Péché

LA MÉDIATION DU SERVITEUR
CHRISTUS N°228
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Yves SIMOENS
Traiter de la médiation dans la Bible entretient l’embarras du choix. De nombreux textes se proposent à l’attention en ce sens dans la Bible hébraïque et grecque comme dans le Nouveau Testament. L’Écriture Sainte elle-même ne se présente-t-elle pas comme un univers de médiation entre Dieu et les humains, hommes et femmes, entre le Seigneur et son peuple Israël en vue de tous les peuples ? Elle tisse les fils polychromes de l’alliance dans la Torah, les Sages et les Prophètes. L’alliance à son tour culmine pour le croyant chrétien en l’unique médiation du Christ, « médiateur d’une alliance nouvelle », en vertu de son « sang purificateur plus éloquent que celui d’Abel » (He 9,16 et 12,24). Le récit du premier fratricide pourrait très bien se prêter à une lecture du jeu des médiations nécessaires pour que triomphe l’amour sur la haine, la vie sur la mort. La Genèse regorge de situations humaines où la bénédiction de Dieu se fraie un chemin tortueux à travers les ruses des humains dans le cycle des patriarches. Les livres historiques servent la même cause en racontant les vicissitudes de la royauté jusqu’à sa disparition avec l’exil. Qu’est-ce que la Sagesse sinon la médiation qui pe...
Mots clés : Bible Croix Passion Péché Réconciliation (confession) Sagesse Salut Souffrance Conversion
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LE SACREMENT DE RÉCONCILIATION
CHRISTUS N°228
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Michel RONDET
Quand nous disons aujourd’hui : « Je vais me confesser », le geste que nous accomplissons n’a qu’un rapport lointain avec ce que l’Église a accueilli de l’Esprit et institué au second siècle. Les premiers siècles   La réconciliation des pénitents, telle qu’elle fut instituée et vécue n’était pas destinée à régler des problèmes personnels de culpabilité. Il s’agissait de l’Église, de son unité et de l’authenticité de son témoignage. La rémission des péchés était le fruit du baptême qui avait arraché le fidèle à un monde mauvais pour en faire le membre d’un peuple saint racheté par la mort du Christ et vivant désormais de sa vie. Cette grâce baptismale accompagnait le nouveau converti qui, sans cesser de se reconnaître pécheur, se savait inclus dans le pardon de Dieu et pouvait réciter en toute confiance la prière de Jésus : « Pardonne-nous nos offenses… » La situation change quand, au cours des grandes persécutions, des fidèles apostasient publiquement leur foi. Ils ont renié leur baptême et se sont eux-mêmes exclus de la communauté chrétienne. Le danger passé, certains reviennent e...
Mots clés : Catholicisme Doctrine Eglise Pardon Péché Réconciliation (confession) Sacrement
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DIALOGUER EN ENTREPRISE
CHRISTUS N°222
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Dominique Hiesse
L’épisode de la femme adultère (Jn 8,3-9) m’a beaucoup inspiré sur la conduite à tenir à chaque fois que j’avais le sentiment d’être pris en tenaille par mes associés ou collaborateurs devant une décision difficile. Jésus prend le temps de se laisser inspirer par l’Esprit pour sortir du piège tendu par les garants de la Loi et trouver « les mots justes » qui renvoient chacun à sa liberté et à sa responsabilité, qui libèrent des espaces et ouvrent des marges de manoeuvre là où c’était clos. Ces « mots justes » existent toujours. Il faut les chercher, les trouver, les inventer avec l’aide de l’Esprit… comme Jésus nous le montre ici. Or c’est bien par la médiation des autres, dans le dialogue et le débat, que j’ai senti le plus souvent l’Esprit agir, et non pas par « hot line » ou « téléphone rouge ». C’est bien ainsi qu’il m’a éclairé pour m’ouvrir des voies nouvelles ou me faire adopter des comportements plus dignes de l’humain.   Le respect mutuel D’abord, j’ai vite pris en compte que seul, je n’étais pas grand-chose, pas au meilleur de moi-même et qu’il en était également ainsi pour les autres...
