Eucharistie

LES EXERCICES SPIRITUELS ET L’EUCHARISTIE
CHRISTUS N°229
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Amaury BEGASSE DE DHAEM
Il y a plusieurs manières d’envisager la relation entre les Exercices et l’Eucharistie. L’angle que nous avons choisi est double. Le premier est celui de la liturgie eucharistique, comme itinéraire mystagogique de la vie chrétienne. Le second est une réflexion sur la grâce des Exercices comme grâce eucharistique. Une option fonde cette lecture, selon laquelle les Exercices représentent la trajectoire du disciple. Nous aurons à en vérifier la pertinence. Liturgie eucharistique et Exercices La célébration eucharistique réalise un condensé de l’expérience chrétienne (Lc 24,13 35). À ce titre, elle permet de relire l’itinéraire spirituel des Exercices comme celui du disciple dans l’Évangile. Ce dernier comprend quatre temps, que nous retrouvons aussi bien dans la structure de la célébration que dans le livret d’Ignace : 1. L’appel universel à se retourner vers Dieu, objet de la prédication inaugurale de Jésus (temps de la conversion) ; 2. L’appel singulier à être d’une certaine manière avec le Christ, à le suivre, à écouter sa parole et ses enseignements (temps de l’élection) ; 3. L’appel à monter avec lui à Jérusalem, pour y célébrer sa Pâque (temps de la pass...
Mots clés : Combat spirituel Discernement Eglise Eucharistie Exercices spirituels Expérience spirituelle Jésus-Christ Liturgie Mystique Prière Spiritualité ignatienne
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« ILS ADORENT D’UNE MANIÈRE NOUVELLE »
CHRISTUS N°227
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Émile FRÈRE
Adorer, c’est littéralement mettre la main à la bouche (ad os) pour envoyer un baiser à quelqu’un. On connaît par ailleurs la tradition de porter à la bouche le bord du vêtement de la personne que l’on veut honorer ou encore de baiser la terre. Ces gestes étaient pratiqués par les Romains pour honorer l’empereur et ses statues. Les chrétiens, qui les réservaient à Dieu et au Christ, avaient conscience, comme le dit Clément d’Alexandrie, d’« adorer d’une manière nouvelle » 1. Ceci n’était pas toujours compris de leurs contemporains. Il arrivait que ce refus d’adorer les empereurs ou les idoles les fît passer pour des athées. Imprégnés de la Bible et de la foi au Christ, ils savaient qu’on ne peut adorer que Dieu seul. Mais ce qui échappait à leurs contemporains, ce qui les choquait, c’est que leur adoration se trouvait liée de manière indissociable à l’existence d’un certain Jésus de Nazareth. L’originalité des chrétiens est sûrement là : ce Dieu venu dans la chair et dans la faiblesse est au centre de leur adoration. Une telle foi pouvait être objet de moquerie, comme on peut le lire sur une inscription trouvée sur le Palatin, à Rome, datant sans doute de la premi&egra...
Mots clés : Amour Esprit Eucharistie Foi Images Incarnation Liberté Silence Vérité
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DE L’ADORATION EUCHARISTIQUE
CHRISTUS N°227
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François CASSINGENA-TRÉVEDY
Est-ce une irrévérence que d’aller glaner parmi les Fleurs du mal de Charles Baudelaire (« Harmonies du soir »), dans le dessein de donner matière à quelques réflexions sur l’adoration eucharistique et de leur fournir une amorce inédite ? Si maudit qu’on l’ait par après déclaré ou qu’il se soit cru lui-même, Baudelaire eût-il pu dire cela, si un autre n’avait dit : « Faites ceci en mémoire de moi » (Lc 22,19), et auparavant : « Ceci est mon corps » (Mt 26,26), sans user d’un autre ostensoir, ce soir-là, que de ses propres mains ? Car, dans la religion de Jésus-Christ, la chair même – et toute chair à la suite de celle du Verbe – est consacrée comme ostensoir de Dieu. Parce que Jésus-Christ est pauvre, il ne veut pas d’autre ostensoir que celui-là, et ne souffre les autres qu’à condition qu’ils lui soient relatifs. Pour « adorer en esprit et en vérité » (Jn 4,23), il nous faut tou­jours vérifier (tant la vie spirituelle est rigoureuse) que la fascina­tion exercée par l’ostensoir de vermeil ne remplace point en nous l’appétit du « pain quotidien » (Mt 6,11), et que l’azyme, confinant à une immatérialité dont nous rêvons si...
