Robert Scholtus

LES RÉSONANCES DE LA PAROLE
CHRISTUS N°225
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Robert Scholtus
Que les chrétiens aient à se nourrir du Verbe de Dieu aux « deux tables de la Bible et de l’Eucharistie » 1, voilà ce qu’atteste la plus ancienne pratique de l’Église. C’est cette symbolique des deux tables qu’a voulu particulièrement honorer la réforme liturgique de Vati­can II, rappelant ainsi que « l’Église a toujours vénéré les divines Écritures comme elle l’a toujours fait aussi pour le Corps même du Seigneur, elle qui ne cesse, surtout dans la sainte liturgie, de prendre le pain de vie sur la table de la Parole de Dieu et sur celle du Corps du Christ pour l’offrir aux fidèles » 2. Il en ressort que l’Écriture est « pain de vie », un pain à manger au même titre que le pain eucharistique, ce pain descendu du ciel dont Tertullien disait qu’il est « la parole du Dieu vivant ». L’Écriture et le pain sont les deux modes de l’unique liturgie en laquelle Dieu parle et se communique. L’Écriture est offerte au croyant comme sacrement de la Parole de Dieu et réciproquement le sacrement « ef­fectue » en lui cette Parole qui guérit et nourrit, lie et délie, réconcilie et rassemble, confirme et envoie.   La conversation humaine Suffit-il cependant d’affirmer la sacramenta...
Mots clés : Action Bible Charité Jésus-Christ Parole de Dieu Parole d’homme Sacrement Sainteté Littérature
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MARCHER DANS LA NEIGE
CHRISTUS N°221
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Robert Scholtus
Préf. M. Léna. Bayard, coll. « Christus », 2008, 143 p., 18 euros. Jean-Pierre Lemaire est un poète. Poète, il l’est jusque dans la prose qu’il offre à ses lecteurs pour leur raconter son expérience poétique, « analogue à celle de marcher dans la neige où chaque pas crisse, inaugural ». Poète, il le reste résolument, humblement, sans hausser le ton, sans prendre la pose du prophète, du mage, du visionnaire, ni non plus céder au bavardage de l’apophatisme. Poète, il l’est même dans sa manière de faire la classe aux enfants pour leur expliquer comment écrire un poème. Jean-Pierre Lemaire est un poète généreux : plutôt que de se faire le gardien jaloux et le commentateur infatué de sa propre oeuvre, c’est son expérience qu’il donne en partage, réveillant ainsi en chacun de nous le poète depuis trop longtemps anesthésié. Son essai a la même efficacité que ses poèmes : il simplifie, il dénude, il décante, il allège, il libère, il élargit, il pacifie. Et c’est en cela que réside le mystérieux pouvoir de la poésie. Elle n’a pas des choses à dire, des vérités à énoncer. Elle n’a d’autre message...
Mots clés : Livres
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À CLAIRE QUI AURA TOUJOURS 20 ANS
CHRISTUS N°220
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Robert Scholtus
Vingt ans ont passé, mais tu auras toujours vingt ans, « vingt ans pour l’éternité, devant l’Éternel. Qu’il existe ou non, l’Éternel ce sera toujours cet enfant-là » (Marguerite Duras, si douloureuse). Cette phrase, je l’ai recopiée dans mon carnet le jour où Fabrice s’est suicidé, dix ans après toi. Il avait ton âge. Il était mon élève quand tu es morte. Quelques années plus tard, il était devenu prêtre et exerçait son ministère là même où j’avais commencé le mien. Un jour, on l’a trouvé asphyxié dans sa voiture au fond d’un garage qui avait été le mien. Fabrice n’était que sourire, comme toi.Je viens de relire cette lettre que j’avais écrite quelques mois après ta mort dans mes nuits d’insomnie et de larmes. Je ne l’avais donnée à lire qu’à de rares amis, pour regretter ensuite d’avoir fait peser sur eux le poids de ma douleur. Était-ce pour m’en délivrer ou pour attirer sur moi l’excès de leur compassion ? Je réalise aujourd’hui que mon pathos a dû submerger les paroles qu’ils auraient pu en­core me dire. Seule A. m’a dit avoir, dans mes mots, retrouvé avec joie cette doul...
