La mort fait peur. Elle nous trouve si souvent démunis devant la souffrance et l'incompréhensible qui l'accompagnent que nous sommes parfois tentés de la provoquer. Engagés dans leurs vocations de pasteur, deux prêtres diocésains convoquent tous deux dans leur ouvrage les croyants à revisiter les trésors de leur foi. Ils le font à travers une certaine culture de morale chrétienne, mais sans esquiver les grandes questions comme celle de l'enfer, du diable ou du mal. Le témoignage de quelques grands saints complète leurs propos, pour aider à reconnaître en Dieu celui qui est « venu pour chercher et sauver ce qui était perdu » et vivre en confiance le moment ultime de toute vie.
Avec le père Thierry de Lesquen, oser reconnaître au quotidien nos petites morts – en accueillant, par exemple, toujours mieux le moment d'entrer dans le sommeil – comme préparation au grand passage produit un fruit de paix et de liberté. L'attente du ciel devient profonde motivation pour vivre intensément les richesses de ce temps-ci dans l'ouverture, l'attention aux autres et le service, comme Jésus lui-même les a vécus et comme nous sommes appelés à les vivre à son image dans l'éternité. En référence au Catéchisme de l'Église catholique, en mobilisant surtout son expérience et sa méditation auprès des mourants, de leurs proches ou des personnes en situation de handicap, l'auteur nous remet dans la familiarité avec Celui qui nous attend.
Le père Gaultier de Chaillé aborde la mort par sa dimension corporelle ou charnelle, à l'image de ce corps que le Christ a livré aux mains des hommes et que ses disciples ont reconnu ressuscité. Dans une approche plus théologique, nous sommes conduits, avec de belles intuitions et des pépites de foi, à nous émerveiller de notre nature, à partager un amour passionné de notre corps, à en vivre dès ici-bas les plaisirs et les joies, sans culpabilité et sans désordre, et à rejoindre ainsi toute souffrance en vérité. Ceux qui ont eu à accompagner des personnes en extrême dénuement physique et mental seront rejoints.
Chacun des auteurs commence son propos avec le cri de Job : « Je sais, moi, que mon Défenseur est vivant ; que lui, le dernier, se lèvera sur la poussière. Après mon éveil, il me dressera près de lui et, de ma chair, je verrai Dieu » (Jb 19, 25-26). Cette force de foi en la volonté de Dieu que tout homme soit sauvé pourrait s'appuyer plus résolument sur l'expérience tellement impliquante, renouvelante et inouïe du pardon. Ce sera au lecteur, à travers tous les encouragements reçus dans ces pages, de se laisser rejoindre et transformer.