Margarita SALDAÑA MOSTAJO

Laïque consacrée au sein des petites sœurs du Sacré-Cœur de Charles de Foucauld, journaliste, théologienne, elle collabore à diverses revues de spiritualité.
A publié Terre de Dieu. Pour une spiritualité de la vie quotidienne (Salvator, 2022).
JÉSUS, HUMBLE DE COEUR
CHRISTUS N°275
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Margarita SALDAÑA MOSTAJO
Les évangiles font très rarement appel au terme de douceur. Cependant quelques petits versets justifient d'approfondir cette notion en termes christologiques. En effet, la personne, la vie, les paroles et les gestes du Christ laissent transparaître une douceur assez originale. S'approcher de la douceur de Jésus à partir des récits des évangiles s'avère une tâche délicate, voire complexe. En effet, Matthieu est le seul évangéliste qui utilise l'adjectif « doux » et le substantif « douceur », et il ne le fait qu'en trois endroits. Néanmoins, Jésus lui-même semble avoir affirmé : « Je suis doux et humble de cœur » (Mt 11, 29). Alors, en quels termes peut-on parler de Jésus en tant qu'homme doux ? Quel est le lien entre le contenu de ce mot, tel que nous l'employons, et la personne de Jésus ? Qu'est-ce que la douceur nous révèle de Jésus, et inversement ? Voici quelques questions qui guideront nos recherches et notre réflexion. La douceur dans le Nouveau Testament C'est le mot grec praos que les bibles françaises traduisent couramment comme « doux » dans Matthieu 11, 291. Or, en dehors de Matthieu, les autres évangiles n'utilisent jamais ce mot et les écrits du Nouveau Testament, quant à eux, ne se servent que huit fois de l'adjectif « doux » ou du substantif « douceur »2. Dans ces contextes, la douceur va de pair avec quelques vertus comme l'humilité, la quiétude, la mansuétude, la bonté, la maîtrise de soi, la justice, la piété, la foi, la persévérance et l'amour. Les trois...