Mère

METTRE AU MONDE ET PRENDRE SOIN
CHRISTUS N°229
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Geneviève Jurgensen
Personnage de légende ou figure historique, Moïse a traversé les millénaires. Et si sa vie fut bientôt incomparable à toute autre, ses débuts se comparent aisément à ceux des enfants de toujours. Caché par sa mère pendant les trois premiers mois de sa vie, Moïse est confié au fil du plus long fleuve du monde, le Nil. Des femmes inconnues se trouveront là pour le sauver. Tapez le mot « moïse » sur Internet, et vous serez rapidement orienté vers des articles de puériculture. Pendant les trois premiers mois de la vie, le moïse reste en effet le mode de couchage recommandé aux mamans du XXIe siècle. Le site doctissimo.com, consacré à la santé et consulté par huit millions de visiteurs uniques chaque mois, confirme le moïse comme le mode de couchage le plus adapté à l’enfant de 0 à 3 mois. Il en perçoit les contours, qui l’aident à s’orienter et à prendre la mesure de son propre corps. Comme il a fait grandir l’utérus de sa mère jusqu’à ce qu’il en soit expulsé, il fait désormais grandir les lits qui l’accueillent. Au moïse succédera le berceau, puis le lit à barreaux, puis le lit, le grand, le vrai. L’enfant dicte à sa mère ce qui est bon pour lui....
Mots clés : Enfant Images Mariage Mère Père Pédagogie Science
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ETRE MÈRE
CHRISTUS N°229
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La rédaction
Qu’est-ce que la maternité révèle de notre relation à Dieu, aujourd’hui que les femmes savent d’ordinaire qu’elles auront peu d’enfants ? Pourtant, aujourd’hui comme hier, elles éprouvent avec leur enfant un choc que lui seul sait déclencher (Geneviève Jurgensen). L’attitude intérieure face à l’accouchement se fonde sur une ferme détermination à entrer dans ce qui est douloureux et à le conduire vers la vie. Et cela se rejoue à chaque enfant. Ainsi, la femme à terme entre en travail, mais aussi en foi, une foi non réflexive, chevillée au corps (Claire-Anne Baudin).Grâce à cette foi, on sait mieux identifier aujourd’hui le tissage de féminité qui concerne le visage même de Dieu. D’où la nécessité d’entendre les textes bibliques avec toute leur finesse, si l’on veut percevoir comment, lorsqu’ils sollicitent le registre de l’enfantement pour dire Dieu, ils donnent à méditer quelque chose de central dans l’économie du salut (Anne-Marie Pelletier). Ainsi, un enfant est donné à Abraham et Sara, à Zacharie et Élisabeth, au soir de la vie. En comblant un couple, Dieu fait naître un peuple, il fonde et renouvelle l’Alliance. Et à toute l’humanité, il...
Mots clés : Bible Enfant Mère
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QUAND LA BIBLE PARLE D’ENFANTEMENT
CHRISTUS N°229
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Anne-Marie PELLETIER
Dieu masculin, Dieu féminin ? Dieu père, mais aussi mère ? Ces propositions, impensables pour les générations passées de lecteurs de la Bible, sont aujourd’hui communes. Retombées d’une histoire qui, au XXe siècle, s’est rendue sensible à la différence des sexes comme noeud de la condition humaine ? Certainement, et heureusement. Les Écritures bibliques ne pouvaient échapper au débat, en notre culture, sur la domination symbolique, qui veut que le masculin l’emporte sur le féminin, comme l’énoncent benoîtement nos grammaires. C’est ainsi qu’un imaginaire tacitement masculin de Dieu comme les schémas patriarcaux en sous-main des récits bibliques se sont vus placés sous les feux d’une conscience critique. C’est par là aussi que s’est gagnée une perception plus sensible d’un versant de la révélation qui avait été ignoré ou négligé, et qui concerne tout ce dont faisait peu de cas une tradition qui trouvait ses avantages à ne nommer Dieu qu’à travers des références masculines : roi, juge, berger, guerrier, ou encore « père » dans l’acception la plus patriarcale du mot. Quitte à contrebalancer l’image ainsi formée par de prétendus adoucis...