Mots clés : Amour Corps Eucharistie Liturgie Mémoire Réalité Silence
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NAÎTRE DE DIEU
CHRISTUS N°225
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Pierre Favre
Pierre Favre fut un des tout premiers compagnons d’Ignace de Loyola à Paris. Prêtre et théologien, envoyé par le pape au concile de Trente, il passa en « pèlerin » le plus clair de sa vie apostolique entre l’Espagne, l’Italie et l’Allemagne, pour prêcher, conseiller, intervenir dans les affaires les plus sensibles de l’époque, comme le colloque de Worms en 1540. Son point d’ancrage le plus constant, son « inspiration » ou sa « source intérieure », comme il l’écrit ici, fut la Parole de Dieu sous les formes de la liturgie et de la Prière des Heures. À Noël 1542, elle éveille en lui le profond désir de « natre » vraiment de Dieu, et au Vendredi Saint suivant, celui d’être guéri de ses « infirmités » qui le hantent à nouveau dans sa méditation de la Passion. Ces deux dates témoignent d’un changement fondamental dans la vie spirituelle de Pierre Favre. La grâce de natre de Dieu fait événement dans sa vie, car elle engendre un renversement de perspective, déjà à l’oeuvre dans sa demande. La consolation qu’il goûte alors est le fruit manifeste de l’agir croissant de Dieu en lui, et non plus le fruit de ses seuls efforts. Son regard s’approfondit radicalement et s&...
Mots clés : Dieu Eucharistie Evénement Expérience spirituelle Jésus-Christ Parole de Dieu Parole d’homme Passion
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SENTIR AVEC L’ÉGLISE
CHRISTUS N°224
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Yves de Kergaradec
Saint Ignace a aimé l’Église. Il l’a ser­vie du même amour dont il a aimé et servi le Christ. Sa foi est celle de Jeanne d’Arc : « De Jésus-Christ et de l’Église, il m’est avis que c’est tout un, et qu’il n’en faut pas faire difficulté. » Sous l’étendard de la croix, il a lutté pour que la liberté de l’homme et le désir de Dieu se rencontrent et s’embrassent. Les règles « pour sentir vraiment avec l’Église » (Ex. sp. 352-370) sont des jalons qu’il a posés sur le chemin de la louange et de la foi.   La disponibilité à obéir La première règle met l’accent sur la disponibilité à obéir : « Laissant tout jugement, nous devons avoir l’esprit disposé et prompt à obéir en tout à la véritable Épouse du Christ notre Sei­gneur, qui est notre sainte Mère l’Église hiérarchique. » D’instinct, nous résistons, voulant rester maîtres chez nous. Le Pape ou un évêque dit-il quelque chose qui nous choque, aussitôt nous nous indignons et le faisons savoir, au nom même de l’Évangile ! Nous obéissons alors, mais à l’Ennemi. Sa lucidité sans amour met so...
Mots clés : Action Catholicisme Charité Combat spirituel Compagnie de Jésus Dieu Eglise Eucharistie Foi Jésus-Christ Mystique Obéissance
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PEUT-ON DONNER SANS CONDITIONS ?
CHRISTUS N°223
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Geneviève Comeau
Dans la vie en société, tout n’est pas gratuit, loin de là ! Mais n’ima­ginons pas non plus que rien ne le soit. En fait, s’y combinent du contractuel, donc du « soumis à condition », et de l’inconditionnel. On trouve cela dans tous les types de relations, selon des propor­tions diverses. Par exemple, dans une famille, l’amour conjugal, ou l’amour des parents pour leurs enfants, n’est pas soumis à condition. Un enfant n’a pas à « mériter » l’amour de ses parents ; au contraire, cet amour est là dès le début et l’aide à grandir. Cependant, une dimension contractuelle est présente dans ces relations : il y a cer­taines règles à respecter, qui, dans le cadre de l’éducation, peuvent amener récompenses ou sanctions.   Le conditionnel et l’inconditionnel Cette double dimension, inconditionnelle et conditionnelle, est présente à des degrés divers dans toutes les relations sociales, y compris dans la vie professionnelle. Cette dernière est régie par un contrat de travail : car il ne s’agit pas de vivre son métier comme un « sacerdoce » où l’on « se donnerait » à corps perdu ! Pourtant la dimension de l’inconditionnel est ce qui permet de vivre accueil de l&rsquo...