Mots clés : Amour Culpabilité Dieu Epreuve Espérance Foi Indifférence Jésus-Christ Mourir Parole d’homme Prêtre Salut
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INVALIDE POUR TOUT MINISTÈRE VISIBLE
CHRISTUS N°215
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Robert Scholtus
« Tu as permis, Seigneur, que j’aille au bout de l’impasse. J’ai connu l’horreur de l’existence ; J’ai maudit ma propre vie. J’ai perdu le souvenir de ton visage Et tu me faisais peur. Je vivais aux frontières de la révolte et du blasphème. Je n’étais plus qu’un mort vivant. Mais au bout de l’impasse, Tu m’avais donné rendez-vous. Tu m’attendais les bras ouverts sur le bois de la croix. Alors j’ai reconnu ton vrai visage : Toi, notre Dieu, qui as un coeur pour la misère, Toi, Jésus qui m’as aimé et t’es livré pour moi. Ton amour m’a sauvé. Ma souffrance, mon péché, ma peur mortelle, Tu as tout brûlé dans ta compassion. » L’homme qui prie ainsi s’appelle Pierre-Étienne Lardeur. Il est mort le 22 janvier 2004 d’une rupture d’anévrisme. Il était prêtre du diocèse de Sens-Auxerre. Son confrère et ami, dont il avait fait son exécuteur testamentaire, Pierre-Marie Lhoste, a publié le Journal 1 qu’il a tenu de 2000 à 2003 pour, disait-il, « exercer la fonction symbolique du langage », que dans sa vie publique il ne s’était jamais senti capable d’assumer. Si le P. Lhoste a pris le risque de publier ce document, c’est dans le...
Mots clés : Ascèse Combat spirituel Eglise Expérience spirituelle Humilité Liberté Prêtre Providence
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MALAISE DANS LA CONFESSION
CHRISTUS N°204
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Robert Scholtus
Le sacrement de pénitence n'est pas au meilleur de sa forme, on en conviendra. Faut-il en conclure qu'il suffirait d'en changer la forme, d'en renouveler la mise en œuvre liturgique, pour qu'il retrouve la faveur des catholiques ? C'est ce qu'a pu laisser croire un moment la nouvelle pratique de ce qu'on a appelé les « célébrations pénitentielles avec absolution collective ». Le Rituel adopté il y a trente ans indiquait qu'« il est permis d'absoudre sacramentellement de façon collective des fidèles qui se sont confessés seulement de façon générale, mais qui ont été exhortés au repentir, s'il survient une grave nécessité, c'est-à-dire lorsque, vu le nombre des pénitents, il n'y a pas suffisamment de confesseurs à leur disposition pour entendre comme il le faut la confession de chacun dans les limites de temps convenables ». La conjoncture supposée par ces nouvelles dispositions (trop de pénitents, pas assez de confesseurs) ne correspondait guère à la situation de l'Église de France. Certes, on s'inquiétait déjà de la diminution du nombre des prêtres, mais il fallait bien se rendre à l'évidence : la foule des pénitents qui, autrefois, aurait pu éventuellement justifier le recours à l'absolution collective, &eac...
