Norbert Lohfink

LE COEUR DE JÉSUS
CHRISTUS N°187
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Norbert Lohfink
C’e s t à Hugo Rahner et à quelques autres que l'on doit d'avoir mis en lumière les vraies dimensions de la dévotion au Coeur de Jésus. Ils tenaient compte, évidemment, du fait que la parole, au sein de laquelle « couleront des fleuves d'eau vive » et présentée chez Jn 7,38 comme une citation de l'Ecriture, renvoie aux prophètes de l'Ancien Testament. Mais lesquels ? Il ne s'agit pas, en effet, d'une citation littérale mais d'une sorte de raccourci où convergent des passages entiers. Elle se réfère, nous le savons aujourd'hui, d'une part à diverses promesses eschatologiques qui parlent d'une source jaillissant du Temple et, d'autre part, aux récits de la pérégrination au désert narrant que l'eau avait coulé du rocher. Se fier à un tel condensé biblique et théologique, qui peut être démontré dans des textes des Targums, n'était pas encore possible à l'exégèse d'alors. Un exemple le montre : la Zeitschrift fur Aszese und Mystik publiait en 1943, à côté de deux articles de Hugo Rahner, celui d'un exégète de l'Ancien Testament sur les premiers fondements de la dévotion au coeur de Jésus. L'auteur en était le père Gustav Closen, un de mes prédécesseurs à l'Ecole supérieur...
Mots clés : Amour Bible Cœur de Jésus  Dialogue interreligieux Dieu Jésus-Christ Judaïsme Loi Promesse Théologie Connaissance
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L'ÉTERNEL AU PRÉSENT, DANS "QOHÉLET"
CHRISTUS N°260
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Norbert Lohfink
Le livre de Qohélet offre une méditation sur le temps sous la forme d'un poème qui est ici analysé. Si fugace soit-il, chaque moment est reconnu comme plénitude et don de Dieu et est relié à l'éternité. Toute action humaine est en même temps action divine et participe à l'éternité. Si nous avons le sentiment que nous sommes pressés et n'avons pas le temps, c'est très souvent parce que nous sommes débordés par le travail et la préoccupation. Nous avons alors perdu de vue le présent pour le futur. Et nous pressentons en plus que nous ne sommes pas du tout certains de l'avenir : en effet, un autre à la fin, en dispose. Le désespoir dont nous parle Qohélet au milieu de son analyse (Qo 2,20) peut alors s'emparer de nous. Mais il n'en parle qu'en passant et ce n'est qu'une touche dans sa pensée. Avant qu'il ne situe le poème sur le temps, le mot « Dieu » a déjà été prononcé et la plénitude de chaque moment a été reconnue « don de Dieu ». Pour voir plus clairement ce que cela implique, nous devons prendre conscience que Qohélet développe un tout autre concept du temps que celui de « moment ». C'est celui d'« éternité ». Qohélet nous l...