« Tu honoreras ton père et ta mère, mais s’ils te demandent de transgresser la loi, rappelle-leur qu’eux-mêmes sont soumis à la loi. » Talmud

Il y a encore une cinquantaine d’années, un consensus social existait quant au bien-fondé d’une autorité des parents ou des professeurs, et il ne venait à l’idée de personne de leur demander au nom de quoi ils se sentaient ainsi justifiés à exiger telle ou telle chose. Or, peu à peu, ce consensus a éclaté au bénéfice d’une volonté de « comprendre » les enfants, et nous sommes passés du droit parfois excessif des parents à poser des règles et des interdits à un autre excès, celui du droit des enfants à être entendus dans leurs revendications d’autonomie. Or il me semble que toute « vérité » ne vit que d’être paradoxale, et que l’oublier expose aux dangers qu’on voulait éviter.
 

Des parents en quête de réassurance


Il n’est que d’écouter des parents venant en consultation au sujet d’enfants en difficulté pour constater combien il est devenu difficile à la plupart de poser des limites, avec un leitmotiv : « Je ne veux pas que plus tard mon enfant ait quelque chose à me reprocher. » Sousentendu : « Si je lui impose quelque chose, va-t-il encore m’aimer ?…
 Et ce risque je ne peux pas le prendre, la vie pour moi est trop dure. Et quand il pleure, cela fait tellement écho en moi que je ne peux que le consoler. » Serait-ce donc mal de faire passer la tendresse et l’empathie avant la frustration ?
Je me souviens ainsi d’une femme divorcée venant avec son petit garçon de six ans, plusieurs fois signalé pour violences à l’école, et me disant : « Vous comprenez, j’ai eu un père “macho”. Quoi qu’il se passe, si cela le dérangeait, je recevais une gifle. Alors moi, je me suis dit que quand j’aurai