La congrégation des Auxiliatrices des âmes du purgatoire est née en 1856. Aujourd'hui encore, les Constitutions, promulguées en 1987, annoncent que le but de l'institut est de « se consacrer sans réserve, pour la plus grande gloire de Dieu, à l'œuvre de délivrance que Jésus Christ accomplit en ceux qui, passés par la mort, sont en voie de purification » (Constitutions, n° 12), mais la manière de comprendre leur charisme a largement évolué.

Une histoire complexe

Il ne s'agit pas ici de refaire l'histoire complète du purgatoire dans la tradition catholique. Ce quasi-dogme1, validé par les conciles de Florence au XVe siècle puis de Trente au XVIe siècle, n'a cessé de prêter à des interprétations et surtout des représentations diverses dont trois, au moins, communément admises au XIXe siècle, posent de vrais problèmes théologiques.

La conception souffrante du purgatoire

C'est la compréhension de cette souffrance, volontiers décrite au cours des siècles comme « inimaginable » et que l'on s'ingénie pourtant à imaginer, parfois comme une vraie transposition de l'enfer, qui pose sans doute le plus de problèmes aux consciences modernes. Comment penser un Dieu comme freiné par une justice qui l'obligerait davantage que sa miséricorde ? « Son amour les attire, sa justice les repousse », disait notre fondatrice, la bienheureuse Eugénie Smet (1825-1871). Cette justice rétributive ressemble davantage au système pénitentiaire du Code