NOISETTE Hélène

LA CONVERSION ÉCOLOGIQUE
CHRISTUS N°264
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NOISETTE Hélène
La lecture de Laudato sí et l'expérience de personnes engagées dans une démarche écologique suggèrent des pistes pour penser un déploiement à partir même de l'accueil de la finitude. L'acceptation des limites autorise d'autres possibles et ouvre à la relation. Dans son encyclique Laudato sí, le pape François propose un chemin de « conversion écologique ». Une conversion qui commence par la prise de conscience de la fragilité de notre planète et du caractère épuisable de ses ressources. Elle conduit alors à restreindre notre consommation et notre empreinte sur l'environnement, comme à freiner certains développements techniques. Mais ne sonne-t-elle pas comme un rétrécissement, qui inviterait à la négation de nos potentialités, au repli, à l'autarcie… ? Ne contredit-elle pas le besoin de se dépasser, présent en tout homme ? À la suite de l'encyclique de Paul VI Populorum progressio, Benoît XVI rappelait que l'homme est « constitutivement tendu vers l'être davantage » (Caritas in veritate, 14), appelé au développement (Ibid., 18). Comment concilier ces deux perspectives dans une anthropologie chrétienne qui considère l'homme, à la fois « capable »...