Mots clés : Amour Charité Eucharistie Grâce Justice Pardon Pauvreté
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TENIR EN ÉVEIL LA MÉMOIRE DU SEIGNEUR
CHRISTUS N°219
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Soeur Étienne Reynaud
Le Dieu de la Bible est un Dieu qui se souvient des hommes. Depuis l’alliance immémoriale conclue avec Noé sous l’arc-en-ciel après le Déluge, jusqu’à l’alliance nouvelle et éternelle scellée dans le sang de Jésus, il est le Dieu fidèle, toujours en quête de l’homme et qui en a souci (cf. Ps 8,5). Au seuil du Nouveau Testament, les cantiques de Marie et de Zacharie chantent cette fidélité du Dieu d’Israël qui « se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères en faveur d’Abraham et de sa race à jamais » (Lc 1,54.72). Mais alors, pourquoi la prière liturgique fait-elle si souvent appel à la mémoire de Dieu ? Dieu nous oublierait-il ? Qu’avons-nous besoin de lui rappeler ? Lui dire : « Rappelle-toi », serait-ce douter de lui ? Pour répondre à ces questions, nous nous mettrons d’abord à l’école des psalmistes, puis nous interrogerons la pratique liturgique de l’Église, sûrs qu’elle nous enseigne continuellement à prier de façon juste.   « Souviens-toi, Seigneur ! » Sur les lèvres des psalmistes, l’invocation si fréquente appelant Dieu à se souvenir se dit sur tous les tons ; le ton plein de confiance du pécheur assuré du pard...
Mots clés : Dieu Eucharistie Liturgie Mémoire Passion Prière Universalité
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LE MÉMORIAL EUCHARISTIQUE
CHRISTUS N°219
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Joseph Moingt
Le christianisme est fondé sur un devoir de mémoire : « Faites cela en mémoire de moi. » Ce sont les derniers mots de Jésus à ses disciples attablés autour de lui avant qu’il soit « livré », des paroles d’adieu, un ultime message, son testament. La singularité du christianisme tient fondamentalement à la manière de s’acquitter de ce devoir. Dans les récits de la Cène transmis par les trois évangiles de Matthieu, Marc et Luc, l’acte de mémoire consiste en un double faire : faire mémoire de Jésus en refaisant ce qu’il dit de faire. Il s’agit d’abord de se souvenir de sa personne, et surtout de ce qui va lui arriver et qui est évoqué par les paroles qu’il prononce au même moment sur le pain et le vin : « Mon corps donné pour vous, mon sang versé pour vous. » Il s’agit ensuite de répéter ce qu’il fait à cette table, d’accomplir ce qu’il prescrit, qui est l’acte de partager un repas : « Prenez et mangez, prenez et buvez. » Le premier faire donne sens au second, celui-ci donne effectivité à celui-là, ils sont inséparables l’un de l’autre. Or, l’apôtre Paul, chez qui nous lisons le tout premier récit de la Cène du Seigneur, p...
Mots clés : Eglise Eucharistie Evangélisation Jésus-Christ Justice Mémoire Passion
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« LA MESSE QUI PREND SON TEMPS »
CHRISTUS N°219
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Jean-Marc Furnon
Une messe du dimanche soir, pour des jeunes, qui prend davantage de temps « à l’écoute de la Parole », dans la joie de chanter la louange du Seigneur et de vivre un peu d’amitié au moment où le jour déjà touche à son terme, voilà la Messe qui prend son Temps, appelée communément la « MT » (trois cents personnes aujourd’hui à l’église Saint-Ignace à Paris dans le sixième arrondissement et peut-être deux mille différentes sur une année ; cinquante lorsqu’elle commença il y a neuf ans). Chaque dimanche soir en effet, depuis octobre 1999, des étudiants (un quart de l’assemblée), des jeunes professionnels (la moitié) et d’autres personnes qui désirent s’y associer pour écouter plus longuement la Parole viennent prier et célébrer l’Eucharistie. C’est une messe où la liturgie de la Parole est développée pour y intégrer un enseignement biblique, un temps de prière personnelle de vingt minutes en silence et un temps de partage en groupe de sept minutes. Cette initiative pastorale est appuyée sur une conviction, exprimée par le cardinal Martini alors qu’il créait « l’École de la Parole » 1 à Milan : « Je suis persuadé, quan...
