Dans les préparations au mariage chrétien, il n'est plus rare que des couples expriment des doutes sur leur désir d'enfant. Les statistiques sur la baisse inédite de la natalité en France prennent alors un visage qui étonne, voire inquiète, ceux (plus âgés) qui les accompagnent dans ces circonstances particulières. L'équipe du secteur « Couple et famille » du Centre Manrèse, à Clamart1, et la rédaction de Christus ont souhaité se mettre à l'écoute de jeunes adultes (un couple et leur bébé de neuf mois, deux célibataires et deux jeunes qui commencent une relation) le temps d'une soirée d'échanges dans un lieu dont ces jeunes gens sont familiers, la maison Magis, à Paris2. Cet article rend compte, sans prétendre généraliser à toute une génération, de la façon dont la question du désir d'enfant travaille ces jeunes chrétiens proches de la spiritualité ignatienne.
C'est un lieu commun : dans notre monde que l'on dit « fluide », les repères disparaissent les uns après les autres, et chacun est renvoyé à son propre système de valeurs. Chacun doit se positionner personnellement sur des questions qui relevaient auparavant de l'évidence. Il allait ainsi de soi que la fécondité du couple passait par l'accueil de bébé(s), ne serait-ce que parce que la science ne permettait pas, comme