Bonheur

UNE AFFAIRE PERSONNELLE ?
CHRISTUS N°245
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Anne Mortureux
Pas un jour ne passe sans qu’un slogan attire notre attention, depuis un écran, un mur d’abribus ou un couloir de métro : « Tu le vaux bien ! », « Apprenez à vous affirmer », « Les meilleurs coaches sont ici… » Ou encore l’amie, le collègue ou le voisin vous affirme avoir enfin trouvé la méthode qui permet de gérer les difficultés avec son ado, son voisin, son collègue, son chien… ou son chef. Aujourd’hui, pour faire face à nos difficultés personnelles, pour préparer un changement professionnel, pour vivre mieux, plus efficacement, plus sereinement, il existe une foison de stages, de coaches, de tests, de méthodes et d’outils regroupés sous le vocable de « développement personnel ». Chacun est appelé à donner le meilleur de lui-même, à chercher à réaliser ses rêves, ou du moins ce qu’il porte en lui de possible. Et cela se fait simplement : il suffit de mieux se connaître pour repérer ses propres ressources, acquérir ce qu’il faut de connaissance pour gagner en savoir-être, et ainsi devenir un bon époux, un copain attentif, un collègue bienveillant et efficace. Là est le chemin de la réalisation de so...
Mots clés : développement personnel Bien-être Connaissance de soi Réalisation de soi Bonheur Epanouissement personnel
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VOULOIR LA BIENVEILLANCE
CHRISTUS N°249
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La rédaction Christus
Vouloir du bien à l’autre n’est pas naturel, surtout quand la violence et la peur habitent nos relations et font partie de nos vies. C’est pourtant une bienveillance désarmée et désarmante que Jésus-Christ est venu porter dans notre chair et offrir à tous, ennemis et centurion compris, dans sa mort injuste sur la croix. Signe, dès lors, de résurrection, de pardon, de paix promise et possible. La bienveillance est une dimension efficace de la bonté qui doit se déployer dans toutes les fibres de notre existence. Il faut pour cela écouter l’appel à être bienveillants en pensée, en paroles, par action et sans omission…(S. Germain). Nous devons cependant nous prémunir d’une façon de prendre soin de l’autre qui serait en fait une manière déguisée de nier son existence. La littérature abonde en histoires illustrant les dérives possibles de ce narcissisme caché sous les traits de la bonté. Elle nous montre cependant aussi des figures exemplaires de bienveillance, de celles qui élèvent (N. Jeammet).  Ces exemples concrets d’une bienveillance, pour le meilleur ou pour le pire, rappellent à la nécessité de préciser de quoi nous parlons. Il s’agit d’une vertu à éduquer en soi, pour l’orienter v&e...
Mots clés : Amour Bien-être Bonheur Bienveillance
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TOUT COMMENCE AUJOURD'HUI
CHRISTUS N°249
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Sylvie GERMAIN
La bienveillance : un vocable à la sonorité fluide évoquant un bruissement d’eau, un discret chatoiement ; un mot que l’on n’utilise et n’entend prononcer pourtant que rarement, comme s’il était un peu suranné, voire saugrenu, que l’on avait perdu de vue sa signification, et surtout que l’on mésestimait sa valeur, méconnaissait son efficience. Depuis quelques années cependant, des auteurs se sont penchés sur cette disposition à témoigner aux autres de la bonté, de l’obligeance, à traiter toute personne, proche ou non, avec respect ; ainsi le moine bouddhiste et écrivain Matthieu Ricard, la théologienne Lytta Basset, le philosophe Michel Terestchenko, parmi d’autres. Deux millénaires et demi auparavant, Lao Tseu soulignait déjà la force salutaire et féconde de la bienveillance, apte à « arrêter le mal avant qu’il n’existe, calmer le désordre avant qu’il n’éclate. »    Une attention irriguée de sollicitude La bienveillance : le mot est formé sur le participe présent ancien du verbe vouloir – voillant, veillant – dérivé du latin bene volens : « qui veut du bien, favorable à ». Tout verbe exprime une énergie, qu’elle soit d’act...
