La dévotion au Cœur de Jésus, issue de la contemplation de son côté ouvert, remonte aux temps évangéliques. Elle s'est pratiquée dans le cercle des ordres religieux jusqu'au début du XVIIe siècle. À ce moment, François de Sales dans ses écrits spirituels, Jean Eudes avec la rédaction de liturgies en l'honneur du Cœur de Marie et du Cœur de Jésus, et les révélations du Christ à Marguerite-Marie Alacoque dans la deuxième partie du siècle ont ouvert cette dévotion au monde entier. Les encycliques de Léon XIII (Annum Sacrum, 1899), de Pie XI (Miserentissimus Redemptor, 1928) et de Pie XII (Haurietis Aquas, 1956), ainsi que la généralisation de la fête du Sacré-Cœur en 1856 à toute l'Église, devenue solennité en 1929, en lien avec la fête du Saint-Sacrement, ont accompagné son développement mondial. Cette dévotion s'est exprimée par les pratiques du premier vendredi du mois, de l'heure sainte, de la garde d'honneur et de bien d'autres manifestations pieuses.
L'Apostolat de la prière a surgi mystérieusement dans cet élan religieux. Le 3 décembre 1844, en la fête de saint François-Xavier, lors de son homélie, le père François-Xavier Gautrelet a éclairé les étudiants jésuites impatients de partir en missions lointaines, sur un aspect essentiel de la mission : « La distance ne fera pas de vous des missionnaires mais vous pouvez l'être dès à présent par l'offrande de votre vie d'étude à cette intention », a-t-il dit en