit heures –, mais très fort pour ces couples et pour moi. Un bon moment souvent, parfois aussi douloureux, parce que tout ne se passe pas dans les meilleures conditions.
J’appréciais beaucoup ce travail, bien qu’il ait été très lourd à la fois au niveau des horaires et du rythme (on est de garde le jour, la nuit et les week-ends). Et puis, je crois qu’au bout d’un moment, j’ai été un peu frustrée d’être si présente auprès de ces couples en ces moments intenses et, aussitôt après l’accouchement, de ne plus faire partie de leur vie. Ce qui m’a aussi amenée à changer, c’est qu’en tant que célibataire, le fait de voir naître des enfants était devenu compliqué pour moi, et j’ai eu besoin de m’éloigner de ce moment-là. Je suis partie faire de l’humanitaire au Sénégal pendant trois mois pour avoir une idée du travail d’une sage-femme dans un autre milieu. Cela m’a plu, mais je n’étais pas prête à quitter ma vie parisienne... Alors une de mes amies m’a parlé de la PMI : si j’avais envie de m’éloigner un peu de mon quotidien, je pouvais trouver dans la PMI une population étrangère ayant un besoin d’être accompagnée.

 En PMI

En PMI depuis 2005, j’ai d’abord travaillé sur deux villes du nord de Paris très riches au niveau de la diversité des populations. Le contraste a été un peu trop important par rapport à une maternité du sud parisien : je me suis retrouvée, par exemple, avec de nombreuses patientes musulmanes portant le tchador. Finalement, j’ai repris un poste en banlieue sud. Je travaille en équipe, une équipe pluridisciplinaire : un ou deux médecins, deux ou trois infirmières puéricultrices, deux ou trois auxiliaires de puériculture, une psychologue, une éducatrice de jeunes enfants. Au début, c’est moi qui reçois les patientes pendant la grossesse, puis mes collègues les prennent en charge après l’accouchement. En PMI, on s’occupe surtout de la prévention, donc de l’accompagnement à long terme : consultations de grossesse au centre même ou à domicile en cas de grossesse pathologique.

Je procède aussi à ce qu’on appelle l’« entretien prénatal » – entretien qui n’est pas une consultation mais un temps d’échange avec la femme sur la manière dont elle vit sa grossesse, la manière dont cette grossesse arrive dans sa vie,...
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