«Suis-moi », et chaque appelé quitte tout pour le suivre. Mais qui est-il, celui qui donne cet ordre ? Le suivre, mais pour quoi ? Étrange ! « Suis-moi », moi tel que je suis avec tout mon être. Et celui qui répond doit le faire également avec tout ce qu’il est, sans rien ajouter pour la circonstance. Celui qui appelle comme celui qui est appelé se rencontrent avec ce qu’ils ont de plus intime, avec leur coeur. En effet, pour appeler comme pour répondre, il est vital que le fondement soit l’amour, un amour réciproque.

Se remettre en route

Je ne quitte jamais pour rien. Je quitte pour découvrir, me découvrir, afin de refonder ma vie. Subitement, déplacé par le « Suis-moi », nous réalisons que nous ne pouvons nous installer pour toujours en ce monde. Nous sommes invités à nous remettre en route. Or tout départ présuppose une rupture. Il faut rompre avec l’ordre ancien, les choses ne pouvant plus continuer comme avant. Il faut tout laisser, refaire sa vie. Refaire sa vie contient une promesse, la promesse du neuf, du jamais vu, du jamais vécu. Oui, nous refaisons bien notre vie. Mais si nous la refaisons, c’est que nous en avions déjà une. Et c’est précisément cela qui n’est pas facile à expérimenter. Nous avons peur de rompre avec nos habitudes, de connaître une révolution intérieure et extérieure. Pourtant, nous ne connaîtrons la vie que si nous sommes prêts à nous remettre sans cesse en route.
Le climat de notre temps n’incite plus au départ mais au renoncement résigné, à l’apitoiement sur soi-même. Nous avons donc besoin de recevoir le don d’une espérance pour notre temps, qui nous fasse partir vers de nouveaux rivages afin que puissent surgir et s’épanouir de nouvelles possibilités de vie, une imagination nouvelle. Mais il faut pour cela passer de la fermeture à la disponibilité, abandonner les vieilles habitudes et les avoirs anciens.  

Se connaître soi-même

Pourquoi est-il besoin de s’arrêter pour mieux se connaître ?
Simplement parce que le « Suis-moi » qui nous est adressé entraîne vers l’inconnu. Nous laissons tout pour être avec Lui, Jésus, maintenant bien identifié. Mais nous laissons tout sauf nous-même. D’où l’importance de savoir qui nous sommes pour oser recommencer une nouvelle vie, oser la confiance qui s’appuie d’abord sur celle que je me manifeste à moi-même.
Ce « Suis-moi » est une marche qui permettra la réflexion pour répondre oui ou non. De toute façon, personne ne répondra à ma place. Alors, oui, qui suis-je ? Comment répondre si ce n’est en oeuvrant à se connaître soi-même par un parler vrai, à se révéler et être révélé à soi-même ? Est-ce à dire que je ne me connais pas ? Tout de même, je sais bien qui je suis ! Cela fait déjà vingt, quarante ou soixante ans que je suis le compagnon de moi-même ! Ne s’est-il pas installé en moi comme une habitude qui m’a fait côtoyer l’être que je suis san...
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