Mots clés : Bible Corps Création Dieu Enfant Femme Jésus-Christ Mère Miséricorde Père Salut
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GROSSESSES ESPÉRÉES ET INESPÉRÉES
CHRISTUS N°229
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Christelle JAVARY
Sara, Élisabeth… mais aussi Rébecca, Anne mère de Samuel et même la vierge Marie : la Bible évoque plusieurs femmes devenues mères alors que c’était, à vue humaine, impossible. Dieu est intervenu en leur faveur pour faire jaillir la vie. Tant mieux pour elles… Et alors ? Tant mieux pour nous aussi ! Car ce qui arrive à ces femmes, ce qui arrive à ces couples, va bien au-delà de leur histoire personnelle. L’enfant qui leur est donné préfigure un peuple et représente, pour tout croyant, une promesse de vie plus forte que le mal et le malheur. Arrêtons-nous plus particulièrement sur l’histoire de deux femmes, l’une de l’Ancien, l’autre du Nouveau Testament : Sara et Élisabeth. La honte et la détresse de la femme stérile Dans les temps anciens, la stérilité est un très grand malheur, et de surcroît une honte. Le but principal du mariage est la procréation, qui garantit la continuité de la lignée. Un homme qui prend femme attend d’elle qu’elle lui enfante des descendants, de préférence des fils ! « Épouse stérile » semble une contradiction dans les termes. « Lorsque l’enfant ne paraît pas », c’est le drame. La stérilité appelle aussi, dans la mentalit&...
Mots clés : Bible Dieu Enfant Famille Incarnation Jésus-Christ Mariage Mère
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LE LIEN MATERNEL
CHRISTUS N°229
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Nicole Jeammet Emmanuelle Maupomé
Christus : Le rôle de la mère n’est-il pas d’abord engagé dans la chair, alors que celui du père le serait davantage dans la loi, donc dans une certaine séparation d’avec la chair ? Nicole Jeammet : Au départ, la mère doit faire croire à l’enfant que c’est lui qui fait advenir les choses qu’il désire, qui crée le monde – illusion, en quelque sorte, du même que lui. S’il désire le lait, aussitôt le sein arrive dans la bouche. S’il est mouillé, aussitôt la mère le change, etc. C’est, selon Winnicott, la « préoccupation maternelle primaire ». Mais la mère ne sera « suffisamment bonne » que si, ensuite, elle peut « désillusionner » l’enfant. C’est aussi bien le rôle de la mère que du père. Car pour accepter l’altérité, accepter la différence, accepter que je ne crée pas le monde, et qu’à un certain moment c’est exactement le contraire de ce que je désire qui se passe, il faut avoir fait des expériences suffisamment sécures. C’est la sécurité qui permet la confiance. Emmanuelle Maupomé : Il me semble que les deux, père et mère, sont engagés dans un rapport à la chair et à la loi vis...
Mots clés : Amour Chair Discernement Ecoute Enfant Famille Femme Indifférence Jésus-Christ Loi Mère Paternité Pédagogie Psychologie Désir
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LES « INCOMPRÉHENSIONS » DE MARIE
CHRISTUS N°229
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Bernard SESBOÜE
L’accomplissement d’une maternité est l’oeuvre d’une longue patience : patience des neuf mois de l’attente de la naissance, patience devant la lente croissance du nourrisson et du petit enfant qui va demeurer si longtemps dépendant, patience devant les surprises de l’adolescence, patience devant de longues études ou formations durant lesquelles le jeune homme ou la jeune fille seront toujours un peu ou beaucoup à charge des parents. Lorsque la responsabilité parentale au sens propre sera achevée, la relation avec l’enfant devenu adulte n’est pas finie pour autant. Il faut accepter la séparation et bien des mutations venues de la liberté d’un ex-enfant qui engage sa vie à son propre compte et se détache inévitablement de ses parents. Bref, une mère n’a jamais fini d’être mère. Une mère « ordinaire » Il en est allé exactement ainsi pour la Vierge Marie : elle a vécu toutes les patiences de la maternité, avec ce que celles-ci comportent d’incertitudes, d’obscurités, d’angoisses et d’incompréhensions. Elle en a vécu tous les âges, les dangers de la naissance en voyage et de la fuite en Égypte, l’incompréhension devant la fugue d’un adolescent échappant à son autorité, le d&e...