Mots clés : Ecoute Eucharistie Expérience spirituelle Liberté Liturgie Silence Souffrance Tradition
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LA LITURGIE OU LA SAINTE CÈNE DES SENS
CHRISTUS N°211
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François CASSINGENA-TRÉVEDY
Le site originel des propos livrés ici est une expérience monastique de la liturgie ; mais cette expérience n’est pas à ce point spécifique, croyons-nous, qu’elle ne puisse modestement s’ériger en lieu de rendez-vous beaucoup plus large. De fait, depuis le IVe siècle environ, une liturgie dite « monastique » se distingue, dans l’exercice ecclésial commun de la fonction liturgique, d’une liturgie dite « cathédrale », c’est-à-dire en toute rigueur celle du Peuple de Dieu autour de son évêque ; l’histoire de la liturgie n’en demeure pas moins, pour une bonne part, celle de l’attraction mutuelle que ces deux formes d’exercice ont constamment exercée l’une sur l’autre et qui s’est avérée bien souvent créatrice. L’exercice monastique de la liturgie est d’abord et essentiellement un exercice communautaire, et c’est d’abord ce caractère constitutif qui le rend exportable hors de son site propre, exemplaire — non pas de façon esthétique mais théologique, non pas de façon idéale mais fraternelle — pour toute l’Église, pour toute communauté d’Église qui fait l’effort de se construire et de se penser. C’est donc cette dimension communautaire, cette condit...
Mots clés : Ascèse Corps Eglise Eucharistie Jésus-Christ Liturgie Louange
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SAVEURS DE L'AMITIÉ
CHRISTUS N°209
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Marie-Thérèse Abgrall
« Il y a des mots qui font vivre », dit le poète 1. Le mot amitié est de ceux-là. Difficile pourtant d'en parler sans tomber dans la banalité, être taxé d'idéalisme ou suspecté d'ignorer ses possibles dérives. L'amitié, comme la musique, est affaire de justesse, d'accord ; elle ne supporte pas les fausses notes ; un jeu outrancier en détruit l'harmonie. Elle n'est pas un commerce agréable et mondain entre gens de bonne compagnie, elle ne se confond pas avec l'expérience de la camaraderie, qui unit les compagnons de travail ou de jeu, ni avec la passion amoureuse. Il y a mille nuances dans l'amitié, selon les saisons de la vie, mais toujours un « je ne sais quoi » la caractérise, une saveur unique au coeur et que le coeur reconnaît. « Qu'un ami véritable est une douce chose ! » Certes, La Fontaine a raison, mais la douceur de l'amitié est bien plus que le charme d'une vie. Ce n'est pas une douceur molle et complaisante pour âmes sensibles, mais une des réalités humaines les plus fortes, une de celles dont l'absence ou la présence, toujours vivement ressentie, fait ou défait la solidité d'une vie d'homme. « Je n'ai pas d'amis, tous m'ont abandonné ! » Ce cri exprime une des plus grandes détresses qui soit ; elle peut mener au profond de l'ab&ici...
Mots clés : Amitié Dieu Discernement Eglise Election Eucharistie Parole d’homme
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DANS NOS LITURGIES, UNE JOIE FRAGILE
CHRISTUS N°201
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Jérôme Guingand
Liturgie et joie : d'aucuns diront que ces deux réalités ne font pas bon ménage. Dans le contexte français, la messe dominicale est fréquemment perçue comme froide ou ennuyeuse et indifférente aux quêtes religieuses de nos contemporains. Car s'il est vrai que l'on cherche aujourd'hui une pratique religieuse qui « fait du bien » 1, on ne peut que constater que nos messes et nos paroisses semblent loin de répondre à cette demande 2. Pourtant, l'expérience patiemment relue de ce que nous vivons en participant à diverses célébrations nous amène à moduler notre jugement. En effet, qui n'a vécu une joie profonde au cours d'une célébration, à l'écoute d'une lecture qu'il a reçue comme Parole de Dieu pour lui et qui l'a touché ? Qui n'a vécu une joie profonde, qui l'a saisi de l'intérieur, à communier au Christ dans son Corps et son Sang ? Qui n'a vécu, comme une véritable consolation, ce sens de la fraternité, du Corps rassemblé dans les voix réunies en un même chant ? Qui n'a été surpris par une vive joie — ou en a été témoin pour un autre — en entendant dans le sacrement de réconciliation « Et moi (…), je vous pardonne tous vos péchés » ? Qui n'a ét&eacu...
