Jac ques Haers s.j. Théologien, Université Catholique de Leuven et Centre Universitaire Saint-Ignace, Anvers. A publié : Vivre les vœux aux frontières (Lessius, 2006). Article inédit. Grœnland © Gueorgui Pinkhassov / Magnum Photos.

Les publications du GIEC 1, ainsi que deux prochaines rencontres internationales, RIO+20 en juin 2012 2 et COP18 quelques mois plus tard 3, nous rappellent le sérieux d’une crise menaçante au point de mettre en péril la vie même sur notre planète terre. Il y a en effet urgence à prendre conscience des grands changements climatiques à venir et des défis incontournables en terme de développement durable que devra relever l’espèce humaine 4.
1. Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (http://www.ipcc.ch/).
2. RIO+20 : United Nations Conference on Sustainable Development, 20-22 juin 2012, à Rio de Janeiro (http://www.uncsd2012.org/rio20/index.html).
3. La conférence sur le changement climatique aura lieu du 26 novembre au 6 décembre 2012 à Qatar. Les conférences précédentes ont eu lieu à Copenhague en 2009, à Cancún en 2010 et à Durban en 2011.
4. Pour une introduction accessible, voir Robert Henson, The Rough Guide to Climate Change : The Symptoms, The Science, The Solutions (Rough Guides, 2011).
 
Les arguments éco-sceptiques
Arrêtons-nous sur certaines positions dites « éco-sceptiques » : elles nous confrontent à des attitudes d’angoisse et de déni caractéristiques de nos réactions face aux crises qui nous déracinent. Un certain nombre de questions peuvent nous troubler, mais elles nous donneront aussi la possibilité de concevoir une attitude plus constructive en réarticulant notre théologie de la création :
• Cette crise forme un ensemble de crises très complexes. Les changements climatiques, l’abus des ressources naturelles et énergétiques, le déclin rapide de la biodiversité sont liés aux défis de la gouvernance mondiale du développement durable et de la lutte contre les multiples pauvretés, ainsi qu’aux insécurités économiques, financières et militaires. La vue d’ensemble pour comprendre cette méga-crise ne nous échappe-t-elle pas ?
• Grâce aux très grandes avancées scientifiques et à une collaboration interdisciplinaire de plus en plus poussée, comme en témoigne le travail du GIEC, les scientifiques sont de plus en plus d’accord pour affirmer que le réchauffement climatique est dû en grande partie à l’activité humaine. Certes, quand il s’agit de prévoir les effets et les conséquences de ce réchauffement, les sciences ne nous donnent pas de certitude absolue : elles débouchent sur une grande fourchette d’avenirs possibles. Dans le même temps, les scientifiques sont quasi unanimes pour conseiller des mesures de prudence et encourager des changeme...

La lecture de cet article est réservée aux abonnés.