Mots clés : Culpabilité Eglise Foi Jésus-Christ Justice Loi Mal Pardon Péché Politique Réconciliation (confession) Sacrement
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CETTE VIEILLE EGLISE D'UNE INSOLENTE JEUNESSE
CHRISTUS N°196
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Robert Scholtus
Il n'y a pas si longtemps, on faisait grief à l'Eglise d'être une mère castratrice, une marâtre tyrannique Aujourd'hui, si d'aucuns la soupçonnent encore de n'être qu'une vieille dame indigne qui dissimule bien des turpitudes sous ses discours moralisateurs, et s'il peut lui arriver de se faire bousculer par de jeunes sauvageons dans les transports en commun de l'histoire, on la traiterait plutôt avec une indifférence polie... et les quelques égards que l'on doit tout de même à la plus ancienne des institutions. On peut bien concéder à une vieille dame de deux mille ans qu'elle cultive quelques manières surannées et que parfois elle radote. La République a beau la toiser du haut de ses deux cents ans : qu'elle le veuille ou non, elle aussi a pris un coup de vieux, s'inquiète du peu de respect qu'on lui voue et s'arrache la cocarde pour savoir comment transmettre les valeurs « citoyennes ». Les institutions, quelles qu'elles soient, ont besoin de temps à autre d'un liftinag, disons d'un aggiomamento, pour perdre leur mauvaise graisse, rafraîchir la mémoire de leur origine et se réajuster à l'époque Mais parce qu'elles sont par essence du côté de l'ordre et de la conservation, de la régulation et de l'arbitrage, il faut bien admettre qu'elles paraîtront toujours vieilles au regard de...
Mots clés : Eglise Vieillir
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UNE FOI TRANSMISE PAR LES FEMMES
CHRISTUS N°190
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Robert Scholtus
Et si l'on commençait par se réjouir que des femmes en grand nombre, après des siècles de soumission institutionnelle, de retrait domestique ou de silence conventuel, aient osé prendre la parole que les clercs leur avait confisquée, se soient engagées à participer activement à l'« office prophétique » du Christ et à l'animation de son corps ecclésial ! C'est par centaine de milliers que se comptent aujourd'hui en France les femmes, mères de familles, célibataires, religieuses et consacrées, qui ont investi le meilleur d'elles-mêmes, leur foi, leur savoir-faire, leur temps et, de plus en plus fréquemment, la formation théologique qu'elles ont eu le courage d'acquérir, au service de l'éveil de la foi, de la catéchisation des enfants, de la pastorale des sacrements de l'initiation chrétienne, de l'animation des aumôneries de jeunes et des communautés paroissiales, de la formation permanente des chrétiens...   Déséquilibre des polarités masculine et féminine Il n'est sans doute pas illégitime de s'interroger sur les conséquences de ce que l'on nomme, par analogie notamment avec l'Education nationale, la « féminisation des personnels d'Eglise », et singulièrement celle des « agents de la transmission de la foi &r...
Mots clés : Femme Foi
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QU’AVONS-NOUS FAIT DE L’AU-DELÀ ?
CHRISTUS N°230
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Robert Scholtus
Bayard, coll. « Christus – Spiritualité et politique », 2011, 153 p., 15 euros.   Le titre du dernier chapitre de ce petit livre : « C’est par la fin que nous commençons », pourrait inciter le lecteur à lui aussi commencer par la fin – en l’occurrence, la version finale du discours d’un député européen sur le statut des urnes funéraires. Si c’était le cas, le codicille en forme de mail qui conclut le livre lui ferait vite comprendre que l’auteur de ce discours est le consultant politique, le nègre si l’on préfère, du député en question et à l’évidence le double de Franck Damour, connu par ailleurs pour être le coordinateur de l’excellente revue Nunc. Un discours comme le sien, on voudrait en entendre souvent dans les hémicycles. Mais il ne faut pas rêver : Franck Damour ne fera pas carrière sur les perchoirs par­lementaires. Lui-même d’ailleurs finit par congédier son double pour qu’il aille « réapprendre à faire la différence entre une commission européenne et une classe de philosophie ou une cure de psychanalyse ».Mieux vaut donc lire ce livre en commençant par le début, comme on lirait un polar, en suivant pas à pas le détective Damour. Sa méthode d&...