Mots clés : Eglise Eucharistie Expérience spirituelle Joie Liturgie Musique Sacerdoce Sacrement Spiritualité ignatienne
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L'EUCHARISTIE, SACREMENT DE L'ÉVÉNEMENT PASCAL
CHRISTUS N°198
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Claude Dagens
L’Eucharistie est, avec le baptême, le sacrement majeur de l'existence chrétienne : elle incorpore au Christ et au Corps du Christ qu'est l'Église. C'est cette relation de l'Eucharistie à l'Église qui a suscité et qui suscite depuis des années beaucoup de réflexions et de débats. En 1973, le rapport de Mgr Robert Coffy, Une Église qui célèbre et qui prie, mettait en relief le caractère original de la sacramentalité chrétienne et la place centrale de l'Eucharistie dans la mission de l'Église, comme mémorial de la mort et de la résurrection du Christ, comme geste et parole du Christ pour son Église et comme annonce du Royaume de Dieu 1. Plus récemment, en raison du remodelage du tissu paroissial qui se réalise actuellement dans la plupart des diocèses de France, on s'est interrogé sur la place de l'Eucharistie et de l'assemblée dominicale dans la vie des communautés catholiques 2. Il s'agit là encore d'inscrire le sacrement de l'Eucharistie dans l'existence ecclésiale, avec les nouvelles configurations qui la caractérisent. L'EUCHARISTIE ET L'EXISTENCE CHRÉTIENNE Mais ose-t-on assez inscrire l'Eucharistie à l'intérieur de l'existence chrétienne ? Ose-t-on assez reconnaître l'Eucharistie comme l'événement même de J&e...
Mots clés : Eglise Eucharistie Jésus-Christ Liberté Marie Passion Sacerdoce Sacrement Salut Souffrance
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LE RESPECT DE LA CRÉATION
CHRISTUS N°195
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Maxime Egger
Réchauffement climatique, disparition de milliers d'espèces animales et végétales, empoisonnement de l'air et des sols... La planète est en danger. En voie d'épuisement et polluées, les bases naturelles de la vie sont menacées. Avec elles, c'est la survie même de l'humanité qui est en danger. Si rien ne change fondamentalement, des désastres naturels et humains plus grands encore que ceux que nous connaissons déjà nous attendent. Il faut donc réagir. Agir. De nombreuses organisations de la société civile se sont mobilisées autour de la notion de « développement durable », notamment depuis le Sommet de la Terre à Rio en 1992. Les Eglises aussi ont commencé à bouger, mais certainement pas encore avec l'engagement requis tant par la gravité de la situation que par les principes anthropologiques et cosmologiques de la foi chrétienne. Contrairement à ce que beaucoup de fidèles — consciemment ou non — pensent trop souvent, le respect de la création est au cœur même du témoignage et de la mission de l'Eglise De l'Incarnation à la Résurrection, toute l'œuvre salvatrice du Christ a une dimension cosmique (voir Col 1,15-20). Comme le dit Irénée de Lyon (IIe siècle) : « L'Auteur du monde est en toute vér...
Mots clés : Bible Création Eucharistie Humanisme Louange Prêtre Vocation
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UN MINISTÈRE CHRÉTIEN DE LA VOYANCE À DOUALA
CHRISTUS N°192
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Eric De Rosny
Le lieu où j'exerce mon ministère se présente comme une petite salle à manger de quatre mètres sur quatre attenante à une véranda plus vaste, ouverte sur le parc, où mes visiteurs et visiteuses attendent leur tour. En dehors des temps de repas, j'y reçois ceux et celles qui viennent, individuellement ou en famille, me confier ce que le mot « angoisse » me paraît le mieux recouvrir. Exprès, je n'ai rien mis ni pendu qui puisse retenir l'attention dans cette petite salle : une table couverte d'une nappe en linoléum, cinq chaises, un tableau représentant des plantes vertes (pas même africaines) et un crucifix placé à bon escient à deux mètres de haut, hors d'atteinte d'une personne qui, à tort ou à raison, se croirait possédée. Ce petit ensemble fait partie du « Centre spirituel de Rencontre » que les jésuites tiennent dans la banlieue de Douala, réplique de ceux qu'ils animent de par le monde : un vaste espace de verdure destiné à accueillir jusqu'à soixante personnes à la recherche d'une clairière de tranquillité pour respirer, se recueillir, prier. Respirer ? Douala mérite ce Centre : on dit que ce grand port est le poumon économique du Cameroun, mais un poumon oppressé, rempli de deux millions et demi d'habitants serr&eacut...
