Lorsque j'ai accepté la demande du Foyer de charité de Roquefort-les-Pins dans les Alpes maritimes, ma seule, mais longue expérience de retraites spirituelles était fondée sur les Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola. C'est à partir de là que j'ai tenté de bâtir une proposition de retraite intégrant le visionnage de films.

J'ai choisi « Vivre » comme thème de ce premier parcours. M'inspirant de la structure en quatre semaines des Exercices, j'ai retenu un film permettant d'ouvrir notre regard sur la vie qui nous est donnée. Puis un autre pour prendre la mesure du mal qui empêche la vie. Le troisième jour, un film nous mettait en présence d'une figure christique. Et ainsi pour Passion et Résurrection.

C'était peut-être artificiel mais cela me rassurait et j'ai ainsi tenté une première expérience. Les retraitants (très divers en âges et en conditions, comme dans tout Foyer de charité) y ont trouvé du fruit. Depuis, chaque année, une retraite a été programmée avec un thème différent. Et d'autres centres spirituels ont fait à leur tour cette proposition. Elle a été aussi modulée en week-ends. Cela représente sans doute une petite centaine d'expériences.

Ignace, metteur en scène

Ce qui m'a fait accepter de tenter l'aventure d'une « retraite cinéma », c'est l'importance qu'Ignace accorde dans le livret des Exercices spirituels (ES) à la composition de lieu, à la mise en action des personnages, à l'application des sens pour aller à la rencontre de Dieu.

Dans le livret des Exercices, Ignace agit comme un metteur en scène. Il propose