Mots clés : Ascèse Croix Foi Grâce Incarnation Jésus-Christ Loi Marie Mère Sainteté Silence Tradition Conversion
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« JE SUIS GRAND-MÈRE, TU TE RENDS COMPTE ! »
CHRISTUS N°229
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Geneviève de Taisne
C’est ainsi qu’une de mes amies m’annonce la naissance de son petit-fils. On rêve de cet instant ou on l’appréhende. Mais un beau jour, nous voilà promue grand-mère. On n’y peut rien, ce sont nos enfants qui ont ce pouvoir. Il nous reste le choix de l’appellation, contrôlée évidemment, par ces chers petits devenus parents ! Pour celles qui ne le seront jamais, parce qu’elles n’ont pas eu d’enfants ou que leur progéniture ne désire ou ne peut pas en avoir, ce statut est enviable et envié. La réalité psychologique est plus complexe. Elle ouvre à une série de paradoxes : la grand-maternité est un état, et un chemin. Elle est une naissance, et un deuil. Elle institue la continuité familiale et, dans le même temps, crée chez la femme une rupture. Nous allons analyser ces dynamiques à la lumière des propos que mon oreille de psychanalyste écoute. Certaines femmes doutent de leur rôle, face à un monde qui les dépasse, à des comportements qui les choquent, et d’autres avancent avec une force tranquille, en reproduisant un modèle qui les a nourries, ou en étant capables d’en inventer un. Il y a surtout les petits-enfants. Ils disent combien, à tous les âges, ils attendent de ces proches qui ne sont ni des parents ni...
Mots clés : Election Mère Psychologie Réalité
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AVEC SA MÈRE EN SON GRAND ÂGE
CHRISTUS N°229
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Remi de Maindreville Françoise Le Corre René-Claude Baud
D’exceptionnelle il y a encore quelques années, la présence des nonagénaires et des centenaires dans les familles occidentales s’est banalisée. Ce phénomène nouveau oblige sexagénaires et septuagénaires à se rendre disponibles pour s’occuper de leurs parents âgés, et non plus seulement de leurs petits-enfants. Il n’est jamais facile de livrer aux lecteurs ne serait-ce qu’un reflet de ses relations avec sa mère. Lorsque celle-ci atteint un âge que l’on qualifie pudiquement de grand, cela devient périlleux, car bien des repères nous manquent pour appréhender cette situation inattendue. Trois auteurs témoignent ici avec pudeur de l’expérience spirituelle qu’ils ont retirée de leur confrontation au grand âge à travers leur mère. Remi de Maindreville, dont la mère est presque centenaire, tente de montrer ce que nous avons à apprendre de notre relation avec notre mère âgée, pour peu qu’on l’aide à rester mère. Françoise Le Corre nous a fait l’amitié – et nous l’en remercions vivement – de nous offrir une prière écrite au moment où sa mère, décédée depuis, déclinait fortement. René-Claude Baud, enfin, s’est livr&eacute...
Mots clés : Famille Foi Grâce Liberté Mère Sagesse Vieillir Littérature
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EN CE GRAND ÂGE DE MA MÈRE
01 JANVIER 2011
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Françoise Le Corre
Ô Dieu Toi l’inconnu le plus sûr Toi qui te tiens au plus lourd de nos fatigues Toi, l’accueil de nos insuffisances Toi qui nous sais lointains et pourtant désirants Tiens-moi en ta présence En ces jours vécus auprès de ma mère Qui souffre le déclin de sa vie. Sois auprès d’elle, dans le silence qui gagne Dans sa mémoire faible, dans la lenteur des gestes Dis-lui ce que nous ne savons dire Dans ce murmure des âmes que toi seul connais. Sois vie sur cette vie qui s’en va Souffle pour le souffle qui peine Tendresse où sont les raideurs. Toi, l’enfoui de nos balbutiements, l’oublié de nos fuites. Toi, le Nom à fleur de lèvres, l’amour inespéré Tiens-nous ensemble au plus près de toi Car nous sommes l’une et l’autre dans l’ombre de ta douceur Dans la marche et l’attente tremblante. Courbe-nous ensemble vers la bonté de la terre Incline-nous jusqu’à nous fondre dans la nuit des temps Prends-nous l’une et l’autre dans la sève profonde de l’histoire Dans la reconnaissance de ceux qui nous ont précédées. Donne-nous de nous abandonner à ce qui s’accomplit. Pour le reste, tout le reste Nous te confions les matins à venir Ils viennent, comme furent les jours que nous connûmes...
