Au milieu du mois de juillet 2023, le Châtelard accueille ses premières retraites écospirituelles chrétiennes, dans le cadre du tout nouvel écocentre spirituel jésuite inauguré un mois plus tôt1. Au programme cette semaine-là, une session « Exercices spirituels et travail qui relie », une première mondiale qui cherche à tisser des liens entre la démarche ignatienne et celle du travail qui relie, méthode d'écopsychologie développée depuis les années 1980 par la militante écologiste et antinucléaire américaine Joanna Macy. Au deuxième matin de la retraite, après s'être ancrés dans la gratitude, les participants sont invités à « honorer leur peine pour le monde », c'est-à-dire à accueillir les émotions désagréables qui les habitent lorsqu'ils se souviennent d'un lieu de la création ou de leur histoire dévastée par la crise écologique et sociale. En cercle au pied d'un vieux chêne du parc, autour d'une grande croix manifestant la présence du Christ, Agneau de Dieu qui prend sur lui les péchés du monde, les uns et les autres viennent déposer leurs souffrances et leurs angoisses. Blessures personnelles et familiales, épuisement militant ou impuissance face à des décideurs rarement à la hauteur des enjeux, inquiétudes