Le Passeur, 2020, 304 p., 20,90 €.

La crise socioécologique planétaire, dans laquelle nous sommes pris, conduit à « l'effondrement » de la planète et de tous ses habitants. Notre monde ne sera bientôt plus habitable. Cela suscite une grande diversité de pistes de réponse. Enjeu crucial pour l'humanité aujourd'hui : choisir la bonne piste. Le chemin singulier ici présenté, une « révolution spirituelle », mérite d'être considéré. Le véritable enjeu de fond selon William Clapier est de ne plus avoir une « conscience humaine anesthésiée » par la culture technocapitaliste de l'avidité et la cupidité. Pour cela, le lieu intérieur en chacun où se forgent pensées, idéaux et mentalités doit être réensemencé. Il s'agit de reconsidérer notre lien spirituel avec le vivant, d'entrer en contemplation, en écoutant la nature dans sa complexité, en coopérant avec elle. La contemplation, comme point d'appui archimédique, est l'incontournable fondement avant tout autre démarche pour œuvrer à la mutation socioécologique. Après cette entrée en matière, l'auteur décline alors sa proposition en prenant en compte la complexité de chaque personne et de l'humanité entière. Prise d'appui sur une anthropologie compatible avec la foi chrétienne mais ouverte aux autres sagesses, dans une démarche de « noodiversité » (en esprit de dialogue). Approche différenciée selon les âges (enfant ou adulte) pour entrer en contemplation. Élaboration d'un système de valeurs pour guider le déploiement de cette manière de se situer dans le tissu social de l'humanité. Ce système repose sur quatre vertus écohumanistes : l'amour-compassion, l'entraide-solidarité, la justice-partage et la mesure-sobriété. Une autre action primordiale est requise, en plus de la contemplation : l'engagement dans toute la rigueur d'un pacifisme insurrectionnel et communicatif. Le propos est clair, la documentation riche et actuelle.