Mots clés : Livres
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LE MAÇON ET LE JARDINIER
CHRISTUS N°231
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Robert Scholtus
Robert Scholtus Séminaire des Carmes, Paris. A récemment publié chez Bayard : Faut-il lâcher prise ? Splendeurs et misères de l’abandon spirituel (2008), Lettres à mes morts (2009) et Une saison dans les limbes (2010). Dernier article paru dans Christus : « Les résonances de la parole : “Au-delà du verset” (Levinas) » (n° 225, janvier 2010).     Le concile Vatican II l’a rappelé avec insistance : tous les baptisés, « des évêques jusqu’aux derniers laïcs », sont pourvus du sens de la foi, grâce auquel la collectivité des fidèles, animée par l’Esprit Saint et éclairée par le Magistère, peut apporter « aux vérités concernant la foi et les moeurs un consentement universel » (1). Il n’est pas rare aujourd’hui que des chrétiens formés à l’individualisme démocratique émettent des doutes quant à la confiance que l’Église entend faire à ce sensus fidei censé aboutir à un consensus fidelium. Mais, il faut bien le dire, le contentieux porte moins sur les questions de théologie dogmatique que sur des questions ecclésiologiques relatives à l’autorité et à la réception de la parole magistérielle en mati...
Mots clés : Affectivité Corps Eglise Foi Jésus-Christ Sacrement
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QUI EST SAMARITAIN ?
CHRISTUS N°237
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Robert Scholtus
La fin des monopoles De même, il ne faudrait pas que les apôtres de la charité qui sont devenus des figures de vitrail et des icônes médiatiques fassent ignorer le rayonnement, au coeur de la grisaille du monde, de tant d’hommes et de femmes qui se dévouent sans compter au service de leurs frères. Les uns sont engagés dans un organisme ecclésial ou une association confessionnelle. Ils s’affichent comme chrétiens et revendiquent leur appartenance à l’Église. D’autres, au nom de la même foi, ont choisi de devenir bénévoles ou salariés d’une association humanitaire non-confessionnelle. Ils y rencontrent d’autres croyants, mais qui, eux, se disent non-pratiquants, croyants sans religion dont l’engagement socio-caritatif constitue le seul mode d’appartenance à l’Église. Ils y côtoient aussi d’anciens chrétiens qui ne s’identifient plus à leur Église d’origine. Tout comme dans les ONG catholiques se rencontrent, plus nombreux qu’on ne l’imagine, des incroyants qui ont choisi d’être des « compagnons de route » du christianisme social. Il arrive bien sûr que ce bel œcuménisme de la charité soit gâté par l’intransigeance d’ultra-catholiques qui, par exemple, remettent en cause...
UNE ÉGLISE PRÉDESTINÉE À LA BIENVEILLANCE
CHRISTUS N°249
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Robert Scholtus
Trop de concepts ambigus, fussent-ils brevetés par les autorités, trop de mots baudruches gonflés aux bons sentiments alimentent les discours politiques et religieux pour qu’on n’en vienne pas à se méfier d’un recours désinvolte au si beau vocable de « bienveillance ». Plutôt que de le transformer en mantra ou d’en faire un mot d’ordre purement rhétorique, mieux vaudrait commencer par le soumettre à un examen critique d’autant plus nécessaire qu’on s’imagine le plus souvent que la bienveillance congédie l’esprit critique alors qu’on reconnaît à la critique la capacité d’être bienveillante. Bienveillante, elle l’est à l’égard de la bienveillance elle-même, en lui restituant son sens premier, en reconnaissant son ambition de vouloir du bien à autrui, quand le langage ordinaire la cantonne quelque part entre tolérance et indifférence, la réduisant à une forme d’indulgence débonnaire et paresseuse. Cette bienveillance « faible » n’est autre que le produit de l’individualisme contemporain et du relativisme ambiant, célébrés complaisamment par les uns et dénoncés violemment par les autres dans un ressassement permanent. Mais aucune théorie sociologique, aucun...