Mots clés : Humanisme Justice Loi Péché Travail Vanité Temps
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SOUFFLE DE LA MÉMOIRE, GRÂCE DE L’OUBLI
CHRISTUS N°219
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Sylvie GERMAIN
«Il faut éteindre la démesure plus encore que l’incendie. » Cette pensée d’Héraclite, qui souligne la nécessité de la modération et de la pondération, garantes de l’harmonie du monde et des sociétés humaines, peut s’appliquer au couple « mémoire et oubli » – un couple antagoniste qui, comme toutes les forces contraires en jeu dans la nature et dans l’homme, n’est dynamique qu’au prix d’un subtil dosage de ces énergies et d’une répartition en souplesse de leurs rôles. La « démesure » qui brise l’équilibre entre la mémoire et l’oubli n’est pas toujours évidente, elle advient parfois de façon paradoxale, par retournement, par négligence, par usure, par orgueil ou par honte, ou encore, plus gravement, au fil d’un long et pervers travail de sape ourdi par une volonté de trafiquer la mémoire de tel ou tel événement. Le risque d’hypermnésie Quand la mémoire se dilate, récoltant et conservant tout ce qui advient, amoncelant en vrac les souvenirs, elle s’asphyxie. Saturée de « données », elle ne parvient plus à les examiner, à les évaluer et à les trier en conséquence ; l’hypermnésie ne pen...
Mots clés : Art (cinéma, peinture, sculpture) Ascèse Foi Grâce Mémoire Péché
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THÉRÈSE DE LISIEUX : ENFANTINE OU INFANTILE ?
CHRISTUS N°217
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François Marxer
Ouvrons les Cahiers de Simone Weil : « C’est par la force et la fixité du désir que nous devons devenir des enfants. Un enfant tend les mains et tout le corps vers ce qui brille, fût-ce la lune. Un enfant crie avec sa voix et tout son corps, inlassablement, pour demander du lait ou du pain, s’il a faim. Les adultes s’attendrissent et sourient, mais lui est totalement sérieux. Tout son corps et toute son âme sont uniquement occupés à désirer. Rien n’est moins puéril qu’un petit enfant. Les adultes qui jouent avec lui sont puérils. (Je crains bien que la petite Thérèse de Lisieux n’ait ressemblé plus souvent à un tel adulte qu’à un petit enfant) » 1.Constat accablant dont je voudrais bien exonérer Thérèse, mais les experts le confirment cruellement quand ils se penchent sur les déboires d’une enfance maladive, réputée névrotique, et plus encore sur les dernières semaines de cette carmélite de vingt-quatre ans qui va mourir – et elle le sait – et qui, en ces heures graves, se dépense en billevesées gamines : la voilà qui parle « bébé », de « lolo » et de « dodo » ! la voilà qui patoise, qui infantilise ! Perspicace, Claude Langlois aura remarqué que ce p...
Mots clés : Amour Charité Combat spirituel Eglise Enfant Miséricorde Mystique Péché Sainte Thérèse de Lisieux Spiritualité monastique
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LE PARDON ET LE SENTIMENT DE CULPABILITÉ
CHRISTUS N°216
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Denis Vasse
Il est difficile de parler du pardon. Car il ne s’argumente pas. Je veux dire qu’il ne se déduit d’aucun raisonnement logique. Il n’a aucune raison. Si le pardon obéit à l’amour, il n’implique jamais pour autant l’abolition de la loi et de la justice 1. Au contraire, si les bras qui s’ouvrent pour nous accueillir à nouveau sur le chemin du droit et de la justice sont ceux de l’Amour, c’est afin de nous remettre à l’école de la vérité de la vie là où nous avons été entraînés dans les sinuosités du mensonge et de la mort.   Le sentiment de culpabilité Entraîné dans cette voie, l’homme va jusqu’à croire qu’il est l’auteur, voire l’origine de l’amour. Comme il le dit, il se « construit » lui-même une vie ou il « fait » l’amour pour s’assurer de « sa » puissance. S’il n’a plus ce sentiment de puissance, voire de toute-puissance, il se sent abandonné et douloureusement incapable d’aimer. Lorsqu’il n’est plus sous l’emprise plus ou moins consciente de sa volonté propre, il se sent impuissant à se donner. Sauf à faire semblant, bien sûr. Mais alors, plus il éprouve cette impuissance avec force, plus il ali&egrave...
