J'ai vu qu'« au lieu établi pour juger entre les hommes est toujours établie la méchanceté ; et au lieu établi pour proclamer la justice, il y a la méchanceté ! » (Livre de l'Ecclésiaste ou Qohélet 3, 16). En une phrase, l'Ecclésiaste décrit le dilemme qui traverse le cœur des chrétiens épris de la chose publique : comment s'engager dans la vie partisane lorsque celle-ci donne si souvent pour spectacle les passions humaines les plus basses ? Très concrètement, comment trouver un seul parti dans lequel se reconnaître pleinement, sans tiraillement ou cas de conscience ? Nombreux sommes-nous qui, écœurés par la domination des intérêts économiques, décidons de nous tourner vers l'engagement associatif. Ce secteur marqué par l'absence de compensation lucrative éloignerait, un tant soit peu, les arrivistes. Le monde associatif serait-il une terre plus fertile que le monde politique pour voir germer le royaume de Dieu ? Cependant, toute communauté a besoin de s'organiser, de se donner des lois. Ainsi, s'abstenir de la lutte partisane, n'est-ce pas aussi prendre le risque d'abandonner nos institutions aux intérêts des puissants ? Comment le chrétien peut-il alors contribuer à la vie politique, sans être corrompu par le pouvoir lui-même ? Je voudrais