Mots clés : Humilité Bonheur Bienveillance Bonté
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LE MYSTÈRE DES SAINTS INNOCENTS
CHRISTUS N°253
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Robert Scholtus
    Charles Péguy - Introduction de Claire Daudin, Salvator, 2016, 220 p., 17,90 €. Dans la notice que la nouvelle édition des Œuvres poétiques et dramatiques a consacrée à ce texte de Péguy, fâcheusement sous-estimé par la critique universitaire, Claire Daudin faisait remarquer qu'il n'avait jamais été publié en format de poche. Il faut savoir gré à la présidente de l'Amitié Charles-Péguy d'avoir réparé cette négligence en le publiant dans une édition qui, si elle n'est pas de poche, n'en est pas moins accessible au plus grand nombre. « Le Mystère des Saints Innocents est encadré par deux évocations pathétiques, celle de Dieu pleurant sur le cadavre de son fils cloué sur la croix, et celle des mères juives qui ne peuvent être consolées parce que les soldats d'Hérode ont massacré leurs nourrissons. Entre ces deux tableaux, de quoi espérer, de quoi se relever, de quoi vivre : l'affirmation du pardon, le rejet de la mauvaise conscience et du moralisme, l'éloge de la liberté et l'hymne au peuple français, l'alliance poursuivie entre le Dieu révélé aux juifs, offert aux chrétiens, à la merci de tout homme. » Mais ces différents motifs de l'œuvre...
LA VÉRITE VOUS RENDRA LIBRES DE FRÈRE MICHAELDAVIDE SEMERANO
CHRISTUS N°262
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Robert Scholtus
Le scandale de la pédophilie a éclaté dans l'Église comme une apocalypse, au sens qu'a pris ce terme pour désigner les pires catastrophes et en son sens premier de dévoilement, de révélation. Dévoilement non seulement de cas d'abus sexuels qu'il s'agit, gestion de crise oblige, de dénoncer, de punir et à l'avenir de prévenir par un dispositif juridique et canonique adapté, mais aussi révélation des perversions d'un système de pouvoir clérical qui dissimule sa violence sous la chape dorée du sacré et cherche à en atténuer les effets à coups de pieux antalgiques. Autant dire qu'un tel système n'a d'avenir que dans sa destruction au prix d'une radicale conversion évangélique, d'une refondation institutionnelle et d'un réinvestissement théologique. Le frère MichaelDavide Semerano, moine bénédictin italien et spécialiste de théologie spirituelle, n'hésite pas à en appeler à un travail de désacralisation et de « désacerdotalisation » qui permette de rendre les prêtres à la vulnérabilité de leur condition d'hommes sexués et à leur humble dignité de baptisés. Quand bien même le discrédit qui s'est abattu sur le clergé les inciterai...
UN DIEU FURTIF
CHRISTUS N°263
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Robert Scholtus
Quatre méditations sur ce « Dieu furtif » qui ne répond pas à nos appels comme à autant de semonces, mais qui est là pourtant, mystérieusement. Pour l'entendre quand il vient, faisons de la place en nous, les mots de la poésie peuvent nous y aider.   Où est Dieu ? Où est Dieu ? Sur chaque porte d'église, nous avons cloué son portrait-robot, celui de l'absence.1   En 1944, de la prison de Tegel, Dietrich Bonhoeffer écrit à son ami Eberhard Bethge : « Le Dieu qui nous fait vivre dans le monde, sans hypothèse de travail Dieu, est celui devant qui nous nous tenons constamment. Devant Dieu et avec Dieu, nous vivons sans Dieu. »2 Cette position dévolue aux « chrétiens majeurs » que Bonhoeffer appelait de ses vœux n'est tenable que dans l'assurance que leur soit manifestée la « présence réelle » de cet absent, par-delà le simple sentiment d'une perte ou la nostalgie des évidences passées. Certes, n'en déplaise à ceux qui cherchent à le ventriloquer, Dieu ne répond pas à l'appel comme un collégien le jour de la rentrée. Il ne répond pas présent comme s'il était à notre disposition. Si Dieu est Dieu, Nom de Dieu !, le Tout-Autre autrement qu'autre, qui...