Olivier LEBOUTEUX

MADELEINE DELBRÊL ET LA PAROLE DE DIEU
CHRISTUS N°235
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Olivier LEBOUTEUX
  La première fois que je suis entré dans le bureau de Madeleine Delbrêl, au 11 rue Raspail à Ivry, il n’y avait sur la grande table de travail qu’un seul livre : Les quatre évangiles. En l’ouvrant, je découvrais que la quasi-totalité du texte avait été soulignée ou annotée, signe que cet ouvrage avait été lu et relu. Or, la date de parution de l’ouvrage indiquait 1964, l’année même du décès de Madeleine le 13 octobre.  Une fréquentation assidue Cette petite découverte indique à quel point le recours constant à l’Évangile fut pour Madeleine Delbrêl une réalité jusqu’à son dernier souffle. Depuis son arrivée à Ivry en 1933, son activité ne devait guère lui laisser de temps pour la lecture d’ouvrages de théologie ou de spiritualité. Certes, elle avait eu l’occasion de lire les grands auteurs, mais, au fil des années, il semble que sa lecture quotidienne devait de plus en plus se limiter à la seule Parole de Dieu. L’Évangile représentait véritablement son pain quotidien. Hélène Jung témoigne à ce propos : « Lorsqu’on a connu Madeleine Delbrêl, on ne peut la séparer du petit livre qui était sa vie. Tout son être était pétri par l’Évangile et elle s’y référait naturellement, spontanément, de la manière la plus concrète» 1.  Pour Madeleine, en effet, « on ne peut rencontrer Jésus pour le connaître sans un recours concret, constant, obstiné à l’Évangile, sans que ce recours fasse intimement partie de notre vie » 2. Les adjectifs qu’elle utilise ici : concret, constant, obstin...