Depuis le noviciat1, je m'essaie à composer pour la liturgie. C'est un exercice auquel je me suis prêté presque sans y faire attention, répondant à un élan intérieur tout simple, sans autre objectif que de rehausser un peu ma prière personnelle, en cherchant à doter les hymnes de la liturgie des heures de mélodies qui me semblaient convenir à leur intention. Dès mes premiers tâtonnements, pourtant, j'ai ressenti l'appel puissant à écrire des messes, ce qui représentait pour moi le sommet de l'aventure musicale dans laquelle je m'étais lancé.

Toute la gamme des expériences humaines

Les prières de ce que l'on nomme l'« ordinaire » de la messe – Kyrie, Gloria, Alléluia, Sanctus, Agnus Dei – sont tellement riches, elles disent tellement de choses, qu'elles me sont tout de suite apparues comme autant d'invitations à leur créer mille parures – non pas des parures, car la musique n'est pas un ornement de la prière, mais plutôt une charpente, ou mieux, une monture, qui « porte » la prière plutôt qu'elle n'est portée par elle – sans jamais avoir à craindre de me répéter, ni d'épuiser le sujet. J'étais très étonné de ne rien trouver d'autre, ou presque, dans le répertoire qui était à ma disposition, que des propositions musicales d'une platitude assez confondante, répétant le même thème d'un bout à l'autre de la messe. Était-ce par