Éditions jésuites, « Le livre et le rouleau », 2024, 282 p., 29 €.

La Bible commence dans un jardin, l'Éden, et se termine dans une ville, la Jérusalem céleste descendue du ciel. Nulle part, dans l'ensemble de l'Écriture, n'est proposée une réflexion systématique sur le thème de la ville, mais cette réalité apparaît pratiquement à toutes ses pages. Claude Lichtert, dans une réflexion précise, fait parcourir à ses lecteurs l'ensemble de l'Écriture pour y manifester les enjeux de la vie urbaine. Les grandes villes, de Sodome à Babylone et de Ninive à Rome, sont souvent le symbole des forces du mal et le lieu de tous les vices. Mais, avant ces dévoiements, la ville est le lieu de la communauté, l'organisation sociale dans laquelle les hommes apprennent à vivre ensemble. C'est dans la ville que se forge une identité collective. C'est à partir de la ville qu'un peuple peut être ouvert à l'étranger ou replié sur lui-même. Le parcours que propose Claude Lichtert traverse toute l'Écriture en consacrant un chapitre à chacun des corpus de la Bible, selon l'ordre traditionnel de la Septante : le Pentateuque, les livres historiques, les livres de Sagesse, les livres prophétiques et le Nouveau Testament. L'auteur s'appuie sur ce qu'il qualifie, à la suite de Marcel Hénaff et Olivier Mongin, comme les « trois dimensions constitutives du fait urbain » : le monument, la machine et le réseau (cf. p. 36). Il propose, comme clé d'interprétation, que le Pentateuque et les livres historiques ont davantage mis en valeur les deux premières dimensions. L'ouverture au réseau s'est faite dans les écrits sapientiaux et prophétiques avant de s'épanouir pleinement dans le Nouveau Testament qui lui donne la première place (cf. p. 267). Aux dires de Claude Lichtert lui-même, « le lecteur visé est celui qui a déjà une certaine familiarité avec les Écritures, qui fréquente les textes bibliques tels qu'ils sont disposés dans sa bible et qui souhaiterait davantage faire des liens entre les passages qu'il découvre au fil de ses lectures » (p. 19).