Mots clés : Bien-être Bonheur Bienveillance Sollicitude Solidarité
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UNE VERTU QUI ÉDUQUE ET S'ÉDUQUE
CHRISTUS N°249
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Jean Caron
Évidence et problème… La bienveillance, quand elle devient l’objet conscient de la réflexion éthique, confronte d’emblée à un paradoxe : en effet, si l’on est attentif à son étymologie – vouloir le bien – et à sa définition « disposition d’esprit favorable, indulgente, envers quelqu’un [1] » elle apparaît comme orientée au bien et la condition même du bonheur. Que chacun pense à sa propre expérience et à ce qui suscite la vie en lui : il découvre qu’elle est comme le milieu nourricier qui permet de soutenir et d’accroître l’action en libérant le meilleur de ce que nous sommes.   Le fondement d’une « vie réussie » Lorsque la bienveillance de l’autre ou du groupe n’est plus perçue et que la méfiance et la malveillance dominent, mon agir et jusqu’à ma tendance au bien se trouvent comme atrophiés, paralysés. Un « climat » bienveillant qui, au contraire, passe par l’accueil, l’écoute, l’empathie, le conseil et le soutien, vient libérer en moi l’énergie vitale en suscitant ma liberté. Pourtant, perçue souvent comme une simple « disposition », voire un trait de caractère, la bienveillance se tr...
Mots clés : Connaissance de soi Bonheur Epanouissement personnel Bienveillance Education
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AU-DELÀ DES RELATIONS PERSONNELLES
CHRISTUS N°249
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Étienne GRIEU
Serions-nous en train de perdre la bienveillance, cette disposition à nous réjouir de ce qui, en l’autre, est beau, à l’appeler à ce petit air de fête qui lui va si bien ? Sommes-nous entrés dans l’ère de la méfiance ? Ou pire, dans celle de la dérision ? Chaque proposition de sens serait alors immédiatement suspectée, soumise à la question des intérêts dont elle est l’otage pour faire la preuve de son inauthenticité, puis l’exhiber triomphalement dans le cortège des condamnés. Quel monde préparons-nous, que la bienveillance aurait déserté ? Il serait à peine plus hospitalier que celui annoncé par les climatologues du GIEC [1]. Les inquiétudes que je viens d’énoncer, pourtant, ne peuvent être le point de départ d’une réflexion sur la bienveillance car, en se limitant au constat, elles n’entrent précisément pas en bienveillance, laquelle refuse de camper en retrait et de s’en tenir aux faits. Et puis, que gagne-t-on à promouvoir l’idée d’une humanité qui partirait en lambeaux ? Quelle prise offre-t-on au noyé quand on se contente de lui apprendre qu’il est en train de se noyer ? N’est-il pas plus utile de se demander ce qui, aujourd’hui, rend la bienveillance peut-&...
Mots clés : Bien commun Bonheur Bienveillance Sociabilisation
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A L'IMAGE DE DIEU
CHRISTUS N°249
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Michel Fédou
La notion de bienveillance était déjà attestée dans l’Antiquité grecque ; ainsi Eschyle avait-il écrit, au Ve siècle avant J.-C., une tragédie intitulée Les Euménides, où l’on voyait des divinités renoncer à leur colère pour assurer le bonheur des Athéniens ; et un siècle plus tard, Aristote avait consacré toute une analyse au sentiment de « bienveillance » (eunoia). Le Nouveau Testament, quant à lui, n’utilise que deux fois ce dernier mot ou le verbe de même racine : Jésus demande que l’on se mette vite « dans de bonnes dispositions » avec son adversaire (Mt 5, 25), et Paul invite à servir le Seigneur « avec bienveillance » (Ep 6, 7). Mais le mot « eudokia », qui peut aussi se traduire par « bienveillance », est employé à plusieurs reprises ; ainsi lorsque Jésus dit à son Père : « c’est ainsi que tu en as disposé dans ta bienveillance » (Lc 10, 21), ou lorsque Paul évoque le dessein bienveillant de Dieu (Ep 1, 5 ; Ph 2, 13). De plus, il faut prendre en considération d’autres textes qui transmettent une idée assez proche ; « ne pas juger pour n’être pas jugé » (Mt 7, 1) ; « regarder les autres comme plus méritants &r...
Mots clés : Amour Dieu Discernement Bonheur Bienveillance Charité
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L'ÉTRANGER ET LE PROSCRIT
CHRISTUS N°249
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Sylvie de Vulpillières
Comme l’indique l’étymologie, « bienveillance » signifie « vouloir du bien ». Toutefois, comment parler de cette « volonté de faire du bien » en évitant de l’associer à la complaisance ou à la gentillesse qui pourrait se rapprocher de la mollesse ? Grâce aux exemples qu’elle donne, la Bible peut nous aider à comprendre que la bienveillance est un regard vivifiant, un acte de miséricorde, mais aussi une révélation, une exigence. Mais de quelle manière aborder les textes bibliques qui en parlent ? Deux méthodes sont possibles. L’une part des textes où le mot bienveillance apparaît : si ce mot n’existe pas tel quel en hébreu [1], plusieurs vocables grecs s’en approchent [2]. Il est également possible de partir des textes où la bienveillance est mise en oeuvre et décrite selon ce que nous entendons aujourd’hui par bienveillance, laquelle consiste à « vouloir du bien » à l’autre. Nous utiliserons plutôt cette deuxième façon de procéder, tout en relevant quelques textes du Nouveau Testament dans lesquels le mot grec apparaît. Dans la Bible, dès les premiers versets, c’est d’abord Dieu qui est bienveillant. Il nous est montré regardant ce qu’il crée comme ét...
