Dans son épître, saint Jacques rappelle que le langage que nous utilisons n'est jamais neutre : « Notre langue est une petite partie de notre corps et elle peut se vanter de faire de grandes choses » (Jc 3, 5), car elle détermine l'ensemble de notre existence, dans la sagesse ou dans l'outrance : « Elle nous sert à bénir le Seigneur notre Père, elle nous sert aussi à maudire les hommes, qui sont créés à l'image de Dieu. De la même bouche sortent bénédiction et malédiction » (Jc 3, 9-10a). La parole façonne le cœur et donc influence notre vision du monde.
Avec les nouvelles technologies, de nombreux termes ont fait leur apparition et nous avons tendance à les utiliser en dehors de leur contexte d'origine. Pourtant, ils nous ancrent dans une perception de la réalité qui n'a rien d'innocent. Et c'est ainsi que, surtout dans les jeunes générations, on passe d'un usage technique d'un mot : « Je suis connecté au réseau, je me connecte à ma messagerie et j'entre mes identifiants de connexion »… à un usage élargi : « Je