Mots clés : Amour Culpabilité Discernement Faute Mensonge Pardon Parole de Dieu Parole d’homme Péché Psychologie Vérité
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UNE MANIÈRE IGNATIENNE DE PORTER L’ÉVANGILE
CHRISTUS N°213
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Étienne GRIEU
  Y aurait-il une manière ignatienne de porter l’Évangile ? Quelles promesses ce style pourrait-il receler ? S’il vaut la peine de s’interroger à ce sujet, c’est que depuis quelques décennies, les Églises explorent les voies d’une « nouvelle évangélisation ». La tradition ignatienne a-t-elle, dans ce concert, une note spécifique à faire entendre ?   Une note originale Au cours de l’histoire, bien des façons d’annoncer l’Évangile ont été mises en oeuvre, en fonction des époques et des contextes. On pourrait citer, par exemple, la prédication au tout-venant (les Actes montrent Paul haranguer les foules ; au XIIIe siècle, les ordres mendiants remettront cette forme à l’honneur), à distinguer de l’enseignement adressé à la communauté, qui vise à ce que celle-ci, affermie dans sa foi, diffuse à son tour l’Évangile (les lettres de Paul en sont de beaux exemples, comme les textes des Pères de l’Église). À ces deux formes les plus évidentes, on doit ajouter encore une autre : un exposé de la foi systématique qui articule différents arguments et montre la force de la proposition chrétienne lorsqu’elle rencontre les objections. À côté de c...
Mots clés : Combat spirituel Eglise Exercices spirituels Expérience spirituelle Liberté Parole d’homme Péché Spiritualité ignatienne Conversion
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UN DIAGNOSTIC SPIRITUEL
CHRISTUS N°212
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Jean-Marie Petitclerc
La montée du terrorisme, dont la stratégie est fondée sur la diffusion de la peur, marque dans notre monde le début de ce nouveau siècle, et chaque jour qui passe possède son lot d’attentats, provoquant la mort dramatique de victimes innocentes. La société française n’échappe pas à cette montée de la violence. Les événements qui ont secoué en novembre dernier les quartiers sensibles de nos grandes agglomérations urbaines ont marqué les esprits. Et notre société a de plus en plus tendance à se recroqueviller, engluée dans ses peurs. Ce phénomène de repli sur son groupe d’appartenance, que l’on nomme « communautarisme », se développe, et le risque de morcellement devient important. Que de discours tenus depuis 1995 sur le thème de la fracture sociale ! Mais reconnaissons qu’à l’heure où s’ouvre une nouvelle campagne présidentielle les choses n’ont guère avancé et la ghettoïsation, des quartiers très pauvres comme des quartiers très riches, va s’accroissant. La peur, pour reprendre la définition du Petit Robert, c’est ce « phénomène psychologique, au caractère affectif marqué, qui accompagne la prise de conscience d’un danger r&eacu...
