Intense. La nuit à l'hôpital est intense. Non pas de cette intensité bruyante et agitée du jour, qui disparaît avec lui. D'une intensité diffuse qui traverse même le jour.

La nuit à l'hôpital est comme la peur : elle déplace notre imagination dans des zones parfois effrayantes et elle maintient tous nos sens en alerte. Elle convoque la possibilité de la mort mais elle nous garde du côté de la vie.

Dans le langage courant, dire : « C'est le jour et la nuit », c'est opposer, distinguer, marquer une différence irréconciliable. Le jour et la nuit à l'hôpital n'échappent pas à cette dichotomie. Ce sont deux mondes bien distincts. Sauf quelques exceptions, les équipes soignantes sont des équipes « de jour » ou des équipes « de nuit ». Dans les grandes structures, il est même commun d'avoir un cadre, gestionnaire des équipes soignantes pour chaque roulement, un de jour et un de nuit.

En tant qu'aide-soignante ou infirmière, c'est même un choix que l'on doit poser dès le début : travailler de jour ou de nuit. C'est un choix structurant. Et les raisons qui