La liturgie est une réalité paradoxale. Elle est bien souvent la manifestation la plus obvie de la division qui empêche la communion. Tout au long de l'histoire, elle a été le lieu d'affrontements parfois violents dans la mesure où l'identité rituelle est une dimension vitale des personnes et des groupes. Le pape François soulignait qu'il y a là une blessure pour l'Église : « La prière sacerdotale de Jésus à la dernière Cène pour que tous soient un (Jn 17, 21), juge toutes nos divisions autour du Pain rompu, sacrement de piété, signe d'unité, lien de charité1. »

De plus, parce que la liturgie est une affaire qui concerne le peuple tout entier, les aspects sociaux et culturels, mais également politiques et même économiques viennent s'y mêler. Il ne faut donc pas s'étonner que s'y manifestent des conflits. Mais il convient immédiatement de relever que ces querelles liturgiques cachent des conflits plus profonds qui s'enracinent dans ces aspects non liturgiques.

Toutefois, et en même temps, il faut souligner que la liturgie est par excellence le lieu de l'union des cœurs en tant qu'elle fait participer au mystère trinitaire. La doxologie – « par Jésus Christ notre Seigneur qui vit et règne avec Toi, Père, dans l'unité du Saint Esprit » – est une expression particulièrement limpide et également un acte qui « fait ce qu'il dit » et qui donc réalise l'union des fidèles avec la Trinité et entre eux. En d'autres termes, parce qu'elle réalise le don de l'Esprit saint qui, pour chacun,