Mots clés : Crainte Discernement Mal Péché Pédagogie Psychologie Réalité Temps Connaissance
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LES TROIS COURAGES DES APÔTRES PIERRE ET PAUL
CHRISTUS N°212
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Daniel Marguerat
Les Actes des apôtres sont souvent lus, et appréciés, comme l’épopée triomphale de l’Évangile aux origines de l’Église. Les chiffres fabuleux de croissance de l’Église de Jérusalem font rêver : cent vingt personnes, puis trois mille, puis cinq mille (1,15 ; 2,41 ; 4,4). On se souvient de Pierre parlant à la foule après l’événement de la Pentecôte et attirant la faveur du peuple de Jérusalem (ch. 2). On voit la stature de Paul, grand prédicateur, baroudeur de l’Évangile, autant à l’aise pour prononcer l’homélie à la synagogue d’Antioche de Pisidie (ch. 13) que pour s’adresser en plein air, sur l’aréopage, à l’intelligentsia philosophique d’Athènes (ch. 17). Prêcheurs, harangueurs de foule, guérisseurs, Pierre et Paul dominent la narration des Actes comme deux figures hiératiques. Des témoins sans peur ? Non. Le livre des Actes nous les montre affrontant trois peurs : la peur de l’échec, la peur de décevoir et la peur du conflit. La peur de l’échec apparaît au fil d’un épisode scabreux, sur lequel lecteurs et lectrices des Actes glissent pour aller vers des scènes plus édifiantes. L’épisode n’est pas anodin, puisqu’il...
Mots clés : Courage Esprit Evénement Liberté Mensonge Péché
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LES PROPHÈTES CONTRE LE MENSONGE
CHRISTUS N°204
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Jacques TRUBLET
La Bible est ponctuée de scènes de mensonge. Mensonge pour usurper un bien : Jacob trompe son père Isaac qui est aveugle pour obtenir la bénédiction qui revenait de droit à Esaü ; mensonge pour échapper au danger : Abraham, au moment de passer en Égypte, pressentant que la beauté de Sara risque de lui attirer des ennuis, dit qu'elle est sa sœur — ce qui est vrai — mais pas qu'elle est aussi sa femme ; mensonge pour masquer un crime : les frères de Joseph rapportent sa tunique ensanglantée et disent à Jacob qu'une bête féroce a dévoré leur frère ; mensonge enfin pour induire quelqu'un en erreur : le serpent travestit la parole que Dieu avait adressée à Adam et Ève, ou Satan tente Jésus au désert en empruntant les paroles du Deutéronome. Mais il est des situations où les lumières de l'intelligence sont inopérantes, car le mensonge revêt des formes très subtiles, qu'on ne peut dépister qu'illuminé et fortifié par l'Esprit de Dieu. Parmi beaucoup d'autres, nous en avons retenu trois formes qui nous apparaissent comme très significatives de l'intervention prophétique. Des situations inextricables On peut subir ou créer une situation inextricable, pleine de confusion, où personne ne sait ce qu'il convient de...
Mots clés : Courage Discernement Foi Mensonge Parole de Dieu Parole d’homme Péché Politique Prophète Vérité
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MALAISE DANS LA CONFESSION
CHRISTUS N°204
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Robert Scholtus
Le sacrement de pénitence n'est pas au meilleur de sa forme, on en conviendra. Faut-il en conclure qu'il suffirait d'en changer la forme, d'en renouveler la mise en œuvre liturgique, pour qu'il retrouve la faveur des catholiques ? C'est ce qu'a pu laisser croire un moment la nouvelle pratique de ce qu'on a appelé les « célébrations pénitentielles avec absolution collective ». Le Rituel adopté il y a trente ans indiquait qu'« il est permis d'absoudre sacramentellement de façon collective des fidèles qui se sont confessés seulement de façon générale, mais qui ont été exhortés au repentir, s'il survient une grave nécessité, c'est-à-dire lorsque, vu le nombre des pénitents, il n'y a pas suffisamment de confesseurs à leur disposition pour entendre comme il le faut la confession de chacun dans les limites de temps convenables ». La conjoncture supposée par ces nouvelles dispositions (trop de pénitents, pas assez de confesseurs) ne correspondait guère à la situation de l'Église de France. Certes, on s'inquiétait déjà de la diminution du nombre des prêtres, mais il fallait bien se rendre à l'évidence : la foule des pénitents qui, autrefois, aurait pu éventuellement justifier le recours à l'absolution collective, &eac...