Mots clés : Dialogue interreligieux Eucharistie Guérison
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DIEU À L'ÉPREUVE DE L'HOMME
CHRISTUS N°189
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Louis Sintas
« Ce discours est trop fort, qui peut l'écouter ? » Jésus vient de multiplier les pains. Les gens, enthousiasmés, veulent le faire roi. Jésus s'adresse à eux : « Vous me cherchez parce que je vous ai rassasiés. Mais vous n'avez rien compris à mon geste. Le pain véritable, ce n'est pas celui que vous avez mangé. C'est celui qui descend du ciel. » Tous s'écrient : « Donne-le-nous, ce pain-là ! » Jésus poursuit : « Le pain descendu du ciel, c'est moi. » L'enthousiasme s'écroule alors : « Mais pour qui se prend-il ? » Et Jésus insiste : « Le pain que moi, je donnerai, c'est ma chair pour la vie du monde. » Seraient-ils donc obligés de devenir anthropophages ?... Oui, ce langage est trop fort. Beaucoup s'en vont. Jésus en appelle alors à sa résurrection : « Quand vous verrez le Fils de l'homme monter là où il était auparavant... » Nous-mêmes, aujourd'hui, où en sommes-nous par rapport à l'Eucharistie ? Certains croient à la présence réelle à la manière d'une allégorie : le pain partagé et la coupe qui passe de main en main, quelle belle image de l'amitié qui nous rassemble autour du souvenir de Jésus ! Pour d'autres, à l'opposé, le Christ est pr&eac...
Mots clés : Dieu Epreuve Eucharistie Passion
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"CECI EST MON CORPS"
21 MAI 2011
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Yves ROULLIÈRE
« Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ?» Cette célèbre question, ce sont les «juifs» qui se la posent à eux-mêmes après avoir entendu, de la bouche de Jésus, le non moins célèbre et bouleversant discours du pain de vie (Jean 6,52).   Cette question est aussi parfois la nôtre, et si elle ne l’est pas, c’est que nous nous sommes peut-être trop accoutumés à vivre le sacrement de l’eucharistie ; comme si l’affirmation : «Ceci est mon corps», était devenue pour nous anodine. Or, comme l’explique patiemment et passionnément Emmanuel Falque dans son livre Les noces de l’agneau (Cerf, 2011), en disant cela, Jésus et l’Église à sa suite au sein de l’eucharistie assument notre corps tout entier, dans ce qu’il a d’animal et de sexuel, dans ce que l’organique et l’érotique ont de chaotique et de constructif à la fois. Car dans le « Ceci est mon corps », il y va du don total que s’échangent les époux dans leur union comme de l’engagement de tout homme et de toute femme pour le Royaume. « Qui fait l’ange fait la bête », disait Blaise Pascal. Emmanuel Falque nous rappelle que si nous parvenons à intérioriser pleinement le « Ceci est m...
Mots clés : Affectivité Amour Catholicisme Corps Eucharistie Incarnation
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L'EUCHARISTIE
20 MAI 2014
L’Eucharistie est signe de la rencontre vivante que le Christ propose à chacun dans l’Église. Et cette rencontre faite d’impressions, de sentiments, de mouvements intérieurs, s’opère avec lui, à travers les gestes et les paroles qu’il nous a laissés. L’accueil, le pardon et le respect de l’autre y sont expérimentés, une parole qui nous précède et nous dépasse y est intériorisée en communauté. L’Eucharistie peut alors devenir ce repas attendu, désiré, où le Christ refait nos forces en habitant toujours davantage notre chair et nos relations. Ces dernières décennies, le rayonnement d’une présence eucharistique discrète, mystique, a ainsi illuminé des pages magnifiques de la mission de l’Église, à travers sa présence active auprès des populations délaissées. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes se sentent appelés à une vie eucharistique, en mettant en œuvre un nouveau « vivre ensemble » qui implique de croire, espérer, partager, célébrer.
Mots clés : Eucharistie
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