Mots clés : Mère Sagesse Vieillir Littérature
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LA PART DE L’INCONSCIENT
CHRISTUS N°219
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Michèle Montrelay
Du refoulement Christus : Quand on aborde la question de la mémoire dans le domaine psychanalytique, on le fait plutôt par son envers, par l’oubli, c’est-à-dire par le refoulement ou la censure. Freud a dit à un moment donné que le refoulement est la pierre d’angle de la psychanalyse. C’est donc sous l’aspect pathologique qu’il aborde les réminiscences (on pense à ses premiers écrits sur l’hystérie), et ce qui frappe, c’est qu’elles soient perçues sous un angle pénible dont il s’agit de se débarrasser. Comment jouent aujourd’hui ces souvenirs dont on ne connaît pas précisément l’origine ? Comment définiriez-vous le refoulement ? Michèle Montrelay : Le refoulement est la condition première de l’inconscient. Il en est constitutif. Et si l’on précise que l’inconscient tout autant que la conscience participe de notre humanité, de notre capacité de penser, de sentir et de désirer, aussi bien de notre identité, vous percevez d’emblée qu’il ne relève pas toujours, loin de là, de la pathologie. Mais, en effet, c’est par ce biais que Freud, en tant que médecin, s’est mis à compter avec lui, à serrer de plus en plus près ses formations, ses mécanismes...
Mots clés : Mémoire Mensonge Mère Pardon Psychologie Interdit
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DEVENIR ENFANT DE DIEU
CHRISTUS N°217
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Yves SIMOENS
Que dit l’Ancien Testament sur la manière d’entrer dans cette attitude spirituelle ? L’argument permet plusieurs entrées. Une méditation sur la Sagesse sera privilégiée 1. La Genèse, à l’enseigne du commencement et de la création, instances de la Sagesse, mérite d’être honorée. Commençons par là.   Un Dieu qui engendre La création selon Gn 1,1–2,4a est présentée comme un engendrement 2 par Dieu du ciel et de la terre. L’auteur « sacerdotal » écrit à la lumière de l’exil (587-536 av. J.-C.). Il a connu cette expérience de mort et de résurrection, supposée par le retour du peuple juif sur sa terre et la reconstruction du temple. Seul un Père peut sauver d’une telle épreuve en créant du neuf plus beau qu’avant. « Tels sont les engendrements du ciel et de la terre dans leur création » (2,4a). Le terme « engendrements » (tôledôt 3) revient par la suite à dix reprises. C’est à l’occasion des généalogies qui divisent ainsi l’histoire pré-mosaïque en dix périodes : « Tel est le livre des engendrements d’Adam » (5,1) ; « Tels sont les engendrements de Noé » (6,9) ; « Tels sont les...
Mots clés : Dieu Enfant Joie Mère Père Psaumes Sagesse
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PETIT ROI, PETIT CHOSE
CHRISTUS N°217
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Olivier de Dinechin
«Sortir de l’enfance », « retomber en enfance » : ces expressions traditionnelles d’un voeu et d’un regret soulignent le paradoxe de l’appel évangélique à « devenir comme les enfants ». Qu’est-ce que cette enfance à quitter et à trouver ? S’agirait-il, comme le demande Nicodème, d’« entrer dans le sein de sa mère pour naître à nouveau » ? L’ensemble des paroles de l’Évangile de Jean indiquent une ligne de réponse, à partir du thème de la filiation, notamment dans les débats sur les « Fils d’Abraham » : il s’agit bien de se reconnaître fils ou fille, mais de quel « Père » ? L’enfant, dans cette perspective, est celui qui, en esprit et en vérité, est proche de son origine, qui la « reconnaît ». Se savoir, se reconnaître fils ou fille : ce fil directeur peut aider à relier ce qui, dans l’existence d’un sujet humain, fait sens ou fait question. De toujours, cette expérience humaine a été constitutive de l’identité personnelle et sociale, mais toujours elle devait, ainsi que la réponse, traverser les âges de la vie : on n’est pas fils ou fille de la même manière de la naissance à l’âge m&...
