Michel Sauquet

« VA, FRANÇOIS, RÉPARE MON ÉGLISE »
CHRISTUS N°270
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Michel Sauquet
La conversion de François d'Assise se cristallise autour de ces mots « répare mon Église ». Pour lui, dès le début, l'appel porte une résonance collective. Un événement personnel pour un bien universel. C'est une histoire vieille de huit siècles, mais d'une portée tellement contemporaine ! Celle de l'un de nos saints les plus célèbres qui, commençant par vivre un chemin de conversion personnelle, entraîne à sa suite des cohortes d'hommes et de femmes dans une démarche collective qui marque très profondément l'Église de son temps. De ce dernier point de vue, tout commence par un appel, un malentendu et… un larcin, digne de Robin des Bois ! Au printemps de l'année 1206, François Bernardone, fils d'un riche drapier d'Assise, longtemps adepte, jeune homme, d'une vie de luxe, de fête et de ripaille, sort tout juste d'une période complexe et progressive de transformation intérieure, qui l'a amené à découvrir tout à la fois le goût de la sobriété, de la prière et, malgré sa répugnance initiale, du service des lépreux de sa région. Au cours de ce printemps, le hasard mène ses pas solitaires, à travers les champs d'oliviers de la campagne d'Ombrie, vers une petite église délabrée, Saint-Damien. François y entre et se met à prier lorsque, agenouillé devant un crucifix byzantin, il entend, stupéfait, le Christ l'appeler par son nom et prononcer par trois fois ces mots qui deviendront légendaires : « François, va et répare ma maison qui, tu le vois, tombe en ruines1. » L'homme prend...