Sous l'influence de la théorie des droits fondamentaux, nos contemporains ont été formés, dans leur rapport à eux-mêmes et aux autres, à une séparation radicale entre la vie personnelle et la vie publique, sous réserve de la scénarisation largement fictive, à des fins médiatiques, de la vie privée de personnages en vue. L'enjeu de cette séparation est la protection de la vie privée. Mais ce que les droits fondamentaux imposent, la sagesse, sans la remettre en cause, la transcende au travers de l'idéal de la « vie bonne ». Une vie que je qualifierai, comme Paul Ricœur, de « vie avec et pour autrui dans des institutions justes1 ». Cette vie prend racine et se construit dans la vie personnelle. Elle se prolonge et se réalise dans la vie publique.
Cette cohérence est une condition de la réussite d'une mission publique et de son exemplarité. La vie personnelle et la vie publique ne sont pas deux mondes qui s'ignorent, mais qui sont interdépendants. Le désordre ou la confusion mentale ne peut mener qu'au chaos dans l'ordre politique. Pour le dire autrement, il ne peut y avoir de bonne gouvernance d'autrui s'il n'y a pas d'abord une bonne gouvernance de soi. Xénophon ne disait pas autre chose dans les Mémorables.
Cette cohérence fondatrice implique une