« Ils étaient assidus à l'enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. La crainte de Dieu était dans tous les cœurs à la vue des nombreux prodiges et signes accomplis par les Apôtres. Tous les croyants vivaient ensemble, et ils avaient tout en commun ; ils vendaient leurs biens et leurs possessions et ils en partageaient le produit entre tous en fonction des besoins de chacun. Chaque jour, d'un même cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple, ils rompaient le pain dans les maisons, ils prenaient leurs repas avec allégresse et simplicité de cœur ; ils louaient Dieu et avaient la faveur du peuple tout entier. Chaque jour, le Seigneur leur adjoignait ceux qui allaient être sauvés. »

(Traduction liturgique de la Bible, AELF)

Ce bref passage des Actes des Apôtres propose une description synthétique de la vie de la communauté formée par ceux qui suivent la Voie de Jésus. Luc fera à deux reprises encore cette relecture au cours de son récit.

Ici la fréquence des termes « tout » et « tous » saute aux yeux. Les premiers chrétiens nous donnent l'exemple d'une fraternité à l'œuvre en toutes ses dimensions : la prière commune, le respect et l'amour de Dieu, le partage des biens et des repas, la célébration de la Cène du Seigneur, l'action de grâce et la louange.

Un autre caractère saillant du texte est que ce mouvement d'ensemble ne conduit en aucun cas à un nivellement égalitariste. Les personnes sont valorisées, servies, écoutées, chacune en leur particularité. L'expression « en fonction des besoins de chacun » sonne avec force. Et puis, par la finale, on envisage aisément que le salut offert par Jésus Christ est le fruit d'une rencontre personnelle.

Tous et chacun. La manière de faire du Dieu de Jésus Christ s'illustre ici de manière grandiose. À notre tour, nous voici appelés à continuer le geste de Dieu. Avec sa grâce, tous les peuples en seront interpellés. Mystérieusement, progresse ainsi l'union des cœurs.

Thierry Anne