La tradition chrétienne situe un épisode fondateur de la mémoire de l'Église dans une salle voûtée d'ogives qui se trouve dans un bâtiment élevé sur la colline du mont Sion, au sud de la vieille ville de Jérusalem. Bien que les Écritures (qu'il s'agisse des évangiles ou des Actes des Apôtres) donnent peu de précisions sur le lieu, nous pouvons cependant imaginer que l'infini et mystérieuse transsubstantiation1 trouve son origine dans cette salle, transformée pour l'occasion en salle à manger, désignée comme la « Chambre haute » ou le « Cénacle ». C'est au cours de cette ultima cena, dernier repas offert par Jésus à ses Apôtres, qu'il annonce le sacrifice de sa vie, le pain rompu et offert étant son corps même. Jésus Christ nourrit l'esprit, le cœur et l'âme. Dans l'acte de boire et de manger est ainsi posée la question métaphysique de la vie et de la mort, et la signification existentielle de notre humanité est mise en jeu.

Quelle lecture artistique de cette scène est faite ensuite dans l'iconographie chrétienne ? L'art arrive-t-il à en formuler la vibration méditative ? Peut-il prouver par l'image l'universalité de la communion, tout en soulignant la valeur éthique et spirituelle de ce dernier repas ? Pouvons-nous, aujourd'hui encore, nourrir notre foi autour de cette