Le jésuite slovène Marko Ivan Rupnik est mondialement connu. Grâce à lui, à Lourdes, Fatima ou Rome, on célèbre les retrouvailles du peuple chrétien avec l’art antique des mosaïques. Mais qu’y at- il de commun entre ces oeuvres monumentales et magnifiques et ce petit livre sur… l’examen de conscience ? Dans les deux cas, il s’agira de se laisser attirer par la beauté du Mystère. L’examen, telle une mosaïque de la journée, offrira de « se contempler soi-même avec les yeux de Dieu. […] La mémoire spirituelle met devant nos yeux intérieurs […] ce qui dans la Pâque du Christ a déjà été réalisé pour chacun de nous ». Dans l’examen, « l’Esprit fait en sorte que l’homme se souvienne de ce qu’il est en train de devenir, de ce qu’il est appelé à être ». La partie la plus importante du livre propose de fonder théologiquement l’examen. En cinquante pages assez denses, dans un style manquant parfois de légèreté, l’auteur nous présente un traité anthropologique inspiré de saint Augustin et des Pères d’Orient, où se coulent les notions de « mémoire », « sagesse », « charité » et « personne », dans une vision tout à la fois trinitaire et ecclésiale. Quel bonheur de lire, au passage, trois pages lumineuses sur l’examen particulier (exercice rarement commenté) ou sur le don de la « charité discrète », chère aux ignatiens et exprimée ici avec les mots de l’Orient !
Avant d’ouvrir cet ouvrage, on pouvait se douter que, derrière le mosaïste, se cachait un maître spirituel. Après l’avoir lu, une conviction affleure : ces pages pourraient non seulement être lues, mais bel et bien priées.
 
Nicolas Rousselot
 

 

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