Mots clés : Bible Enfant Famille Mensonge Mère Paternité Salut Tradition
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DEVENIR PARENT
CHRISTUS N°217
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Jacques ARÈNES
Tout être humain n’a-t-il pas, à un moment ou un autre, à se confronter à son enfance passée, dans son chemin d’humanisation ? Les parents sont au premier rang dans cette confrontation à leur propre enfance qui se double de la relation, toujours surprenante, à leur très réelle progéniture. Mais nous avons tous, parents ou non, à rencontrer cette enfance qui fut la nôtre. En effet, depuis Freud, l’enfance, ou plutôt l’infantile – qui est ce lieu de l’enfance présent, mais transformé, au sein du psychisme de l’adulte – est le temps et le lieu privilégiés du rapport du sujet adulte avec sa destinée. L’infantile est ce rapport énigmatique entre l’historicité inaccessible de notre enfance et la vie de l’inconscient qui se déploierait hors du temps. La tâche analytique est l’exemple de cette théorie de l’enfance habitant le monde adulte : le sujet en analyse retrouve quelque chose de l’enfance oeuvrant à l’intérieur de sa vie. Le psychisme humain en devenir est habité, voire hanté, par les positions anciennes qui le structurent et le guident. Le devenir de chacun de nous, notamment quand nous devenons parents, est de nous confronter à ces lieux de l’enfance : le retour de notre enfance se conjug...
Mots clés : Liberté Mère Père Paternité Psychologie Réalité Souffrance
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FACE AU MYSTÈRE DE LA VIE
CHRISTUS N°213
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José Raul Arbelaez
Ce que je vais vous raconter s’est passé à l’Hôpital Universitaire de Manizales, à l’est de la Colombie. On autorisait des novices jésuites à y faire ce qu’on appelle traditionnellement « le mois d’hôpital ». En mai 1995, nous étions trois à traverser la porte de l’hôpital, pleins d’enthousiasme à l’idée de commencer ce mois. C’était un lundi matin. Quelqu’un nous a dit que nous devions rester dans la salle des urgences pour aider les infirmiers à ce qu’ils pourraient nous estimer capables de faire ; et puis, nous pouvions chercher à parler aux personnes malades pour essayer de leur apporter un peu de réconfort et d’adoucir leur souffrance. Les cris de douleur de la femme Je me trouvais là lorsqu’un après midi j’ai reçu l’autorisation que j’attendais depuis quelques jours. Très vite, une infirmière m’a amené à l’étage indiqué. Nous sommes entrés dans une salle. Sans me donner trop de renseignements, on m’a donné un vêtement chirurgical. Je me le suis mis à toute vitesse sans cacher mon anxiété. Ensuite, j’ai suivi l’infirmière tout au long d’un couloir assez large. Elle s’est arrêtée fac...
