Depuis l'ouverture du Synode sur la synodalité, en octobre 2021, une expression est devenue familière à des millions de catholiques partout dans le monde : la « conversation dans l'Esprit ». Choisie par le pape François comme mode de travail des assemblées synodales de 2023 et 2024, cette pratique n'est pourtant pas une invention de circonstance. Elle puise à des sources anciennes et diverses, avant d'être remise en lumière par la démarche synodale dont elle est le premier et plus grand fruit.

Elle n'a pas été inventée pour le Synode, mais identifiée par la commission pour la méthodologie du Synode 2021-2024 qui s'est mise à l'écoute des bonnes pratiques déjà expérimentées sur le terrain pour des démarches synodales. Elle fut ainsi proposée dès le vademecum de 2021, pour la phase de consultation locale, puis affinée au fil du processus. Le document de travail pour l'étape continentale, en 2022, en parlait encore comme d'une « conversation spirituelle », soulignant qu'elle avait permis à beaucoup de « jeter un regard honnête sur la réalité de la vie de l'Église et d'appeler les lumières et les ombres par leur nom ». Le premier instrumentum laboris de 2023 lui consacre une section entière, notant qu'à travers tous les continents s'est manifestée la reconnaissance de sa fécondité, décrite dans les documents finaux des assemblées continentales comme un véritable « moment de Pentecôte ». Elle est devenue le mode de travail effectif des deux assemblées synodales de Rome, en