Mots clés : Culpabilité Eglise Foi Jésus-Christ Justice Loi Mal Pardon Péché Politique Réconciliation (confession) Sacrement
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LA FOI EN LA PROMESSE
CHRISTUS N°193
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Denis Vasse
Seul le Vivant peut promettre la Vie aux vivants. Ce Vivant est l'Amour. L'Amour est le don de la Vie en acte. En lui se réalise originairement la communion des vivants dans la Vie qu'ils reçoivent. La promesse assure de la réalisation à venir d'une vie donnée à l'origine Se fier à la promesse de l'Amour, c'est croire en celui qui me l'a déjà donnée II est Dieu. Vivre pour Dieu, c'est être le Verbe qui se fait chair. Celui en qui se conjugue le Verbe et la Vie est le Père de tous les vivants qui se révèle dans la chair de son Fils. La promesse est la parole qui soutient la vie de la chair dans le temps, où elle fait l'expérience du mensonge et de la mort. Elle autorise l'homme à croire que ce qu'il ne peut accomplir, quand bien même il le voudrait, se réalisera grâce au désir qui l'habite « Vouloir le bien est à ma portée écrit saint Paul, mais non pas l'accomplir. » Il croit à l'accomplissement de la promesse de Dieu dans le moment même où il reconnaît en lui ce qui y met obstacle, sa propre volonté et/ou son amour propre Et Paul de continuer : « Si je fais ce que je ne veux pas, ce n'est plus moi qui accomplis l'action, mais le péché qui habite en moi. » L'interdit, lui, est du côté de la Loi dont les articles indiquent ce...
Mots clés : Chair Enfant Foi Images Loi Mensonge Obéissance Parole de Dieu Parole d’homme Péché Promesse Psychologie Vérité Vocation Temps Désir
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LE RÈGNE ET LES DEUX ETENDARDS
CHRISTUS N°186
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Claude FLIPO
Rien de plus éclairant que de remonter le cours d'un thème spirituel jusqu'à ses sources bibliques et patristiques, en deçà de ses expressions dans les diverses spiritualités chrétiennes. Sa généalogie nous fait alors mieux percevoir son identité spécifique, et les enrichissements de la tradition. Ainsi en est-il du thème du combat spirituel, illustré par les deux méditations centrales des Exercices d'Ignace : le Règne et les deux Etendards (n° 91-98 et 136-137). Comme on le sait, ces méditations furent le point focal de l'expérience d'Ignace à Manrèse. Nous en avons maints témoignages, dont celui de Nadal : « Là, à Manrèse, Dieu lui communiqua les Exercices, et, par cette voie, il le gouverna de telle sorte qu'il se donna tout entier à la gloire de Dieu et au salut des hommes. Ignace comprit cela surtout grâce à deux exercices, celui du Règne et celui des Etendards » 1. Dans le Règne, Ignace met en scène l'appel d'un roi qui, voulant libérer le territoire de ses ennemis, appelle tous ceux qui voudront le suivre, dans la peine comme dans la victoire ; puis il applique cette parabole à l'appel du Christ. Dans les Etendards, il oppose Jérusalem et Babylone et invite à méditer sur les moyens opposés qu'utilisent les prot...
Mots clés : Amour Combat spirituel Crainte Démon Exercices spirituels Expérience spirituelle Humilité Péché Sainteté Saint Ignace de Loyola Théologie Tradition
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DANS LA RÉSURRECTION DU CHRIST
23 AVRIL 2011
La mort avait jusqu'alors maté toute espérance ; si celle-ci s'était un moment levée, tout s'était toujours terminé dans un tombeau, dans la solitude, dans le découragement. La mort, ce n'est pas d'abord l'arrêt d'un fonctionnement biologique. La mort s'oppose à la vie, tout comme la dérision et la jalousie s'opposent à la joie ; tout comme le murmure et le ricanement s’opposent à la louange. La désespérance est meurtrière de l'humanité, du coeur humain qui veut oser des gestes de bonté et de fraternité. Car à quoi bon, se dit-elle, puisque je retombe dans l'ornière, que je n'ose pas la confiance …?  A quoi bon, puisque je ne réussis pas, puisque mon désir du bien n'est pas obéi... ?   Oui, la mort semble avoir tout pouvoir sur terre, ses habitants jouets de la violence, ballottés entre auteurs et victimes.   Croire que, dans la Résurrection du Christ, nous est révélé que la mort est morte, que la mort n'a plus aucun pouvoir : est-ce croyable, vivable ? Est-ce pour aujourd'hui ?   Il n'y a rien à démontrer, il y a seulement à passer sur l'autre rive, avec le psalmiste (22), qui crie dans la détresse Mon Dieu, Mon Dieu pourquoi m'as-tu abandonné, qui voit la mort arriver jusqu'au verset 22 sauve-moi de la g...