Mots clés : Enfant Femme Mère Paternité
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LA PEUR D’ÊTRE FOU
CHRISTUS N°212
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Philippe Jeammet
Face à l’angoisse Avant d’être fixé sur mon sort, la crainte m’est venue plus d’une fois de ne pas savoir mourir, le moment venu, car il est certain que je suis horriblement impressionnable. Je me rappelle un mot du cher vieux docteur Delbende (...). Les agonies de moines ou de religieuses ne sont pas toujours les plus résignées, affirme-t-on. Ce scrupule me laisse aujourd’hui en repos. J’entends bien qu’un homme sûr de lui-même, de son courage, puisse désirer faire de son agonie une chose parfaite, accomplie. Faute de mieux, la mienne sera ce qu’elle pourra, rien de plus. Si le propos n’était très audacieux, je dirais que les plus beaux poèmes ne valent pas, pour un être vraiment épris, le balbutiement d’un aveu maladroit. Et à bien réfléchir, ce rapprochement ne peut offenser personne, car l’agonie humaine est d’abord un acte d’amour. Il est possible que le bon Dieu fasse de la mienne un exemple, une leçon. J’aimerais autant qu’elle émût de pitié. Pourquoi pas ? J’ai beaucoup aimé les hommes, et je sens bien que cette terre des vivants m’était douce. Je ne mourrai pas sans larmes. Alors que rien ne m’est plus étranger qu’une indifférence stoïque, pourquoi souhaiterais-je la mort des impas...
Mots clés : Crainte Création Haine Maladie Mère Psychologie
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QUAND LE PÈRE A MANQUÉ
CHRISTUS N°202
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Marie-Bernard Chicaud
Mon père, je ne sais pas qui c'est. C'est ma mère qui sait qui il est, mon père. Mais ça lui fait trop mal : elle ne veut pas m'en parler. » « Je n'ai pas de père... » J'ai si souvent entendu ces paroles que, lorsque je reçois des enfants ou des adolescents pour une première consultation, je ne parle plus d'emblée des parents, mais je demande : « Qui vit à la maison ?» Il arrive qu'on me dise : « Il y a ma mère et mon faux père. » Parfois même, j'entends : « Je vis avec mon faux père et ma fausse mère. » J'entre alors avec mes patients dans le dédale des familles plusieurs fois recomposées. En faisant ces constatations, je ne porte aucun jugement moral sur ces situations cent fois répétées aujourd'hui. J'essaie d'être attentive et d'entendre ce que peut eue la vie d'un enfant, d'un adolescent, d'un jeune adulte à qui le père a manqué. Il arrive aussi, malheureusement, que le père meure. Mais, bien que son absence entraîne deuil et douleur, la situation est très différente. Le père a une identité, une consistance. Il existe, et cela demeure vrai dans les cas où la mère se remarie — ce qui fâche parfois les enfants. Mais, fréquemment, le beau-père (et, en ces circonstances, je n'ai...
Mots clés : Corps Enfant Loi Maladie Mère Père Paternité Pédagogie Psychologie
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ABBA - HYMNE POUR LE VENDREDI SAINT
CHRISTUS N°202
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Jean Mambrino
      « ... au fond de moi une eau vive qui murmure et me dit : "Viens vers le Père " » Saint IGNACE D'ANTIOCHE    Père dont le nom est Tendresse, Père dont le nom est Caresse, Père dont le Souffle est Amour. Père dont le nom est Père, Et même dont le nom est Mère, Père qui guette le Retour. Père dont le nom est Largesse, Père, Berceau de la Sagesse, Mystère de l'Ancien des Jours. Père, ouvre-moi le secret de ton Nom. Père dont le nom est Patience, Repos, Soleil, Gaieté, Jouvence, Délicatesse de l'Abri. Père, Etreinte de la Lumière, Aimant de tous les Univers, Intimité de l'Infini. Père d'où naît chaque Naissance, Jaillissement de l'Innocence, Fontaine de Ta propre Vie. Père, ouvre-moi le secret de Ton Nom. Père, Puissance de douceur, Origine de la Splendeur, Père, Abîme d'Humilité. Cœur au profond de chaque cœur, Foyer d'innombrables demeures, Père, Extase de l'Agapé. Père de Nuit, Aurore immense, Père, Tempête de Silence, Père, Brise d'Eternité. Père, Amour sans visage, ouvre-moi Ton Visage caché. Louange ! tressaillent les Anges, Sur la Croix gémit l'Assoiffé.  
