La liturgie baptismale fait entendre au néophyte, encore tout mouillé de la triple aspersion d'eau qu'il a reçue (ou de la triple immersion) : « Désormais, tu fais partie du peuple de Dieu, tu es membre du corps du Christ, et tu participes à sa dignité de prêtre, de prophète et de roi. » C'est le concile Vatican II énonce cette triple vocation de prêtre, de prophète et de roi quand il affirme : « Par le baptême, en effet, nous sommes rendus semblables au Christ […]. Par ce rite sacré est signifiée et réalisée l'union avec la mort et la résurrection du Christ. »

Une histoire à partir de son point d'arrivée

La constitution dogmatique Lumen gentium (LG) revient ensuite, au paragraphe 35, sur cette mission prophétique. Elle se caractérise d'abord par un certain rapport au temps : le prophète se réfère à ce qui nous est promis au terme de l'histoire, quand nous serons tous réunis à Dieu, vivant de sa vie même. Le Concile écrit, à propos des fidèles, en se rapportant à Romains 8, 25, qu'« ils attendent avec constance la gloire à venir » (LG 35a). La vocation prophétique des baptisés fait de cette promesse leur enracinement premier, avant même leur milieu social, leur lieu de naissance ou leurs responsabilités dans la cité ou le monde de l'économie ; d'où cette belle