« 27 […] En ce temps-là, Dieu se comportait avec lui de la même manière qu'un maître d'école se comporte avec un enfant : il l'enseignait. Que cela fût à cause de sa rudesse et de son esprit grossier, ou parce qu'il n'avait personne pour l'enseigner, ou à cause de la ferme volonté que Dieu même lui avait donnée de le servir : il jugeait clairement et a toujours jugé que Dieu le traitait de cette manière. Bien plus, s'il en doutait, il penserait offenser sa Divine Majesté. On peut voir quelque chose de cela dans les cinq points suivants.
28 Premièrement. Il avait beaucoup de dévotion à la Très Sainte Trinité ; et ainsi faisait-il chaque jour oraison aux trois Personnes séparément. Et comme il en faisait aussi à la Très Sainte Trinité, une pensée lui venait : comment faisait-il quatre oraisons à la Trinité ? Mais cette pensée ne le travaillait que peu ou pas du tout, comme étant une chose de peu d'importance. Et un jour que, sur les marches du même monastère, il était en train de dire les heures de Notre-Dame, son entendement commença à s'élever, comme s'il voyait la Très Sainte Trinité sous la figure de trois touches, et cela avec tant de larmes et tant de sanglots qu'il ne pouvait se dominer. Et tandis qu'il suivait ce matin-là une procession qui sortait du monastère, il ne put à aucun moment retenir ses larmes jusqu'au repas. Et après le repas, il ne pouvait s'arrêter de parler de la Très Sainte Trinité, et cela à l'aide de comparaisons nombreuses et très diverses, avec beaucoup de joie et de consolation. Si bien que pendant toute sa vie est resté imprimé en lui le fait de sentir une grande dévotion quand il fait oraison à la Très Sainte Trinité.
29 Deuxièmement. Une fois se représenta à son entendement, avec une grande allégresse spirituelle, la manière dont Dieu avait créé le monde : il lui semblait voir une chose blanche, d'où sortaient quelques