Mots clés : Dieu Evangile Foi Gloire Jésus-Christ Pardon Passion Péché Religions Vérité
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DE LA PAUVRETÉ DES AUTRES À NOS PAUVRETÉS INTÉRIEURES
CHRISTUS N°234
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Nicolle CARRÉ
Nicolle Carré Psychanalyste, Paris. A publié chez L’Atelier : Préparer sa mort (2001) et Vivre avec une personne malade : des conseils pour la famille, les soignants, les accompagnateurs (avec H. Paris, 2007), et chez Albin Michel : Lune de miel amer (avec O. Carré, 2005). Dernier article paru dans Christus : « Du rêve à la réalité : se réconcilier, un apprentissage » (n°228, octobre 2010).   Face au problème du chômage, on entend assez facilement dire : « Pour les courageux, il y a toujours du travail. S’ils le voulaient, ils pourraient travailler… » Quand la maladie est là, on se demande : « Ne s’est-il pas fabriqué son cancer ? » ; « Sa sclérose en plaques, n’est-elle pas le fruit de son stress ou de son alimentation ? » Ainsi firent les amis de Job, ainsi font nos amis. Que celui à qui il arrive malheur puisse y être pour quelque chose nous rassure en nous mettant du côté des justes. Nous pensons que ce que nous avons est lié à notre mérite, à notre travail. Nous sommes alors en droit d’interroger : que me veulent tous ces gens avec leurs misères ?   Les pauvretés des autres Le pauvre s’affiche devant nos yeux comme un reproche vivant. Son malheur s’agrippe à nous. Les mendiants sur l...
Mots clés : Epreuve Parole d’homme Pauvreté Péché Psychologie Souffrance Vérité
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« J’AI VU LA MISÈRE DE MON PEUPLE »
CHRISTUS N°234
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Emmanuel LAFONT
Mgr Emmanuel Lafont Évêque de Cayenne. A publié : Le Jubilé en actes (avec N. Bouttier, L’Atelier/CCFD, 2000) et Le curé de Soweto (avec J. Cormier, Le Rocher, 2010).     Je n’en finirai jamais de remercier le Seigneur pour la grâce qu’il m’a faite : il a mis sur ma route une multitude de « pauvres » (enfin, ce sont souvent les autres qui les appellent ainsi) pour m’évangéliser. De Georges Jestin, ouvrier à l’arsenal de Brest et premier jociste rencontré pendant mon service militaire, qui m’a appris l’écoute des jeunes travailleurs, jusqu’à Siwaiwale, jeune Amérindien qui loge à l’évêché depuis quelques mois, garçon attachant et fragile, à la recherche de son père et de lui-même, en passant par Aiku et Yakapin, Wayanas du Haut-Maroni, parents de trois enfants, que je viens de baptiser, deux jours avant Noël, et de marier le jour même de Noël, dans le petit village qu’ils ont construit, et jusqu’à Herman, jeune prisonnier exilé en métropole, dont j’ai pu rencontrer le père dans les rues de Cayenne où il demeure, le 1er janvier 2012. Si je devais les nommer tous ! En Afrique, au Timor, en Amérique du Sud, à Tours et sous les Halles de Paris… Permettez-moi encore,...
Mots clés : Dieu Evangile Grâce Jésus-Christ Liberté Pauvreté Péché
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