Mots clés : Bien commun Bien-être Bonheur Bienveillance Bienfaits
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UN TRAVAIL DE L'ESPRIT
CHRISTUS N°249
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Anne Fumex
Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part, ce titre récent d’une série de nouvelles peut exprimer ce qui habite le désir profond et caché de beaucoup de personnes, et particulièrement de celle ou de celui qui décide de partir à la rencontre de Dieu. La voie de la spiritualité chez Ignace de Loyola s’enracine dans l’expérience personnelle d’une relation avec Dieu. C’est ce à quoi conduit la démarche connue sous le terme d’Exercices spirituels. La condition première de celle-ci est que les exercices se donnent et se reçoivent dans un dialogue, lui-même sous-tendu par un corpus de propositions, d’annotations, d’éléments qui vont régler et entraîner le discernement de la liberté.   Dans le livret Lorsque l’on ouvre le livret, vingt annotations précèdent le titre : « Exercices Spirituels pour se vaincre soi-même et ordonner sa vie, sans se décider par aucun attachement qui soit désordonné. » Suit alors ce qui occupe notre propos ici : l’indication n°22 du présupposé favorable, qui achève d’une certaine manière la panoplie des moyens mis à disposition de l’accompagnateur pour conduire l’expérience. Le présupposé se situe juste apr&...
Mots clés : Accompagnement Amour Discernement Esprit Bien-être Bonheur Bienveillance
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UNE ÉGLISE PRÉDESTINÉE À LA BIENVEILLANCE
CHRISTUS N°249
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Robert Scholtus
Trop de concepts ambigus, fussent-ils brevetés par les autorités, trop de mots baudruches gonflés aux bons sentiments alimentent les discours politiques et religieux pour qu’on n’en vienne pas à se méfier d’un recours désinvolte au si beau vocable de « bienveillance ». Plutôt que de le transformer en mantra ou d’en faire un mot d’ordre purement rhétorique, mieux vaudrait commencer par le soumettre à un examen critique d’autant plus nécessaire qu’on s’imagine le plus souvent que la bienveillance congédie l’esprit critique alors qu’on reconnaît à la critique la capacité d’être bienveillante. Bienveillante, elle l’est à l’égard de la bienveillance elle-même, en lui restituant son sens premier, en reconnaissant son ambition de vouloir du bien à autrui, quand le langage ordinaire la cantonne quelque part entre tolérance et indifférence, la réduisant à une forme d’indulgence débonnaire et paresseuse. Cette bienveillance « faible » n’est autre que le produit de l’individualisme contemporain et du relativisme ambiant, célébrés complaisamment par les uns et dénoncés violemment par les autres dans un ressassement permanent. Mais aucune théorie sociologique, aucun...
Mots clés : Humilité Bonheur Bienveillance Bonté
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JÉSUS A-T-IL RI?
01 JUILLET 2016
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Sylvie de Vulpillières
Si le rire, la joie, l’humour semblent indissociables de l’histoire humaine1, ils ne peuvent être absents de l’histoire de la Révélation, ni de la rencontre de Dieu et de l’homme. Néanmoins, quand est-il question de rire et d’humour dans la Bible ? Ces livres s’en seraient-ils volontairement passés pour ne pas nuire au sérieux de leur propos ? En effet, dans l’Ancien Testament, il est peu fait état de rires, et quasiment pas dans le Nouveau Testament, sauf à le mettre du côté des moqueurs et des méchants. Est-ce à dire que Jésus n’aurait jamais ri, ni eu de l’humour ? Quand est-il question de rire, de joie ou d’humour dans le Nouveau Testament ? Une première considération vise à distinguer le rire et la joie de l’humour : les démarches, la méthode, les problématiques et d’abord les textes à étudier sont différents sur l’un et l’autre versants, celui des faits où il est question de rire et de joie d’une part, et celui des manifestations qui prêtent à rire de l’autre. Car, d’un côté, nous pouvons nous appuyer sur l’ensemble des textes qui décrivent et nomment le rire et la joie, alors que, de l’autre, nous devons trouver les textes qui che...
Mots clés : Cœur de Jésus  Jésus-Christ Joie Bonheur Rire
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