DDB – Institut Pierre-Chave, 2015, 236 p., 44 €.

Dans la bibliographie consacrée à Kim En Joong, ce beau livre de Denis Coutagne mérite d'être signalé car il réussit à la fois à proposer une initiation à l'œuvre du peintre dominicain coréen et à nourrir le regard de ceux qui le connaîtraient déjà. L'œuvre du frère Kim En Joong, au carrefour des traditions extrême-orientale et occidentale, entre figuration et non-figuration, vibre de l'expérience de la rencontre de Dieu. Qu'il se fasse peintre, céramiste ou calligraphe, l'artiste demeure toujours dans l'esprit du vitrail : « À partir d'un certain moment, ce n'est plus moi, c'est une révélation, je n'ai plus qu'à me donner. » Kim En Joong a réalisé les vitraux de la cathédrale d'Évry, de la basilique Saint-Julien de Brioude ou du monastère de Ganagobie. Denis Coutagne, dans un texte à la fois personnel et didactique, nous fait entrer dans cette œuvre de lumière, la resituant dans ses sources, décrivant le dialogue de Kim En Joong avec Paul Cézanne, Henri Matisse ou Julien Green, et les lieux comme Saint-Paul-de-Vence d'où flamboient ces toiles qui témoignent des couleurs profondes des Écritures. Car il s'agit pour lui de chanter les Écritures par des couleurs et des traits, en tissant les traditions de la calligraphie orientale et de la peinture occidentale dans un dialogue intérieur : telle est l'intuition féconde que Denis Coutagne développe avec clarté dans cet ouvrage aux reproductions de qualité.