Mots clés : Affectivité Extase Louange Mère Père Littérature
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LE CINÉMA EN QUÊTE DE PÈRE
CHRISTUS N°202
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Joseph Marty
Être père ne va pas de soi. On le devient au fil du temps, et c'est un don. Un don de la femme qui reconnaît l'homme comme père, un don de l'enfant qui reconnaît son père dans cet homme. Don parfois difficile, voire impossible, à offrir ou à accueillir, car la relation d'engendrement concerne le père, la mère et l'enfant. Et il y a aussi des pères spirituels et adoptifs qui, sans passer par la chair, révèlent le sens de la paternité. Et des pères indignes, sans parole, qui tuent la vie. De cette constellation de figures paternelles, le cinéma joue avec plus ou moins de bonheur et de lucidité. Chacun croit savoir ce qu'est le père, puisqu'il en a un, même sans le connaître. Mais père, mère et enfant doivent passer par la reconnaissance. De même que le père reconnaît l'enfant, l'enfant et la mère doivent reconnaître le père. Reconnaissance qui, beaucoup plus qu'une démarche d'identité, est une affaire de cœur, de remerciement, de foi. Le père transmet la vie, il n'en est pas le maître. Il indique l'origine, mais il ne l'est pas. L'exemple d'Abraham est fondateur. Pour être « père d'une multitude », il dut passer par le sacrifice de son propre cœur, et non du corps de son fils Isaac. À l’opposé, Staline n...
Mots clés : Dieu Images Mère Père Parole d’homme Violence Cinéma
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APRÈS FREUD, EN QUEL DIEU CROIRE ?
CHRISTUS N°197
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Nicole Jeammet
Quelle image de Dieu peut encore faire sens pour nous aujourd'hui, si nous entendons les radicales critiques de Freud ? Mais aussi quelle image de nous-mêmes nous reste-t-il ? En effet les questions : « Qui est Dieu ? », « Qui est l'homme ? », ne sont-elles pas entièrement liées ? Ces questions, pour beaucoup d'hommes et de femmes de ma génération, n'ont pas été d'abord philosophiques mais existentielles. Si nous appartenions à la fois à des milieux de vie et chrétien et psychanalytique 1, nous avons été forcément déchirés entre ces deux milieux hostiles l'un à l'autre déchirés entre des modes d'intelligibilité de l'homme et du monde qui tous les deux nous semblaient à bien des égards justes et féconds, mais qui, peu à peu, se révélaient inconciliables. Qui, d'ailleurs, lors d'une psychanalyse personnelle n'a pas ressenti comme une évidence la vacuité du mot « Dieu » ? Un décalage ne pouvait que se creuser entre l'expérience vive d'une vérité de soi-même découverte derrière et en deçà de ses intentions conscientes, et une Parole de Dieu qui, étant précisément liée à ces intentions conscientes, devenait de plus en plus floue et désincarnée&helli...
Mots clés : Amour Démon Dieu Ecoute Images Mère Psychologie Vérité Désir
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LE CRÉATEUR, UN PÈRE ?
CHRISTUS N°185
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Marie Balmary
Un sujet d'étonnement pour les lecteurs au long cours de la Bible, c'est qu'au fur et à mesure de leurs voyages dans les textes ce qu'ils croyaient évident cesse de l'être. Il est vrai que bien des disdplines apportent du nouveau à notre lecture. Parmi elles, la psychanalyse, en ouvrant de nouvelles voies d'écoute et d'interprétation pour nos symptômes et nos rêves, peut aussi, avec ses outils presque neufs — un siècle à peine —, apporter sa contribution au déchiffrage des mythes et récits originaires. Ce qui arrive au psychanalyste lisant la Bible est assez prévisible. Dans son cabinet, il est là pour écouter le désir enfoui, la mémoire refoulée en ceux qui viennent lui parler. Il entend les questions que seuls les enfants et les poètes osent poser ouvertement, mais que l'inconscient continue d'adresser tout au long de la vie à qui veut l'entendre. Ainsi se trouve-t-il convoqué à explorer ces voies du désir humain, à essayer de répondre aussi pour lui-même à ces interrogations premières, auxquelles sa pratique de la relation et de la parole ne lui permettent guère d'échapper très longtemps. En ce qui concerne la création, une question de ce genre m'est proposée aujourd'hui, simple et en cela redoutable : on dit que Dieu est P&eg...
Mots clés : Création Dieu Images Liberté Mère Père Parole de Dieu Paternité Psychologie Sagesse
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