Il peut être tentant, pour un chrétien, de mettre sur le compte de la sécularisation de la société les maux qui semblent s'y multiplier, de la désinhibition de la violence ordinaire à la crise climatique en passant par la légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté. Cette tentation est d'autant plus forte que la Bible elle-même, à travers les prophètes, n'a cessé d'avertir les Hébreux des malheurs qu'ils encouraient à se détourner de Dieu, par exemple : « Si vous consentez à m'obéir, les bonnes choses du pays, vous les mangerez ; mais si vous refusez, si vous vous obstinez, c'est l'épée qui vous mangera. – Oui, la bouche du Seigneur a parlé » (Is 1, 19-20). Est-ce à dire que le monde deviendrait mécaniquement meilleur si le politique se soumettait sans réserve aux préceptes de l'Évangile ?

On peut, bien sûr, balayer cette option d'un revers de la main parce qu'on la juge trop radicale ou fondamentaliste. Mais il me semble plus fécond d'essayer d'y répondre par une réflexion plus poussée qui, dépassant un manichéisme implicite, met en lumière les liens étroits qui unissent la cité de Dieu et la cité de la terre, sans qu'il y ait entre elles « ni fusion ni confusion ».

Citoyen du Ciel et de la terre

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